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| Juillet 1996 |
par Michele Bernardi
Groupe d'Agrométéorologie
Service de l'Environnement et des Ressources Naturelles (SDRN)
Division de la Recherche, de la Vulgarisation et de la Formation de la FAO
Définition de sécheresse
La sécheresse pourrait être définie comme une période prolongée de
précipitations insuffisantes, normalement une ou plus saisons, qui
causent un déficit d'eau dans certains secteurs de l'économie d'un pays.
La sécheresse doit être considérée par rapport:
-
à certaines conditions moyennes à long terme du bilan final des précipitations
et de l'évapotranspiration dans une région particulière
-
à l'échelle temporelle, et
-
à l'efficacité des précipitations.
Evidemment, la combinaison avec d'autres facteurs climatiques comme des
valeurs élevées de température et de vent, et des valeurs peu élevées de
l'humidité relative pourraient rendre le facteur sécheresse encore plus grave.
La sécheresse est aussi définie selon les différents secteurs qui interagissent
avec ses effets. On définit donc une sécheresse du point de vue météorologique,
hydrologique, agricole ou socio-économique. Evidemment, la succession des ces
quatre notions est différente par rapport à l'échelle temporelle comme il est
montré dans le schéma. Compte tenu du rôle critique que les précipitations
jouent, le manque de prévisions fiables sur l'état d'avancement de la sécheresse
or sur la variabilitédes précipitations est sûrement une source fondamentale
d'incertitude et de perturbation.
L'impact de la sécheresse sur l'économie
Dans le cas des Pays du Maghreb la sécheresse n'est pas un phénomène nouveau.
A chaque sécheresse, les différents Gouvernements mettent en oeuvre un programme
d'actions de lutte contre les effets de la sécheresse dont les pôles sont
déterminés par l'impact des effets de la sécheresse sur les secteurs de
l'économie nationale les plus touchés.
En général, à la base de ces actions concertées, il y a un système
d'information qui permet au décideurs d'évaluer à l'échelle spatiale et
temporelle l'intensité de la sécheresse et de prendre les mesures adéquates.
Au niveau de la province, des comités de vigilance sont chargés de suivre
en permanence la situation au niveau local: évaluation de l'état des
précipitations enregistrés et le niveau des ressources en eau mobilisables
pour différents usages, suivi de l'évolution des emblavements, du comportement
des cultures et l'état du bétail, appréciation de l'état sanitaire du cheptel.
Ensuite, ces comités sont chargés de faire une évaluation des besoins concernant
les denrées alimentaires, l'emploi, l'approvisionnement en eau des populations
et du cheptel et l'alimentation animale. Enfin, ces comités doivent formuler
des programmes d'actions répondant aux besoins identifiés. Ces programmes
d'actions sont ensuite soumis à une commission interministérielle.
La sécheresse au Maroc
Comme par exemple dans le cas du Maroc pendant la sécheresse de 1994/95,
le programme établi par le Gouvernement s'articulait autour des actions suivantes:
-
l'alimentation en eau potable des zones urbaines et du milieu rural
les plus touchées, et l'approvisionnement en eau du bétail,
-
la sauvegarde du cheptel sur la base d'une système d'information visant
à combler une partie du déficit fourrager,
-
le financement des activités agricoles touchées par la sécheresse et
l'approvisionnement en semences en vue de la campagne suivante,
-
l'accroissement de l'emploi, compte tenu que la perte d'emploi saisonnier
agricole et les risques d'émigration rurale représentent les impacts majeures
de la sécheresse.
Mesures prises dans l'agriculture. Les actions prises par le Gouvernement
du Maroc dans le secteur agricole ont été de deux ordres. Une première
série de mesures concernait le financement des activités agricoles touchées
par la sécheresse. Un système d'assurance aux agriculteurs sur la production
céréalière en cas de sécheresse a été également lancé permettant la couverture
partielle des charges d'exploitation par hectare, compte tenu des écarts
entre des rendements moyens estimés et ceux réalisés.
Une deuxième série de mesures portait sur l'approvisionnement en semences,
l'objectif étant d'augmenter les disponibilités en semences en vue de la
campagne prochaine. Compte tenu du coût des importations en semences, le
Gouvernement avait défini une stratégie semencière visant à augmenter le
disponible local en semences. La Direction de la Production Végétale recueille
ses informations principalement par ses Directions Provinciales et, chaque
semaine, un document de campagne est préparé résumant les principaux
événements observés par province sur la croissance des semailles.
