Stratégie d'éradication de la faim dans la Corne de l'Afrique


Les sept pays en jaune forment la Corne de l'Afrique
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Quelque 70 millions d'habitants de la Corne de l'Afrique sont victimes d'insécurité alimentaire chronique et risquent souvent la famine. Une stratégie de sécurité alimentaire à long terme visant à rompre le cercle vicieux de la faim dans les sept pays de la région (Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Somalie et Soudan) a été annoncée vendredi 27 octobre, dans un rapport présenté par Jacques Diouf, Directeur général de la FAO et Président de l'Equipe spéciale interorganismes des Nations Unies créée par le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

Lors de la réunion du Comité administratif de coordination (CAC), Dr Diouf a déclaré que la stratégie a pour but premier de s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité alimentaire chronique, jusqu'à présent restées sans remède. Elle propose des moyens de protéger les ruraux des chocs externes en améliorant leurs moyens d'existence et en renforçant leur capacité d'adaptation. Elle reconnaît également la nécessité cruciale d'améliorer leur environnement - santé, éducation et accès à l'information et aux marchés - ainsi que le fonctionnement des gouvernements, en particulier leur capacité de faire appliquer la loi.

Le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et les membres du CAC ont rendu hommage au Dr Diouf pour sa direction éclairée de l'équipe spéciale. Par ailleurs, le Comité a accueilli favorablement l'approche intégrée utilisée durant la préparation du rapport - The Elimination of food insecurity in the Horn of Africa: A strategy for concerted government and UN agency action (L'élimination de l'insécurité alimentaire dans la Corne de l'Afrique: une stratégie d'action concertée entre les gouvernements et les organismes des Nations Unies - qui a fait intervenir les gouvernements de la région et les ONG, ainsi que les organisations du système des Nations Unies. Le CAC a également noté avec satisfaction l'analyse, figurant dans le rapport, des causes profondes de l'insécurité alimentaire et a approuvé ses recommandations.

Dans le rapport, l'Equipe spéciale a cerné plusieurs facteurs parmi les causes principales d'insécurité alimentaire: la sécheresse, les conflits, la pauvreté et la croissance démographique. La région a été pendant longtemps victime de conflits armés entre les pays et de troubles civils. Plus de la moitié des habitants de la région vit avec moins d'un dollar par jour. La population a doublé depuis 1974 et poursuit sa croissance à rythme soutenu. En outre, seulement 1 pour cent des terres cultivables de la région sont irriguées, ce qui les rend extrêmement vulnérables à la sécheresse.

Néanmoins, ajoute le rapport, "si la sécheresse et les autres catastrophes naturelles (inondations, acridiens, maladies contagieuses de l'homme et du bétail) peuvent être des facteurs de prédisposition des êtres humains à l'insécurité alimentaire, elles ne se traduisent pas forcément par une dénutrition généralisée", imputable, selon l'équipe spéciale, à l'incapacité d'assurer un accès, par tous et à tout moment, à une nourriture suffisante. Le rapport attribue également la responsabilité de l'insécurité alimentaire aux conflits régionaux et locaux, affirmant que les populations sont contraintes d'abandonner leur logement à cause des conflits qui bouleversent les systèmes de commercialisation et de distribution. "Les gouvernements utilisent leurs maigres ressources pour acheter des armes; en 1997, les pays de la région ont consacré 2 milliards de dollars E.-U. aux dépenses militaires, facteur qui décourage les donateurs, qui sont prêts à aider les populations dans le besoin mais ne souhaitent aucunement financer indirectement la guerre."

Il devrait être possible d'éliminer la famine et de réduire considérablement toutes les manifestations d'insécurité alimentaire, soutient le rapport, grâce aux efforts combinés des populations de la région, des gouvernements intéressés et du système des Nations Unies.

Le rapport présente une stratégie concrète d'action. Il recommande que chacun des sept pays de la Corne de l'Afrique formule un Programme national de sécurité alimentaire d'ici mi-2001, axé sur des plans d'investissements fortement accrus, sans oublier des réformes de politiques de soutien et du cadre institutionnel. En outre, l'équipe spéciale invite à préparer un Programme régional de sécurité alimentaire pour traiter des questions plus vastes comme la résolution des conflits et le commerce.

Lorsque ces programmes seront formulés, l'équipe spéciale recommande de convoquer une conférence régionale de haut niveau où les gouvernements s'engagent à éliminer l'insécurité alimentaire, et où les organismes des Nations Unies, les donateurs et les organisations non gouvernementales offrent leur soutien. La mise en oeuvre des programmes s'étendrait sur une période de dix ans environ.

La réunion du CAC a souligné la nécessité de veiller à ce que le rapport soit suivi d'actions concrètes. "Faute d'un accroissement substantiel des investissements publics, il n'y aura aucun impact sur le problème de l'insécurité alimentaire", a affirmé M. Annan. Et d'indiquer au CAC qu'il étudierait la possibilité que la Banque mondiale se charge de mobiliser des ressources pour mettre en oeuvre la stratégie et les programmes identifiés dans le rapport.

31 octobre 2000

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Ecoutez l'entretien du Directeur général de la FAO avec Jérôme Longué de la Radio des Nations Unies sur le Plan d'action pour la Corne de l'Afrique. (en RealPlayer,16 Kb, 4mn; l'interview démarre à 5'40")

 

 

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