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Des experts indonésiens mettent leur expérience au service de la Gambie pour augmenter la production rizicole
M. Abdul Adjid a accumulé une précieuse expérience durant une longue carrière au cours de laquelle il a aidé l'Indonésie à devenir pratiquement autosuffisante dans sa production rizicole, résultat particulièrement remarquable dans ce vaste pays qui doit aujourd'hui nourrir 185 millions de bouches. Retraité depuis peu de son poste de Directeur général de la Division des cultures vivrières, il connaît les étapes à franchir pour augmenter la production alimentaire, y compris l'élaboration d'une stratégie nationale, l'introduction de variétés à haut rendement et l'adoption de techniques culturales avancées. L'Indonésie a fait des progrès considérables dans sa production alimentaire et elle se prépare aujourd'hui à faire profiter de son expérience d'autres pays en développement, comme la Gambie, un minuscule pays d'Afrique occidentale qui compte seulement un million d'habitants. Le riz y est également cultivé, mais la production ne suffit même pas à nourrir la petite population du pays qui doit importer 60 à 70 000 tonnes de riz par an, ce qui représente un coût important pour son modeste budget national. En 1994, le Ministre gambien de l'Agriculture assistait à la Conférence des pays non alignés sur l'alimentation et l'agriculture à Bali (Indonésie) et a commencé à confronter son expérience à celle de son homologue indonésien. Celui-ci a proposé d'envoyer quelques experts en Gambie pour y étudier les problèmes de riziculture et pour suggérer à ce pays africain comment s'y prendre pour rédiger sa propre stratégie rizicole nationale. C'est ainsi que M. Abdul Adjid et un autre collègue à la retraite, M. Moch Ayat Wrehaspaty, ancien Directeur de la production des cultures vivrières, ont été envoyés en Gambie. Cette visite s'est effectuée au mois d'avril dans le cadre des échanges d'experts du Programme de coopération technique entre pays en développement (CTPD). Le gouvernement indonésien a pris en charge le traitement des deux experts et la Gambie assurait les repas et l'hébergement, tandis que la FAO assumait les frais de déplacement, nationaux et internationaux, l'assurance médicale, une allocation de 50 dollars par jour pour aider les experts à couvrir leurs dépenses courantes et une petite subvention pour l'employeur. Quel est le bilan de cette visite? D'après M. Abdul Adjid, elle a joué un rôle catalyseur précieux dans le long processus de conception et de mise en oeuvre d'une stratégie nationale d'intensification de la riziculture. "Nous avons rencontré fonctionnaires gouvernementaux et experts, nous sommes allés voir les rizières, nous avons confronté nos expériences et nos problèmes, a-t-il déclaré. Il est certain que nous avons trouvé des similitudes avec l'Indonésie. Dans les deux pays, l'exploitation agricole moyenne fait moins d'un hectare. Les conditions des cultures sont également très proches. Par contre, la Gambie se situe aujourd'hui au niveau de Java il y a environ 30 ans, par exemple pour le niveau d'alphabétisation. Et la grande différence du point de vue des cultures vivrières est que l'Indonésie est dotée d'un plan national alors que la Gambie ne l'est pas." "La Gambie pourrait produire davantage de riz. Le rendement y est de 1,7 tonne de riz par hectare sur les terres irriguées et de 1 à 1,2 tonne sur les terres marécageuses. A Java, le rendement moyen est de 5 tonnes et les meilleurs agriculteurs arrivent à des rendements de 12 tonnes", a-t-il déclaré. "Les Gambiens ont essayé de produire davantage de riz simplement en améliorant l'irrigation. Mais cela n'a pas permis l'augmentation des rendements car, s'ils ne manquent pas d'eau, ils ne disposent pas de facteurs de production améliorés, comme les semences de variétés à haut rendement. Nous les avons également avertis qu'en principe, il est plus important d'assurer une bonne coordination des activités à l'intérieur du secteur agricole que de fournir des subventions pour les intrants agricoles." 9 Juin 1996 Autres liens: |
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