Feu vert aux nouvelles activités FAO


A sa quinzième session, qui s'est achevée le 29 janvier, le Comité de l'agriculture (COAG) de la FAO a proposé de nouveaux domaines pour une action tous azimuts. Il a soutenu à l'unanimité les programmes intersectoriels et interdépartementaux dans trois domaines d'action d'importance mondiale et relativement nouveaux: l'agriculture biologique, l'agriculture urbaine et péri-urbaine et la biotechnologie.


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Agriculture 21 - Dossiers

Documents de la quinzième session du COAG


Degré élevé de priorité attribué au programme relatif à la biotechnologie

Les débats du COAG sur la biotechnologie ont été particulièrement animés, selon l'expert de la FAO, Maria Zimmerman. Après une vingtaine d'interventions sur ce thème, le Comité a finalement recommandé que la FAO élabore une approche stratégique de la biotechnologie et attribue un degré élevé de priorité à un programme intersectoriel coordonné.

Les participants ont noté que les nombreuses techniques regroupées sous le terme "biotechnologie" offrent maintes possibilités de faire progresser l'agriculture, mais qu'elles présentent aussi des risques. Reconnaître et réduire au minimum les risques associés à la biotechnologie est une préoccupation majeure de la FAO et le COAG a souligné le rôle de l'Organisation en tant que tribune permettant aux pays de suivre l'évolution des biotechnologies dans l'alimentation et l'agriculture.

Ont été soulignées en particulier les difficultés rencontrées par les pays en développement et les pays en transition pour évaluer les risques liés aux organismes génétiquement modifiés. Cette analyse des risques pourrait exiger l'élaboration et l'harmonisation de normes internationales, selon le rapport de la réunion. Plusieurs pays ont demandé à la FAO de les aider à formuler une législation nationale en matière de biosécurité.

On a également souligné l'importance de l'étiquetage des produits alimentaires biologiques dans l'intérêt de la santé des consommateurs et du commerce et on s'est félicité des travaux de la Commission du Codex Alimentarius dans ce domaine.

La biotechnologie ne concerne pas seulement les grandes entreprises

Mme Zimmerman a déclaré que la FAO fait figurer au premier rang des priorités l'introduction de biotechnologies peu coûteuses pour les petits agriculteurs dans les pays en développement. Elle a cité la culture tissulaire comme une technique appropriée. Dans des pays d'Amérique latine, certains - fréquemment des femmes - utilisent la culture tissulaire pour produire du matériel végétal sain, soit pour le vendre au marché soit pour leur propre usage. La technique est utilisée principalement pour la floriculture et pour certaines essences comme le palmier à huile.

Culture tissulaire au Centre international de la pomme de terre de Lima, Pérou
FAO/18166/S. Hood

Le COAG a également recommandé que la FAO encourage l'échange d'informations et le renforcement des capacités dans le cadre de sa nouvelle approche stratégique de la biotechnologie et donne des orientations à ses membres à ce sujet. On a noté que les incidences de la biotechnologie sur le commerce et la santé des végétaux et des animaux devraient être analysées.

L'agriculture biologique est bonne pour l'environnement, mais pour la sécurité alimentaire?

Sur le thème de l'agriculture biologique, les participants ont été très positifs. Les avantages potentiels de l'agriculture biologique pour l'environnement et la santé et le fait qu'elle contribue avec ses technologies novatrices à d'autres systèmes agricoles et à l'agriculture durable ont été reconnus à l'unanimité. Il a toutefois été souligné que l'agriculture biologique n'est pas proposée comme substitut de l'agriculture traditionnelle, mais comme une forme de production complémentaire ouvrant des horizons nouveaux à certains agriculteurs.

Certains participants ont exprimé leur inquiétude quant à la capacité de l'agriculture biologique de progresser au même rythme que les besoins alimentaires, tandis que d'autres ont préconisé des études sur sa contribution à la sécurité alimentaire. Parmi d'autres domaines qui pourraient faire l'objet de recherches approfondies en lien avec l'agriculture biologique, il faut citer ses incidences sur les agricultrices, son potentiel pour les environnements tropicaux, de nouvelles utilisations de la matière organique et des scénarios pour le rapport futur entre l'offre et la demande.

Conjoncture favorable pour l'agriculture urbaine

Quant à l'agriculture urbaine et péri-urbaine, certains membres ont jugé fort opportune son inclusion au nombre des points à l'ordre du jour. L'agriculture urbaine et péri-urbaine est une expression qui recouvre un large éventail de techniques utilisées dans les pays développés et en développement sur une petite ou une grande échelle. Elle contribue à la sécurité alimentaire, aux revenus et aux niveaux nutritionnels des familles urbaines.

Le COAG a recommandé que les travaux de la FAO sur l'agriculture urbaine et péri-urbaine se concentrent sur des secteurs où elle présente un avantage comparatif par rapport à l'agriculture rurale et visent à mieux faire comprendre les avantages et les risques inhérents à ce type d'agriculture. Les domaines suivants ont été proposés comme thèmes de recherche éventuels: les incidences sur la santé de l'agriculture urbaine et péri-urbaine, la dynamique de l'utilisation des terres due à l'empiètement des zones urbaines sur les terres agricoles, l'interdépendance entre agriculture rurale et agriculture urbaine, les difficultés rencontrées par les cultivateurs pauvres urbains et péri-urbains pour obtenir du crédit et d'autres intrants, la participation des femmes à ce type d'agriculture et les exigences associées à la commercialisation et à la distribution.

11 février 1999

 

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