Mesures prises concernant l'élevage. Le programme de sauvegarde et de
protection du cheptel avait été élaboréàpartir d'estimations sur le déficit
fourrager attendu suite à la sécheresse. Cela incluait des estimations sur
la production pastorale sur les parcours, la production céréalière et leur
sous-produits, les sous-produits de l'agro-industrie et les cultures
fourragères. La Direction de l'Elevage reçoit des informations à partir
des Directions Provinciales de l'Agriculture et des Offices de Mise en
Valeur Agricole, sur l'état d'approvisionnement en aliments de bétail,
les prix des animaux et des aliments, la situation de l'abreuvement du
cheptel, sur l'état des parcours et sur l'état sanitaire des troupeaux.
De même, cette Direction suit de près la situation des importations des
aliments, des animaux et produits animaux communiquée par les contrôle
des services sanitaires au frontière. En effet, en période de sécheresse,
le prix de la ration de base des animaux augmente de même que le coût de
revient du bétail.
Ce système de surveillance du cheptel permet de contrôler la décapitalisation
du cheptel afin d'en sauvegarder une population minimale pour la reproduction.
Les informations collectées sont analysées par les services de cette direction
en vue d'élaborer les scénario nécessaires pour la prise de décisions en matière
de sauvegarde et de protection du cheptel. Un rapport hebdomadaire est établi
sur l'évolution de la situation et l'ampleur de l'impact de la sécheresse sur
les productions animales. Ce rapport est transmis au Ministre de l'Agriculture.
Les objectifs du programme de sauvegarde du cheptel visent à combler une partie
de ce déficit fourrager compte tenu que les éleveurs sont dans l'incapacité
financière de faire face àdes achats importants d'aliments pour sauvegarder
la totalité de leurs troupeaux.
Mesures concernant l'approvisionnement en eau. Sur la base d'une estimation
sur les déficits moyens en précipitation sur l'ensemble du pays, des estimations
concernant les apports d'eau aux barrages, la situation des réserves d'eau
stockée dans les retenues de barrages, la situation piézométrique des
principales nappes souterraines, la Direction Général de l'Hydraulique fait
l'évaluation de l'ampleur des problèmes d'approvisionnement en eau tout au
long de la période de sécheresse qui permet de déclencher un programme
d'actions comprenant:
-
l'alimentation en eau potable des zones urbaines les plus touchées par
la sécheresse
-
l'alimentation en eau potable du milieu rural par la création de points
d'eau, mobilisation des ressources en eau souterraines
-
l'approvisionnement en eau du bétail
-
un ensemble de mesures relatives à l'économie d'eau décidées au niveau
des comités de vigilance incluant, entre autres, des campagnes de
sensibilisation pour inciter le public à adhérer aux mesures d'hygiène
et d'économie d'eau envisagées.
Mesures visant àaccroître l'emploi. Un des impacts majeurs de la sécheresse
est la perte considérable d'emploi saisonnier agricole et les risques
d'émigration rurale qui en découlent. Dans l'objectif de maintenir un
certain équilibre en zones rurales, le Gouvernement avait inclut dans le
programme sécheresse des activités créatrices d'emploi comme l'aménagement
et la construction de routes rurales, des opérations d'amélioration foncière
consistant essentiellement en l'épierrage des terres, et des opérations
d'aménagement des périmètres de petite et moyenne hydraulique.
Le programme montre que la sécheresse est avant tout une préoccupation
de moyen et long terme. De moyen terme, parce que les mesures prises
dans le programme sécheresse révèlent une préoccupation de ne pas répercuter
les effets de la sécheresse sur la campagne agricole suivante. De long
terme, parce que le programme sécheresse engendre des coûts pour le
Gouvernement et pour l'économie en général qui conduisent àmener une
réflexion sur la nécessité d'intégrer les risques de sécheresse comme
paramètres essentiels dans l'élaboration de politiques et stratégies
économiques du pays.
