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Lutte intégrée contre les ravageurs pour les cultivateurs de coton en Asie
Un projet de 12 millions d'Euros destiné à permettre à des petits cultivateurs de coton asiatiques de réduire de moitié leurs applications d'insecticides tout en accroissant leur production doit être mis en oeuvre par la FAO. Le projet, financé par l'Union européenne, formera 90 000 petits producteurs à la lutte intégrée contre les ravageurs. (Lire notre article: Qu'est-ce que la protection intégrée contre les ravageurs?) Six pays d'Asie participeront au projet - Chine, Inde, Pakistan, Bangladesh, Philippines et Vietnam - les trois premiers figurant parmi les quatre plus grands producteurs mondiaux de coton.
Les ventes d'insecticides pour le coton témoignent du fait qu'il s'agit d'une culture de valeur que les agriculteurs veulent protéger à tout prix des invasions de ravageurs. Les insecticides chimiques sont souvent utilisés lorsque les cultivateurs et leurs conseillers ne sont pas sûrs de la santé d'une culture plutôt que quand la situation des ravageurs justifie une intervention chimique. Le recours excessif aux insecticides pour le coton a eu des effets dévastateurs sur les principaux pays producteurs au cours des dernières années. En 1995, en Chine, l'échec des récoltes dû à une utilisation abusive d'insecticides a fait grimper le prix du coton à la Bourse des marchandises de New York à plus de 1,10 dollar E.-U. la livre pour la première fois en 100 ans. Au Soudan, l'utilisation excessive d'insecticides a donné du coton gluant invendable. Les insecticides détruisent aussi les ennemis naturels des ravageurs, causant parfois des explosions de populations de ces mêmes ravageurs qu'ils sont censés combattre. Les insecticides sont une menace pour la santé de l'hommeLes insecticides sont non seulement coûteux et potentiellement destructeurs pour les cultures et l'environnement, mais peuvent aussi s'avérer extrêmement dangereux pour l'homme - en particulier les agriculteurs pauvres des pays tropicaux qui ne sont peut-être pas au courant de leur toxicité, qui ne peuvent se permettre les combinaisons de protection et ne pourraient les porter de toutes façons à cause de la chaleur. "De nombreux insecticides sont dérivés des gaz asphyxiants utilisés durant la seconde guerre mondiale", a déclaré Niek van der Graaff, Chef du Service de protection des végétaux de la FAO. "Ils sont toxiques pour l'homme comme pour les ravageurs." La FAO a mis en garde contre la réelle menace de l'empoisonnement chronique des populations rurales. Le projet de l'UE prévoit 3 800 "Champs-écoles pour agriculteurs" qui utilisent une méthode d'apprentissage participatif à la lutte intégrée contre les ravageurs. Les cultivateurs ensemencent un champ expérimental, ramassent et étudient les ravageurs et les prédateurs bénéfiques et suivent leurs interactions. Ils apprennent à reconnaître les différents insectes, à constituer des populations de prédateurs salutaires, à effectuer la rotation et la diversification des cultures, à éliminer physiquement et détruire les ravageurs. Ils découvrent également que les insecticides tuent souvent les insectes et les petits mammifères bénéfiques, laissant la place à de nouvelles générations de ravageurs qui se reproduisent rapidement. Les ravageurs peuvent aussi en peu de temps développer une résistance aux insecticides trop utilisés. Les projets pilotes financés par la Banque asiatique de développement au Pakistan, en Inde et en Chine ont montré que les cultivateurs de coton ont abaissé leur utilisation d'insecticides tout en accroissant leurs rendements. "Réduire le recours aux insecticides permet d'économiser de l'argent qui peut servir à investir dans le système de production agricole", a déclaré Van der Graaff. La FAO a commencé ses travaux sur les méthodes de production sans danger pour l'environnement dans les pays en développement dans les années 60, et le Fonds mondial pour la lutte intégrée contre les ravageurs aide désormais des projets sur tout le continent asiatique et africain. 9 juin 1999
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