Un arsenal contre les catastrophes complexes


Anne M. Bauer, chef du Bureau des opérations spéciales de secours de la FAO (TCOR)


Le journal du soir ne consacrent que quelques minutes aux catastrophes naturelles ou d'origine humaine qui ruinent aujourd'hui la vie de milliers de personnes et continueront de le faire demain. Il y a eu ces dix dernières années une augmentation sensible des "situations d'urgence complexes" - complexes parce que la guerre et les troubles intérieurs provoquent l'écroulement des structures sociales, politiques et économiques. Parfois, ces crises sont accompagnées de catastrophes naturelles, le coup de grâce pour les victimes et ceux qui oeuvrent pour les aider à survivre.

"Aujourd'hui, les catastrophes complexes représentent plus de la moitié de notre travail", explique Anne M. Bauer, chef du Bureau des opérations spéciales de secours de la FAO.

Cette nouvelle vague de crises plus compliquées exige une réponse sur de multiples fronts de la part de la communauté humanitaire internationale. La FAO est l'une des nombreuses organisations des Nations Unies, organismes internationaux et organisations non gouvernementales (ONG) actifs dans le domaine de l'aide humanitaire qui unissent leurs efforts, chacune contribuant selon sa propre expérience et ses connaissances spécialisées pour apporter un soulagement aux communautés et aux pays frappés par la catastrophe et les aider à se relever.

"Dans les régions déchirées par les conflits, très souvent les besoins sont trop importants pour qu'une organisation puisse les couvrir à elle seule, selon Mme Bauer. Il est souvent nécessaire que tous interviennent en même temps, en se partageant très clairement les tâches".

Les organismes des Nations Unies travaillent de concert

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies met en place la réponse de l'Organisation aux situations d'urgence partout dans le monde et amorce la mobilisation de capitaux par des appels communs interinstitutions, dans lesquels les divers organismes des Nations Unies estiment les besoins du secteur dont ils sont responsables. Ainsi, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) répond globalement aux besoins des réfugiés, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fournit une assistance sanitaire et la FAO s'occupe du redressement de l'agriculture, de l'élevage et des pêches.

Une fois les fonds obtenus, chaque organisation envoie une équipe d'experts sur le terrain qui travaille coude à coude avec les organismes internationaux et les ONG actifs dans le secteur, afin d'aider le plus de personnes touchées possible de la manière la plus efficace.

La FAO et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont établi un cadre de coopération entre les deux organisations. Si ces deux organismes sont actifs dans les mêmes domaines, ils ont des mandats très différents et peuvent se compléter.

"Le CICR est en première ligne partout dans le monde où il y a des points chauds", explique Mme Bauer; vétéran de l'aide humanitaire, elle est entrée à la FAO après avoir été Directrice du Programme international d'aide humanitaire de la Croix-Rouge norvégienne. "De son côté, la FAO intervient tout au début de la phase de redressement", précise-t-elle.

L'Organisation, par le biais du Bureau des opérations spéciales de secours (son moteur pour les interventions d'urgence) s'occupe de fournir une aide d'urgence sous la forme d'intrants agricoles, par exemple semences, outils, engrais ou vaccins pour un projet urgent de santé animale, ainsi que des services pour le redressement ou la reconstruction des pays en développement frappés par les catastrophes. En tant que l'une des principales institutions spécialisées des Nations Unies, la FAO a un rôle important à jouer comme centre de coordination et foyer de compétences techniques dans le secteur agricole.

Il n'y a pas deux situations d'urgence semblables

"Aucune situation d'urgence n'est exactement la même qu'une autre, explique Mme Bauer, mais dans la majorité des cas, vous avez un certain nombre d'organisations internationales et d'ONG actives dans le secteur agricole qui interviennent en même temps et se tournent vers la FAO pour avoir des conseils; par exemple, quelles sont les meilleures semences à distribuer, où les besoins se font le plus sentir, qui sont les services techniques compétents dans le pays".

La FAO demande souvent elle aussi de l'aide à d'autres organisations. "Lorsque la FAO est responsable d'un programme de distribution de semences dans un pays, nous comptons très souvent sur l'aide des ONG nationales ou internationales présentes dans la région pour la collecte de données ou la distribution des semences, précise Mme Bauer. Un dialogue permanent et une coopération soutenue sont décisifs".

En 1998, le Bureau des opérations spéciales de secours a entrepris 103 interventions d'urgence spéciales dans environ 48 pays. Certains des programmes actuellement en place comprennent la distribution de semences et d'outils aux agriculteurs de retour en Bosnie-Herzégovine, la coordination des secours agricoles d'urgence aux cultivateurs du Burundi et l'évaluation et la planification des interventions agricoles d'urgence en Amérique centrale frappée par l'ouragan "Mitch".

 22 janvier 1999

 

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