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Améliorer la santé grâce à l'irrigation
La FAO a récemment évalué l'impact de trois petits projets d'irrigation sur la santé et le bien-être des villageois du Burkina Faso, du Mali et de la République-Unie de Tanzanie. L'évaluation a montré que de petits barrages et puits facilitaient le changement, lançant des initiatives productrices de revenus et permettant aux habitants de mieux affronter les périodes de soudure, de diversifier leurs régimes et de se permettre de faire appel aux services de santé. Les trois projets encourageaient la production, la transformation et la préparation de toute une série d'aliments indigènes, l'éducation à la nutrition et la participation des groupes de femmes. "Pour la première fois, nous nous sommes penchés spécifiquement sur les liens entre irrigation, nutrition et santé," explique Florence Egal, nutritionniste à la FAO. "Nous avons appris qu'il faut que tous les secteurs de l'agriculture, de l'éducation et de la santé fonctionnent en corrélation au sein d'une communauté, et non pas l'agriculture seule dans son coin." Au Mali, un barrage local a fourni aux agriculteurs suffisamment d'eau pour accroître leur production vivrière. Le projet a aussi favorisé les nouvelles cultures comme les légumes riches en oligo-éléments. "L'éducation à la nutrition a été fondamental dans ce projet, déclare Mme Egal. S'ils n'avaient pas bénéficié de cet accent sur la nutrition, les villageois auraient aussi bien pu vendre tous les légumes et utiliser l'argent pour d'autres choses, mais ils ont aussi appris à cuisiner et à conserver les nouveaux produits, améliorant ainsi la nutrition de leurs familles". Au Burkina Faso, les chercheurs ont constaté qu'une partie des nouveaux revenus agricoles étaient investis dans les soins de santé. Les visites aux dispensaires locaux ont augmenté de 50 pour cent en trois ans, tandis que les dépenses de santé des ménages sont passées de 5 à 12 pour cent du budget familial. L'éducation sanitaire a appris aux mères à acheter des moustiquaires pour protéger leurs enfants de la malaria. Les pères ont même commencé à amener leurs enfants au dispensaire, ce qui était normalement considéré comme une tâche réservée à la mère. "La formation en matière de santé est importante car pour une bonne gestion de l'eau, il faut également connaître les pratiques de prévention des maladies de base, déclare Mme Egal. Des systèmes d'irrigation mal gérés peuvent contribuer à la propagation de maladies à transmission hydrique comme la malaria et la schistosomiase, dont les vecteurs sont les moustiques et les escargots". En République-Unie de Tanzanie, l'installation de puits villageois a signifié un énorme gain de temps pour les femmes qui passaient des heures à aller chercher de l'eau, temps qu'elles peuvent désormais consacrer à des activités plus productives. Le projet a veillé à ce que les femmes reçoivent une formation pour démarrer des jardins potagers. Dans les trois études de cas, l'irrigation a suffisamment accru la production vivrière ou les revenus des agriculteurs pour qu'ils puissent se permettre un repas quotidien supplémentaire; et ce, même durant la "période de soudure" avant la récolte, lorsque de nombreuses familles ne consommaient qu'un seul repas par jour. Les projets ont également aidé à alléger le fardeau de la dette des familles pauvres, accru la scolarisation et limité la migration saisonnière de villageois à la recherche d'un emploi. Toutefois, seulement 4 pour cent des terres arables sont irriguées en Afrique subsaharienne, ce qui indique la nécessité de développer les disponibilités et l'aménagement des eaux. Les statistiques mondiales sur les avantages de l'irrigation sont impressionnantes. Les terres irriguées sont pratiquement trois fois plus productives que les terres pluviales. 30 à 40 pour cent de l'alimentation mondiale vient des terres irriguées, soit seulement 17 pour cent des terres totales cultivées. Au cours des 30 prochaines années, on s'attend à ce que les terres irriguées assurent quelque 70 pour cent de la production vivrière supplémentaire des pays en développement 22 mars 2001
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