SIDA: Pas seulement un problème de santé


Le VIH/SIDA n'est pas seulement un problème de santé - c'est un problème d'une importance cruciale pour le développement en général. Tel est le message qui a été lancé au Colloque de la Journée mondiale du SIDA tenu le 2 décembre au siège de la FAO à Rome.

Le Président du Symposium, M. Henri Carsalade, Sous-directeur général de la FAO (Département du développement durable), a souligné l'importance du cadre de coopération signé cette année entre la FAO et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA).

Lors de son discours liminaire, Dr. Werasit Sittitrai, Directeur associé du Département des politiques, de la stratégie et de la recherche d'ONUSIDA, a insisté sur l'importance de la coopération interinstitutions pour affronter l'épidémie du SIDA. La détermination politique et les financements aux plus hauts échelons gouvernementaux sont essentiels si l'on veut que les campagnes du SIDA atteignent toute leur efficacité, a-t-il déclaré, en ajoutant que c'est un secteur où la FAO a un rôle important à jouer. La FAO a une grande influence sur les ministères de l'agriculture, qui sont souvent les ministères les plus importants dans les pays en développement. En usant de cette influence, la FAO peut accomplir énormément pour garantir que la prévention du SIDA demeure au premier rang des priorités lors de la mise en place de politiques agricoles.

Bien que l'attention de la FAO ne soit pas spécifiquement concentrée sur l'Afrique subsaharienne où la maladie est la plus diffuse, le Colloque a souligné que les taux d'infection sont en augmentation également dans d'autres régions du monde en développement. L'Inde et l'Asie du Sud-Est sont les régions à plus haut risque. Selon les estimations d'ONUSIDA, plus de 33 millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont actuellement atteints du VIH/SIDA. Chaque jour, 15 000 personnes de plus sont infectées par le virus, dont 95 pour cent dans les pays en développement.

En dépit de cette sombre réalité, le Symposium a laissé entrevoir une lueur d'espoir. Dr. Sittitrai a présenté une étude bien documentée de la Thaïlande montrant une baisse des taux d'infection par le VIH après que divers ministères du gouvernement, des organisations non gouvernementales et des groupes communautaires aient uni leurs forces pour sensibiliser davantage l'opinion publique.

Une des raisons du succès de la campagne de sensibilisation de la Thaïlande est qu'elle informait non seulement le public des comportements à risque, mais aussi de la façon de se prémunir contre la maladie. Avoir des rapports sexuels non protégés ou partager des seringues rend une personne vulnérable, a souligné Dr. Sittitrai. Mais la vulnérabilité à la maladie signifie qu'une personne - généralement une femme ou un enfant - a peu de contrôle sur son exposition à la maladie. Par exemple, les femmes rurales vivant dans un état de pauvreté sont parfois contraintes à se livrer à la prostitution, ou bien leur bas niveau social ne leur permet pas de choisir leurs partenaires sexuels. Ainsi, la campagne de la Thaïlande s'est adressée en particulier aux femmes, en renforçant leur rôle au sein de la communauté en tant que garantes du foyer (nourriture, revenus et soins aux enfants), et ce pour accroître leur "pouvoir de négociation". Accroître le statut social des femmes rurales par le biais de programmes éducatifs et de petites entreprises commerciales est un objectif de la FAO depuis des années, et Dr. Sittitrai a soutenu que ces activités sont une partie importante de toute stratégie de prévention du SIDA.

M. Kevin Gallagher, du Programme de protection intégrée de la FAO, a souligné l'importance d'insérer une composante VIH/SIDA dans toutes les activités de formation sur le terrain dans les zones où les taux d'infection sont élevés. Nous disposons d'une bonne expérience en matière d'intégration des messages du SIDA dans la formation des formateurs. Les participants à nos écoles de terrain sont tous tombés d'accord sur le fait que l'éducation au SIDA doit faire partie intégrante du programme, a-t-il déclaré.

Au départ, la prévention du SIDA se concentrait essentiellement sur le milieu urbain. Toutefois, les études de la FAO ont montré à quel point la maladie décime aussi les communautés rurales. Au Symposium, William Seiders, spécialiste des jeunes ruraux au Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication de la FAO, a insisté sur l'importance d'introduire les initiatives contre le SIDA dans les zones rurales. A titre d'exemple, il a cité un nouveau projet de la FAO au Burkina Faso financé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et un projet du Programme de coopération technique au Mali, qui ont pour but de permettre aux jeunes de démarrer des projets ruraux créateurs de revenus. A long terme, ceci devrait renforcer le respect de soi des participants et réduire leur propension à être impliqués dans des activités à risque élevé, qui peuvent porter aux infections VIH, a déclaré M. Seiders.

28 décembre 1999

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