Stratégie de lutte
A partir des expériences acquises, il ressort que l'organisation des stratégies
àmener dans un programme le lutte contre les effets de la sécheresse passe par:
-
l'organisation des structures institutionnelles conduisant à une plus grande
efficacité des actions de lutte contre les effets de la sécheresse
-
la mise en place d'outils d'aide àla décision incluant: les outils qui
vont permettre de déclencher un programme d'urgence visant àatténuer les
effets de la sécheresse; et les outils permettant de mieux intégrer les
risques de "sécheresse" dans la planification économique des activités
des zones rurales et permettant de mieux définir des stratégies à moyen
et long terme.
Structure organisationnelle
Une préparation efficace à la sécheresse nécessite une structure organisationnelle
claire où les rôles de chaque entité impliquée dans la lutte contre les effets
de la sécheresse sont bien déterminés. La structure pourrait être définie à
quatre niveaux:
-
un niveau de base comprenant les fournisseurs de l'information qui font
un suivi régulier des indicateurs clé (Comité Agrométéorologique de Suivi
de la Sécheresse)
-
un deuxième niveau dans lequel on détermine l'impact de la sécheresse dans
les différents secteurs de la vie socio-économique du pays (Comité d'Evaluation
de l'Impact de la Sécheresse)
-
au troisième niveau on trouve les autorités qui proposent les mesures à
prendre sur la base des informations reçues (Cellule de Suivi de la Sécheresse)
-
au niveau le plus élevése trouve le Cabinet du Premier Ministre qui, en
concertation avec les Ministères du Plan, des Finances et de l'Agriculture,
autorisent les actions d'urgence et propose au Gouvernement un plan
d'intervention à moyen et à long terme afin de atténuer les effets de
la sécheresse.
La création d'une cellule permanente au niveau central pourrait mieux
préparer l'économie nationale aux sécheresses futures et mieux coordonner
l'ensemble des stratégies de lutte contre les effets de la sécheresse
définies dans les différents secteurs. Cette cellule ne peut fonctionner
sans des liaisons biens établies avec les nombreux acteurs, qui interviennent
à tous les niveaux (local/national, sectoriel). Ces liaisons doivent, d'une
part, permettre des flux d'information nécessaires à la prise de décision et
d'autre part, permettre de mettre en place rapidement et d'une manière
coordonnée les actions d'un programme de sécheresse.
Les liaisons entre les différents acteurs, leurs responsabilités respectives
("qui fait quoi"), les informations nécessaires à la prise de décision et le
flux d'information peuvent être définis a priori dans un plan de préparation
à la sécheresse.
Dans son rôle de coordinateur de la stratégie nationale de lutte contre la
sécheresse, la Cellule de Suivi de la Sécheresse doit être en mesure d'inciter
certaines recherches ou de favoriser l'émergence de nouvelles technologies
visant à développer des stratégies efficaces de lutte contre les effets de
la sécheresse. Ceci nécessite une collaboration étroite et permanente non
seulement avec les différents ministères et directions, mais aussi avec les
instituts de recherche et de formation.
Il est nécessaire de mettre en place une structure organisationnelle qui
permette à cette cellule de jouer pleinement ses divers rôles, notamment:
-
l'identification de toutes les entités intervenues au niveau national et
local/provincial dans la préparation et la mise en oeuvre du programme
sécheresse;
-
l'examen détaillé des informations qui ont conduit au déclenchement du
programme d'urgence ainsi qu'à son élaboration et l'évaluation de leur
adéquation aux actions élaborées dans le programme sécheresse;
-
en collaboration étroite avec les différentes directions techniques, la
définition des informations nécessaires à la prise de décision pour le
déclenchement d'opérations d'urgence liées à la sécheresse;
-
l'analyse de la circulation des informations, la mise en lumière des faiblesses
du réseau actuel et proposition d'un système de circulation de l'information
efficace (réseau, périodicité, forme);
-
l'examen des mécanismes de financement du programme et propositions visant à
faciliter la mise en oeuvre d'un programme sécheresse;
-
l'examen des mesures législatives liées à la mise en place d'un programme de
sécheresse et propositions visant à accroître la rapidité de la mise en oeuvre
du programme;
-
l'élaboration d'un plan détaillé de préparation à la sécheresse, définissant
pour chaque entité/acteur les responsabilités aux niveaux national et local
concernant la fourniture d'informations, la prise de décisions et la mise en
oeuvre d'actions et précisant les flux d'information, les informations
nécessaires, les actions d'urgence à mener et les moyens à mobiliser;
-
l'identification des différents acteurs travaillant sur la définition à long
terme de stratégies de lutte contre la sécheresse et mise en place d'une
structure de concertation en liaison avec la cellule de suivi de la sécheresse
pour la préparation d'une stratégie nationale à long terme de lutte contre les
effets de la sécheresse.
