Le nouveau rapport enregistre peu d'amélioration dans l'atteinte des buts du Sommet mondial de l'alimentation


 

 

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A une époque de prospérité sans précédent, 826 millions de personnes dans le monde souffrent encore de la faim. Cependant, il est encore plus inquiétant de constater que les progrès accomplis pour réduire de façon appréciable le nombre de ces personnes sont minimes. Ceci est le constat principal qui ressort de la dernière édition du rapport "L'Etat de l'insécurité alimentaire dans le monde" (SOFI 2000), publié chaque année à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, et qui suit les progrès réalisés vers l'atteinte des objectifs du Sommet mondial de l'alimentation.

Les Chefs de gouvernement et d'Etat rassemblés au Sommet en 1996 s'étaient engagés à réduire de moitié, d'ici 2015, le nombre de personnes sous-alimentées. SOFI 2000 souligne que, si des mesures plus énergiques ne sont pas prises pour accélérer le processus, ce but ne sera pas atteint avant 2030.

Dans l'avant-propos du rapport, le Directeur général de la FAO, Dr.Jacques Diouf, fait remarquer que les chiffres décevants prouvent "qu'il faut adopter sans plus tarder des mesures urgentes et ciblées".

Il faudrait réduire d'au moins 20 millions le nombre de personnes sous-alimentées chaque année, d'ici à 2015, pour parvenir aux buts du Sommet. Dans les années 90, la sous-alimentation a reculé à un rythme tout à fait insuffisant - légèrement moins de 8 millions de personnes par an.

M. Hartwig de Haen, Sous-Directeur général de la FAO, Département économique et social, indique que SOFI 2000, au-delà des statistiques globales sur la dénutrition, localise avec précision les groupes les plus exposés à la faim. "Cet affinement des informations est un outil important pour les décideurs, car il leur permet de centrer leurs actions et leurs ressources là où les besoins se font le plus sentir", a-t-il déclaré.

Gravité de la sous-alimentation

Les 23 pays où les personnes sous-alimentées - et non l’ensemble de la population - accusent le déficit énergétique alimentaire le plus important. Ce déficit est exprimé en kilocalories/personne/jour. Plus le chiffre est élevé, plus la sous-alimentation est grave.

pays
kilocalories

Somalie

490

Afghanistan

480

Haïti

460

Mozambique

420

Burundi

410

Libéria

390

République démocratique du Congo

380

Sierra Leone

380

Érythrée

370

Niger

350

Bangladesh

340

Éthiopie

340

République démocratique populaire de Corée

340

Zambie

340

Zimbabwe

340

Tchad

330

Rwanda

330

Angola

320

Guinée

320

République centrafricaine

310

Madagascar

310

Malawi

310

Mongolie

310

SOFI 2000 fournit des indicateurs des différents degrés de la faim dans le monde, et pour la première fois, y compris pour les pays en transition. La gravité de la faim, ou déficit alimentaire, est déterminée en comparant l'apport énergétique alimentaire moyen (kilocalories) des personnes sous-alimentées à l'apport énergétique alimentaire minimum dont elles auraient besoin pour maintenir leur poids corporel et pour accomplir des travaux légers. Plus le déficit alimentaire est important, plus les risques pour la santé dus à la malnutrition augmentent.

Les 826 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans le monde ont, en moyenne, un déficit de 100 à 400 kilocalories par jour. Mais dans quelques pays la gravité de la faim est beaucoup plus sévère. Par example, en Somalie, le déficit alimentaire des personnes sous-alimentées atteint 490 kilocalories et au Afghanistan, 480.

Selon les statistiques, c'est en Asie que l'on trouve le plus grand nombre de personnes victimes de sous-alimentation chronique, mais c'est en Afrique subsaharienne que le phénomène de la faim est le plus grave. Dans 19 pays d'Afrique subsaharienne sur 46 évalués dans le rapport, les personnes sous-alimentées ont un déficit alimentaire moyen de plus de 300 kilocalories par personne et par jour. En Asie et dans le Pacifique, en revanche, trois pays seulement sur 19 accusent un déficit du même ordre.

SOFI 2000 souligne que les décideurs doivent également tenir compte des différents besoins nutritionnels de chaque membre de la famille. Il faut prêter attention en particulier aux besoins alimentaires spécifiques des femmes, car la mort de nombreux nourrissons et enfants en bas âge dans les pays en développement est directement liée au mauvais état nutritionnel des mères.

En avant-propos, Dr Diouf lance un appel à la communauté internationale afin qu'elle oriente son action sur quatre mesures essentielles, étroitement liées, qui pourraient offrir une solution à la faim dans le monde:

  • "Il faut régler les conflits, qui sont les causes de la malnutrition la plus grave dans la plupart des pays les plus pauvres du monde."
  • "Il faut faire les investissements nécessaires pour mettre en place les bases d'une croissance économique et d'une réducation de la pauvreté durables."
  • "Les pays pauvres et leurs partenaires de développement doivent agir en priorité en faveur des personnes qui souffrent le plus de la faim."
  • "Nous devons orienter la recherche agricole vers l'amélioration des productions vivrières."

Mais SOFI 2000 annonce aussi quelques heureuses issues, en citant les exemples du Ghana, du Nigéria et de la Thaïlande, où les politiques gouvernementales sont parvenues à une amélioration rapide des niveaux nutritionnels. Il se félicite également des récentes initiatives de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et d'autres bailleurs de fonds en faveur de nombreux pays pauvres, visant à les décharger du poids de la dette. "La remise de la dette peut être un facteur important de réduction de la sous-alimentation, à condition que les ressources dégagées soient utilisées, non seulement pour donner à manger à ceux qui ont faim, mais aussi pour mettre les pays et les communautés sur la voie du développement durable en investissant dans la sécurité alimentaire", affirme le rapport.

16 octobre 2000

Cliquer ici pour le Dossier de la FAO sur SOFI 2000

Le Focus contient des informations sur les résultats et la méthodologie utilisée dans le rapport, ainsi que des clips audio de divers experts en développement, y compris Hartwig de Haen, Sous-Directeur général de la FAO, Département économique et social, qui commente les faits saillants de cette nouvelle édition.

 

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