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Des fours à fumer le poisson pour faciliter la tâche des Maliennes
Une aide de la FAO a cependant apporté quelques améliorations. En décembre, le groupement de femmes locales s'est procuré un outil fondamental: quatre fours "Chorkor", qui leur permettent de fumer de grandes quantités de poisson en consommant moins de bois de feu que les fours traditionnels. Ces nouveaux fours aident les femmes à conserver et à vendre davantage de poisson, et par conséquent à gagner davantage. L'achat des fours a bénéficié d'un don de 4 600 dollars E.-U. de TeleFood, la campagne annuelle mondiale de la FAO axée autour de la célébration de la Journée mondiale de l'alimentation, le 16 octobre de chaque année, date anniversaire de la création de la FAO en 1945. TeleFood vise à sensibiliser davantage l'opinion publique au problème de la faim dans le monde et à recueillir des fonds pour aider les petits agriculteurs, éleveurs et pêcheurs à produire plus de nourriture et à améliorer leur nutrition. "Lorsque les hommes nous apportent le poisson, c'est à nous de le traiter, de le fumer et de le vendre," explique Maimouna Coumare, une des femmes les plus actives de l'association qui compte 40 membres et qui a été créée récemment pour gérer les fours. Les femmes disposent d'un compte bancaire commun où elles versent tout l'argent qu'elles gagnent avec la vente du poisson. En outre, chaque membre effectue des dépôts mensuels de 1 000 FCFA (1,50 dollar) en tant que «capital d'amorçage» d'autres petits projets. Maintenant, les femmes épargnent pour leur prochain projet. Elles espèrent obtenir un petit prêt pour acheter des réfrigérateurs pour stocker le poisson. Ceci leur permettra de développer leur marché et de vendre du poisson congelé aux restaurants de la ville, et ce à des prix beaucoup plus élevés. Mais les femmes n'ont pas besoin que de technologie; il leur faut une éducation et une formation. La plupart d'entre elles ne savent ni lire ni écrire, ce qui fait que pour négocier un prêt, elles doivent demander aux hommes de le faire pour elles. Et il arrive fréquemment que les femmes ne reçoivent qu'une petite part des fonds demandés, l'essentiel du capital allant aux hommes. "Nous ne savons pas comment obtenir un prêt", raconte Massada Mele, un autre membre de l'association. "Nous gagnons trop peu pour pouvoir mettre de l'argent de côté. Nous avons besoin d'apprendre à faire d'autres choses pour gagner de l'argent." Moussa Thienta, un représentant de la Chambre d'agriculture du Mali, qui est aussi le coordonnateur national des projets TeleFood, a fourni une aide. Il s'est rendu à Woyowayanka après l'arrivée des fours en décembre. Il a promis d'effectuer des visites périodiques et d'aider les femmes dans leurs projets. "TeleFood est leur premier contact avec l'aide au développement, explique M. Thienta. C'est un point de départ". Il fait remarquer que d'autres villages du Mali ont reçu des dons de TeleFood qui les ont porté à développer des secteurs comme les jardins potagers ou les investissements dans les petites usines locales. Il est convaincu qu'il se passera la même chose à Woyowayanka. 7 mai 2001
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