Les outils d'aide àla décision
La Comité Agrométéorologique de Suivi de la Sécheresse ne peut pas jouer son
rôle sans le développement d'outils spécifiques d'aide à la décision. Cette
phase passe par trois étapes. D'abord, une importance fondamentale doit être
accordée à la mise en oeuvre d'un système d'information pour créer une
stratification de base comprenant la référence géographique et les données
spécifiques sur l'état des ressources agricoles, pastorales, forestières et
en eau. A partir de cette stratification de base, on peut donc déterminer les
zones à risque et les indicateurs cléqui puissent donner le préavis de
sécheresse dans les différentes zones du pays. Ensuite, les informations
qui sont recueillies en temps réel sont superposées à la stratification de
base pour suivre la situation globale, mais avec un niveau du détail très
élevé. En fin, l'information doit arriver rapidement aux décideurs d'une
façon conforme à leur besoins.
Comme on l'a déjàremarqué, la sécheresse météorologique joue le rôle prémonitoire
dans un programme de lutte contre les effets de la sécheresse. Il est évident
que, dans un programme de stratégie à court terme (c.à.d., pendant la saison
en cours), àmoyen terme (c.à.d., de la saison en cours à la saison suivante)
et à long terme (c.à.d., calésur plusieurs années), les outils d'aide à la
décision doivent surtout se baser sur l'analyse des variables météorologiques
et de l'état de la végétation. L'utilisation de techniques qui sont déjà en
application, doit être exploitée au maximum. On se réfère, en particulier, à
l'utilisation de la télédétection spatiale combinée avec des modèles
agrométéorologiques. La chaîne dans laquelle l'information doit circuler est
claire. L'information de base doit être recueillie et analysée par des
institutions auxquelles la maîtrise de ce type d'information a été confiée.
Puis, l'information ainsi élaborée doit transiter par des institutions qui
puissent l'adapter aux besoins des utilisateurs finaux. En même temps,
l'information de base doit aussi servir àmieux étudier les cycles de la
sécheresse et leur causes pour rendre les informations obtenues plus performantes.
Bénéfices de l'information
météorologique
Afin que le programme de stratégie puisse aboutir à un rapport favorable
coût/bénéfice, on doit essayer de quantifier les bénéfices selon les trois
différentes classes de temps: à long terme (tendance de 1 à 10 années), à
moyen terme (de 3 mois à 1 année) et à court terme (de 5 jours à 3 mois).
Plusieurs factors déterminent l'impact économique de la sécheresse: les
conditions économiques courantes, la politique sur l'environnement, la gestion
des ressources en eau, les prix des denrées alimentaires, l'importance des
cultures pluviales et irriguées par rapport à la politique agricole, la
synchronisation de la sécheresse par rapport aux phases phénologiques des
cultures, les niveaux des réserves céréalières, la gravité de la sécheresse.
Les caractères de l'information météorologique
Les utilisateurs finaux reçoivent l'information météorologique dans une forme
élaborée (c.à.d., la prévision) qui leur permet de décider les actions qui
seront à prendre. Evidemment, la prévision doit être conforme aux besoin des
utilisateurs et, surtout, satisfaire à leur confiance. Une prévision qui ne
remplit pas ces besoins ne permettra d'aboutir à aucune décision et, par
conséquence, la prévision n'aura aucune valeur. La qualité d'une prévision
est basée sur quatre caractères:
-
la fiabilité, qui permet de mesurer la qualité sur la base des taux de
réussite de la prévision;
-
la précision, qui donne le détail de la prévision du point de vue quantitatif,
géographique et dans l'échelle temporelle;
-
l'opportunité, qui ne mesure pas seulement le temps dans lequel la prévision
est délivrée, mais surtout le temps que les décideurs ont à leur disposition
avant de pouvoir prendre une décision;
-
la clarté, qui exprime la relation entre l'information et sa correcte
interprétation par les utilisateurs.
