Beijing, cinq ans après: où en est-on?


Piments mis à sécher au soleil
Hongrie/20963/R.Faidutti

Ramassage du chaya, sorte de courge
Nicaragua/20334/J.Spaull

Préparation du champ pour la culture du riz
Tanzanie/17569/A.Conti

Des agricultrices portent des sacs de thé après la cueillette
Sri Lanka/17022/G. Bizzarri
Petit à petit, les femmes rurales et les agricultrices des pays en développement du monde entier acquièrent voix au chapitre. Ces travailleuses invisibles qui, sans droit de cité, produisent l'essentiel de la nourriture du monde en développement, commencent enfin à figurer dans les programmes nationaux et internationaux.

Faisant le bilan en vue d'une session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies, cinq ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes tenue à Beijing (Chine), la FAO a signalé qu'un nombre croissant de pays insèrent ces femmes dans leurs politiques et leurs plans d'action nationaux. "Les gouvernements et les instances dirigeantes prennent finalement conscience du rôle actif que les femmes, en particulier celles des zones rurales, jouent dans l'économie et dans les transformations sociales", a déclaré Sissel Ekaas, Directrice de la Division de la femme et de la population de la FAO.

Les parlements du Ghana, de la Hongrie et de la Tunisie, entre autres, ont voté des enveloppes législatives concernant spécifiquement les femmes rurales. Le Nicaragua a annoncé un projet de résolution pour mettre en oeuvre des politiques en faveur des femmes dans la distribution et l'achat des terres. Le gouvernement du Bénin est en train d'inclure les questions de genre dans son plan national d'action pour le développement rural. Avec de tels changements, les femmes rurales et les agricultrices vont enfin avoir voix au chapitre.

La Session extraordinaire de l'ONU sur "Femmes 2000: Egalité des sexes, développement et paix pour le XXIe siècle" s'ouvre le 5 juin à New York. La réunion de cinq jours, connue informellement sous le nom de Beijing +5, passera en revue les progrès réalisés depuis septembre 1995, lorsque plus de 180 pays ont adopté le Programme d'action révolutionnaire de Beijing. On attend jusqu'à 15 000 participants des Etats membres, de la communauté internationale, des organisations non gouvernementales et du secteur privé.

Les études de la FAO confirment que les femmes constituent la base de la petite agriculture, produisant de 60 à 80 pour cent de la nourriture pour la consommation des ménages dans les pays en développement, et 50 pour cent dans le reste du monde. En dépit des progrès réalisés dans certains pays, la majorité de ces femmes sont encore cruellement défavorisées et isolées.

Un noeud crucial concerne la terre. Les femmes n'ont jamais eu le droit d'administrer la terre qu'elles cultivent. L'accès à la terre - non seulement la propriété privée, mais le droit de prendre à bail des terres publiques et d'utiliser des terres communales - est une composante vitale de l'égalité des sexes. Le Programme d'action mettait l'accent sur ce point et la FAO a encouragé les pays à inclure les questions de terre dans leurs plans nationaux d'action sur le suivi de la Conférence de Beijing. On assiste de plus en plus à des réformes agraires tenant compte des femmes. Outre le Nicaragua, des pays comme la Bolivie, la République dominicaine, l'Erythrée, la Malaisie, le Népal, l'Ouganda et la Tanzanie ont voté des lois reconnaissant les droits des femmes à posséder des terres.

A la FAO, l'importance de l'égalité des sexes a été soulignée durant le Sommet mondial de l'alimentation de 1996, à la commémoration de la Journée mondiale de l'alimentation/TeleFood en 1998 sur le thème "Les femmes nourrissent le monde", à la Consultation de haut niveau sur les femmes rurales tenue à la FAO l'an dernier et aux Journées internationales de la femme célébrées tous les 8 mars.

Selon Mme Ekaas, une des plus grandes réalisations depuis Beijing a été la réponse croissante à l'échelle internationale aux questions de genre dans tous les secteurs de l'économie. Ceci s'explique en grande partie par la disponibilité de davantage d'informations de meilleure qualité, ventilées par sexe.

"Mais l'enjeu maintenant est de se concentrer sur l'égalité des sexes en tant que partie intégrante de la stratégie de lutte contre la pauvreté rurale", déclare Mme Ekaas. La FAO répond à cet enjeu en fournissant des avis de politique et une assistance technique aux Etats membres et en diffusant l'information grâce à son réseau international.

Beijing+5 fera le point des réalisations et examinera les obstacles au progrès, tout en traçant la voie vers l'égalité totale entre les sexes, le développement et la paix.

 En ouvrant une Consultation de haut niveau sur les Femmes Rurales et l'Information, en octobre 1999, à Rome, en préparation à la Session Spéciale des Nations-Unies "Beijing+5", le Directeur-général de la FAO, M. Jacques Diouf, avait appelé à une concrétisation des engagements de Beijing.

2 juin 2000

 


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