Les jardins urbains peuvent-ils aider à nourrir les villes surpeuplées?


Aminata Diop s'occupe de son micro-potager
Photo: Fabio Massimo Aceto/Ag. Grazia Neri

Dakar, Sénégal -- Les jardins potagers sur le toit des maisons peuvent-ils apporter une contribution significative aux besoins alimentaires des grandes villes? Une expérience menée dans le cadre du Programme spécial de la FAO pour la sécurité alimentaire s'efforce de le démontrer grâce à des micro-potagers hydroponiques.

Aminata Diop, 30 ans, s'agite autour de cultures surélevées de tomates, de laitues, de haricots et de courges sur le toit de la maison de ses parents, en banlieue de Dakar. Les plantes poussent sans le support d'un sol, mais suivant des critères hydroponiques, c'est-à-dire dans une eau enrichie en substances nutritives, à laquelle on a ajouté des graviers et des coques d'arachide; ou encore, dans des trous pratiqués dans des feuilles de polystyrène expansé qui flottent sur l'eau.

Mme Diop a appris comment créer et s'occuper de son micro-potager lors d'un cours de cinq jours organisé par la FAO à l'intention des agriculteurs. Un casier d'un mètre carré installé sur des pieds en bois - dont la fabrication revient à environ 7 dollars - peut produire de 40 à 50 kilos de tomates par an. Les jeunes plants viennent de la pépinière du projet.

"Les voisins sont impressionnés que nous puissions obtenir tant de nourriture de ces quelques plateaux", dit-elle. Et en plus, il s'agit de légumes propres et salubres, à l'abri des animaux qui viendraient la piétiner si nous les cultivions sur des parcelles vides de notre quartier. Il est vrai que je dois acheter la solution enrichie en éléments nutritifs, mais la famille économise de l'argent sur les notes du marchand de légumes", ajoute-t-elle.

Ngouda Ba, expert technique de la FAO chargé du projet des micro-jardins, indique que ses sites de démonstration marchent bien dans cinq endroits à Dakar, une ville de 2,5 millions d'habitants. Il souligne que, grâce au programme de diffusion de la FAO, le projet a bien décollé l'an dernier lorsqu'un expert colombien a été détaché pour montrer aux Sénégalais comment faire démarrer le programme. "Nous sommes désormais en train de mettre au point une stratégie pour diffuser cette technologie simple dans d'autres sites de Dakar", indique-t-il.

Le système des micro-potagers respecte l'environnement car il se sert de matériaux recyclés et a besoin de peu d'eau. Exploiter des espaces inutilisés pour cultiver de la nourriture peut contribuer à la nutrition des familles et créer des revenus supplémentaires. D'apès les experts, les potagers peuvent créer des recettes analogues à celles tirées des travaux occasionnels.

Les recherches de la FAO ont montré que les consommateurs urbains pauvres consacrent jusqu'à 60-80 pour cent de leurs revenus à l'alimentation, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la hausse des prix des denrées. Plus de la moitié des habitants de la planète devrait vivre dans les villes d'ici 2005, ce qui veut dire que garantir des approvisionnements réguliers de nourriture salubre, à des prix abordables, constituera un des principaux problèmes de sécurité alimentaire à l'avenir.

14 janvier 2002

 

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