Il existe une certaine incompatibilité entre ces quatre caractères, comme,
par exemple, entre le temps nécessaire à préparer la prévision et sa précision:
la précision augmente avec le temps qu'on a à disposition. Du point de vue
des utilisateurs, la fiabilité est fondamentale pour déterminer la qualité
de la prévision; mais, très souvent, les fournisseurs de l'information
cherchent d'augmenter la précision de la prévision au détriment de sa fiabilité.
Au contraire, les utilisateurs préfèrent moins de précision mais plus de
fiabilité, en particulier en ce qui concerne des prévisions à long terme.
En général, sur l'échelle temporelle, en se rapprochant des prévisions à court
terme, la nécessité augmente d'avoir à la disposition des prévisions plus
précises. Ce point est particulièrement important étant donné que il y a, de
la part des fournisseurs de l'information, l'ambition logique d'augmenter la
qualité des prévisions et, pour cela, le temps nécessaire à la préparer
s'allonge; de la part des utilisateurs, le besoin d'avoir les prévisions dans
les meilleurs délais. La clarté des informations qui sont fournies est un
autre point très important à souligner étant donné que, très souvent, les
prévisions sont soumises dans une forme qui peut mener facilement à des
ambiguïtés suite à l'utilisation d'une terminologie trop technique ou à
l'utilisation des échelles de probabilité ce qui rend plus difficile son
interprétation.
Prévision àlong terme
Des informations fiables sur la qualité des saisons à venir peuvent évidemment
baisser le dégrée d'incertitude sur les programmes à long terme et donc
faciliter la préparation et l'exécution de meilleures politiques, des
planifications et des investissement. La prévision à long terme donne la
confiance nécessaire pour démarrer les stratégies de prévention, de gestion
ou/et d'atténuation de l'impact de la sécheresse et, en particulier, le
développement national, les plans sectoriels et les projets d'investissement
de capitaux.
Prévision àmoyen terme
La prévision à moyen terme est celle pour laquelle les bénéfices sont les
plus importants. Ces bénéfices sont référés à l'amélioration des outils
tels que les systèmes d'alerte rapide, à la rationalisation des planifications
des réserves céréalières stratégiques et l'amélioration des échanges des
denrées alimentaires entre les pays de la région. Pour la première fois,
ceci donne aux Gouvernements la possibilité d'intégrer la variabilité
climatique dans le processus de gestion économique.
Prévision àcourt terme
La prévision pendant la saison en cours a une importance fondamentale dans
l'amélioration des modèles de prévision des rendements des cultures. Une
meilleure prestation de ces modèles, avec une résolution majeure tant à
l'échelle spatiale que temporelle, pourrait fournir des informations plus
fiables au cours de la saison. Ces informations, intégrées avec d'autres
telles que le zonage et l'occupation des sols, sont à la base d'un système
d'alerte précoce.
Conclusions
Cette présentation a essaye de donner un cadre général de la stratégie de
lutte contre les effets de la sécheresse à envisager dans un pays exposé à
ce risque. La stratégie de lutte contre les effets de la sécheresse passe
par l'intégration des efforts des tous les partenaires et par l'organisation
des structures institutionnelles conduisant à une plus grande efficacité des
actions de lutte contre la sécheresse.
La structure d'action et de planification pourrait être définie à quatre
niveaux: le Comité Agrométéorologique de Suivi de la Sécheresse; le Comité
d'Evaluation de l'Impact de la Sécheresse; la Cellule de Suivi de la Sécheresse;
et le Cabinet du Premier Ministre.
Les fournisseurs de l'information de base et les utilisateurs de l'information
élaborée doivent posséder les outils d'aide à la décision incluant les outils
qui vont permettre de prévoir un état de sécheresse et de déclencher un
programme d'urgence visant à atténuer les effets de la sécheresse. A moyen
et à long terme, ces outils doivent permettre de mieux intégrer les risques
de "sécheresse" dans la planification économique des activités des zones rurales.
Il est bien évident que les météorologues et les climatologues jouent un rôle
très important dans l'organigramme par les effets que les information collectées
par le réseau météorologique et obtenues par les satellites peuvent avoir sur
les décisions qui devront être prises à court terme et sur la future
planification socio-économique du pays.
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