La FAO élargit sa coopération avec la Banque mondiale


Emploi d'une pompe à pédale sur un site pilote du Programme spécial au Burkina Faso: améliorer l'irrigation de petite échelle est l'un des points forts du resserrement de l'alliance FAO/Banque mondiale

Après la signature, début 1997, d'un protocole d'accord entre le Directeur général de la FAO et le Président de la Banque mondiale, la collaboration entre les deux organisations a assumé de nouvelles dimensions. Outre la préparation des investissements, dont se charge la Division du Centre d'investissement de la FAO, des divisions et des unités techniques de l'Organisation participent de plus en plus à des activités conjointes avec la Banque, tant au siège que sur le terrain.

Cela se produit à un moment où les prêts de la Banque en faveur de l'agriculture et du développement rural commencent à croître, après avoir fléchi pendant près de dix ans. La Banque a porté ses prêts et ses crédits aux gouvernements pour l'agriculture à 3,5 millards de dollars E.-U. durant l'exercice financier 1997, ce qui représente 19 pour cent de tous ses prêts, contre seulement 12 pour cent pour chaque exercice 1996 et 1995.

La collaboration élargie et renforcée constitue ce que le Président de la Banque mondiale James D. Wolfensohn a appelé une "alliance stratégique" entre les deux institutions - mettant en commun les compétences et l'expérience techniques de la FAO et les capacités de financement et d'aide au développement global de la Banque mondiale.

Au coeur de cette relance de la coopération, le Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA) de la FAO, qui reflète une priorité commune: aider les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) à résoudre les problèmes de production et d'approvisionnement alimentaires intérieurs face à l'expansion démographique, à la pauvreté rurale et à la pression sur les ressources naturelles. Les projets PSSA permettent d'obtenir des informations et d'acquérir une expérience pratique, ce qui facilite les programmes de développement nationaux et régionaux de plus grande échelle susceptibles de procurer un soutien important à l'investissement de la part de la Banque mondiale et d'autres partenaires finançant le développement.

La première région où cette coopération élargie a décollé est l'Afrique subsaharienne. Au cours des six derniers mois, des activités conjointes novatrices, principalement dans les PFRDV de la région, ont pris de la vitesse dans des domaines tels que l'irrigation de petite échelle, la fertilité des sols, les statistiques agricoles et rurales, et l'aide aux initiatives concernant des programmes d'investissement dans le secteur agricole à l'échelon national. Une aide a été apportée à un certain nombre de projets PSSA opérationnels dans la sous-région, ainsi qu'à d'autres projets pilotes PSSA encore en cours de formulation.

Hans Binswanger, chef du secteur rural de la Banque pour l'Afrique, a déclaré "Nous souhaitons nous associer plus étroitement à tous les principaux départements techniques dans des domaines de collaboration pratique entre la Banque et la FAO. C'est la politique que nous poursuivons par le biais du Conseil du secteur rural de la Banque, qui regroupe tous les spécialistes du secteur rural de notre institution".

Jean-Louis Sarbib, Vice-Président de la Banque mondiale pour l'Afrique, en visite au siège de la FAO à Rome, a parlé du programme ambitieux de la Banque visant à sortir la région de la pauvreté rurale extrême et à résoudre les problèmes de sécurité alimentaire en collaborant avec la FAO et d'autres partenaires. "La FAO est riche en expériences et en compétences dont nous devons tirer le meilleur parti", a souligné M. Sarbib, "particulièrement à l'heure où les propres compétences de la Banque dans ces secteurs diminuaient". Après la visite de M. Sarbib, les domaines de la foresterie, des pêches et des interventions au plan nutritionnel/phytosanitaire viennent s'ajouter au futur programme de travail conjoint pour l'Afrique.

"Les progrès concernant l'Afrique ouvrent la voie à la même coopération élargie dans d'autres régions" a expliqué David Forbes Watt, Directeur du Centre d'investissement de la FAO. "Un protocole d'accord similaire est déjà en préparation pour l'Asie de l'Est, et nous prévoyons que les autres départements régionaux de la Banque continueront de coopérer avec la FAO".

Le Centre d'investissement et la Banque: 34 ans de collaboration

La FAO travaille en étroite collaboration avec la Banque mondiale depuis 1964 par le biais du Programme de coopération du Centre d'investissement de l'Organisation. Traditionnellement, environ un tiers des projets de la Banque mondiale concernant l'agriculture et le développement rural sont préparés avec l'aide du Programme de coopération. De 1964 à 1996, le Centre d'investissement a aidé à préparer 1 093 projets, représentant des investissements totaux de 56,9 milliards de dollars E.-U. pour le développement agricole et rural. Plus de la moitié de ce montant a été investi sous la forme de prêts extérieurs.

Le Centre d'investissement coopère avec un large éventail d'institutions financières et a commencé à collaborer avec un certain nombre de banques et de fonds nationaux. Il a pour partenaires des organismes gouvernementaux des pays hôtes, mais il travaille également avec le secteur privé et des organisations non gouvernementales (ONG).

Pour complément d'information sur le Centre d'investissement de la FAO.

21 avril 1998

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