Nouveaux instruments pour de meilleurs résultats


Pour déterminer les besoins énergétiques, il faut d'abord mesurer les dépenses d'énergie

Une nutritionniste en Inde estime les niveaux d'activité de travailleurs agricoles. De nouveaux outils calculent les besoins énergétiques sans mesures subjectives. (FAO/15942/P. Das)

 

A la Consultation d'experts sur l'énergie dans la nutrition humaine qui s'est tenue au siège de la FAO du 17 au 24 octobre, les participants ont repris un débat lancé en 1981, lors de la consultation précédente, sur le meilleur moyen de mesurer les besoins alimentaires.

Autrefois, les besoins énergétiques se fondaient sur des données approximatives d'apports alimentaires. Dans leurs déclarations, certains sujets abaissaient volontairement leur consommation d'aliments jugés nocifs et augmentaient les aliments considérés comme salutaires. D'autres essayaient de donner aux chercheurs les réponses qu'il voulaient entendre. Et comme la personne testée n'avait pas toujours un poids ou un niveau d'activité idéal, utiliser ces informations pour émettre des recommandations n'avait aucun sens.

Lors de la consultation de 1981, les nutritionnistes avaient convenu d'utiliser une nouvelle approche fondée sur les dépenses énergétiques, et non pas sur les apports alimentaires. La méthode standard consiste désormais à baser le calcul sur le métabolisme de base (MB), qui est le taux de consommation d'énergie de l'organisme au repos. Ce chiffre est associé à une estimation des niveaux d'activité physique pour déterminer les dépenses énergétiques totales. Mais il présente cependant des lacunes.

 

"Il existe une grande quantité de données sur le métabolisme basal, mais elles viennent, pour la plupart, du monde développé", explique Robert Weisell, nutritionniste au Groupe de l'analyse et de l'évaluation de l'impact nutritionnel de la FAO. Deuxièmement, le calcul requiert une estimation subjective de l'activité physique. Le MB est également difficile à mesurer chez les enfants car il exige que le sujet soit allongé sans bouger.

Les experts se sont rendu compte de ces lacunes il y a 20 ans et ont demandé d'augmenter les investissements dans la recherche et le développement de nouvelles technologies. Un des résultats est une méthode perfectionnée, servant à estimer les besoins énergétiques, qui utilise de l'eau enrichie avec deux isotopes servant de marqueurs.

Au lieu de mesurer la consommation d'oxygène pour montrer les dépenses énergétiques à l'instar des méthodes précédentes, cette technique évalue le taux de production de dioxyde de carbone. Les sujets ingèrent de l'eau contenant les deux isotopes, l'un qui est libéré dans les exhalations de dioxyde de carbone et de fluides organiques, l'autre essentiellement avec les fluides organiques. Quelques semaines plus tard, les scientifiques analysent la salive ou l'urine. En déterminant la différence de vitesse à laquelle les deux marqueurs quittent l'organisme, les techniciens sont en mesure d'obtenir une évaluation très précise de la production de dioxyde de carbone et, partant, des dépenses énergétiques.

 

 

 "Il existe une grande quantité de données sur le métabolisme basal, mais elles proviennent pour la plupart du monde développé."

  

  

 

La méthode présente plusieurs avantages: elle n'oblige pas le sujet à rester immobile ni ne nécessite une estimation de l'activité physique. Et comme elle mesure la production de dioxyde de carbone sur plusieurs semaines, elle détermine de façon plus rigoureuse les dépenses énergétiques moyennes. Malheureusement, en raison de son coût élevé et du niveau de formation technique nécessaire, il reste à voir si elle serait adaptée au monde en développement.

"Il faudra attendre longtemps avant que ceci ne devienne une méthode utilisée couramment dans les pays en développement", fait remarquer la nutritionniste principale Barbara Burlingame. Mais elle fait partie de la palette d'outils des nutritionnistes, étant donné que le test a permis de mieux comprendre les dépenses énergétiques des enfants et qu'une grande partie du monde en développement a moins de 15 ans.

17 janvier 2002

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