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Situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture 1999: recul irrégulier de la faim
Le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans les pays en développement est tombé à moins de 800 millions. C'est là l'un des résultats les plus encourageants de l'édition 1999 de La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture (SOFA), soumise pour examen à la 30ème session de la Conférence de la FAO, inaugurée le 12 novembre.
Dans son allocution à la Conférence, M. Hartwig de Haen, Sous-Directeur général du Département économique et social de la FAO, a souligné que la baisse nette dissimule des écarts importants entre les pays en développement. Au cours des cinq années entre le début et la moitié des années 90, le nombre de personnes victimes de malnutrition dans les pays en développement a reculé de 40 millions, passant de 830 à 790 millions. Le SOFA 1999 fait état de nouveaux résultats de la FAO qui montrent que 37 pays en développement représentent une baisse de 100 millions, l'Inde et la Chine contribuant pour près des deux tiers. Mais 59 autres pays en développement on vu leurs populations affamées s'accroître de 60 millions. Le report confirme que le taux actuel de progression dans la lutte contre la faim dans le monde, qui a réduit le nombre de personnes souffrant de malnutrition de 8 millions par an, n'est pas suffisant pour répondre à l'objectif fixé par le Sommet mondial de l'alimentation en 1996: réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d'ici à l'an 2015. Pour réaliser ce but, il faut accélérer le rythme à une réduction annuelle moyenne de 20 millions de personnes. Les données du SOFA 1999 indiquent que toutes les régions du monde en développement ont connu une baisse importante du pourcentage de personnes victimes de la faim, à l'exception de l'Afrique subsaharienne, où le pourcentage est resté inchangé. Toutefois, comme le précisait M. de Haen, une baisse de pourcentage ne correspond pas toujours à une baisse absolue. Par exemple, en Asie du Sud, où le pourcentage de personnes souffrant de malnutrition a diminué considérablement, leur nombre était passé d'environ 270 à 280 millions depuis le début des années 70. En Afrique subsaharienne, le nombre de personnes affamées a doublé, passant de 90 à 180 millions durant cette même période. La crise financière internationale et l'agriculture mondiale Le SOFA 1999 passe également en revue l'agriculture mondiale du point de vue de l'offre et de la demande, tous deux ayant gravement souffert de la récente crise financière. Dans les pays touchés par la crise en Asie, la baisse de production agricole et de la demande, ainsi que la diminution du produit intérieur brut et la montée du chômage, ont aggravé l'insécurité alimentaire pour de vastes catégories de la population. Les effets de la crise ont été ressentis à l'échelle mondiale, car la baisse du pouvoir d'achat des pays touchés par la crise a provoqué une réduction de la demande d'importations et une baisse des prix des denrées agricoles dans le monde entier. Du côté de l'offre, les chiffres à partir de 1998 n'indiquent aucun accroissement de la production totale agricole et animale. Pour 1999, le résultat final devrait être un taux de croissance de moins d'un pour cent. Pour les pays en développement, le taux de croissance annuel de la production agricole de moins d'un pour cent pour 1998 et 1999 est significatif: c'est la première fois en dix ans que la production agricole augmente de moins de 3 pour cent. Menaces pour la sécurité alimentaire Selon le SOFA 1999, quelque 35 pays - dont 14 en Afrique - sont confrontés à des pénuries alimentaires requérant une aide alimentaire d'urgence. Les pénuries, toutefois, ne sont pas limitées au monde en développement. Cinq pays de la Communauté des états indépendants et quatre pays européens, tous dans les Balkans, connaissent également des crises alimentaires. Le rapport fait ressortir une tendance alarmante à cet égard: les facteurs humains, comme les conflits armés et l'effondrement de l'économie, jouent un rôle croissant dans les pénuries alimentaires. Les catastrophes naturelles ont été responsables de moins de la moitié des urgences alimentaires en 1999, tandis qu'elles représentaient la quasi-totalité de ces urgences il y a 15 ans.
A la Conférence de la FAO, M. de Haen a souligné que la prévention des conflits et une croissance économique durable sont des conditions essentielles si l'on veut atteindre les buts du Sommet mondial de l'alimentation et éviter les pénuries alimentaires d'urgence. Il a noté que les investissements en agriculture - y compris les infrastructures rurales et les services comme la recherche et la vulgarisation, la commercialisation, l'enseignement et la santé - sont particulièrement importants pour les pays les plus touchés par la faim. Il a ajouté que pour atteindre l'objectif fixé par le Sommet, il faudrait des investissements agricoles de l'ordre de 180 milliards de dollars E.-U. par an dans les pays en développement, soit beaucoup plus que les taux annuels actuels. Il a également présenté des chiffres montrant que l'aide officielle au développement dans le domaine de l'agriculture a baissé sensiblement en termes réels durant cette décennie. 15 novembre 1999
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