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"Nous n'avons plus faim"
Avec l'aide de la FAO, une communauté de lépreux pratique l'agriculture et la pisciculture dans une banlieue de New Delhi Delhi neighbourhood
7 juin 2004, Shahadra/New Delhi, Inde -- A travers la brume jaunâtre du petit matin, cette scène pourrait être celle de n'importe quelle ferme de l'Inde rurale. De petites parcelles de moutarde, d'épinards et de choux alignés en rangs réguliers. Des silhouettes au dos voûté se déplacent entre les lignes, arrachant les mauvaises herbes et surveillant les racines. Un petit groupe d'hommes s'affaire autour d'un tracteur. Derrière eux, des oies glissent majestueusement sur la surface d'un étang qui regorge de poisson destiné à la vente au marché de New Delhi.

A y regarder de plus près, cependant, on note d'autres détails: pieds bandés, doigts manquants, vieilles cicatrices, quelques difficultés à se déplacer... Et puis la ferme, cernée de tous côtés par des structures en parpaing sans fin et des rues embouteillées.

Cette ferme est administrée par des lépreux, membres d'une coopérative d'entraide constituée d'environ 140 familles qui vivent dans une colonie du gouvernement à l'est de Delhi, dans l'immense périphérie urbanisée de la deuxième ville d'Inde.

"Lorsque nous sommes arrivés ici, il n'y avait strictement rien, c'était le désert", explique Nathiyadevi, 61 ans, une patiente lépreuse qui vit dans cette colonie depuis sa fondation, il y a une vingtaine d'années.

Aujourd'hui, quelque 6 000 personnes vivent à Shahadra. Elles ne sont pas toutes malades. Il y a aussi les enfants des lépreux (la maladie n'est pas toujours transmissible), et d'autres sont simplement venus s'installer dans le quartier qui s'est développé autour des casernements reconvertis qui formaient la colonie originale.

Avant de venir s'installer à Shahadra, Nathiyadevi vivait dans une institution de New Delhi, gérée par Mère Teresa, où elle travaillait comme femme de ménage. Elle est arrivée en ville avec son mari et ses enfants, après que ses beaux-parents l'aient chassée à cause de sa maladie.

Cela n'a pas été facile, se souvient Nathiyadevi, même avec le logement, la nourriture et les médicaments fournis gratuitement par le gouvernement. "Nous n'avions qu'une ration [de nourriture]. Et avec les enfants, ce n'était pas suffisant."

Sécurité alimentaire maison

Mais au début des années 90, les choses ont commencé à changer, grâce surtout à un projet de la FAO qui a aidé un groupe d'habitants de la colonie à convertir les terres incultes à la production agricole afin de cultiver des produits à vendre et à consommer.

Aujourd'hui, la ferme est une affaire florissante, et la coopérative connue sous le nom de "Gandhi Leprosy Society" produit une grande variété de céréales et de légumes, notamment riz, blé, moutarde, chou-fleur, laitue, choux, épinards, pommes de terre, tomates, carottes et ail.

La terre est divisée en 16 parcelles, dont les familles ont la charge. La production est ensuite répartie équitablement entre la famille et la coopérative.

Avec sa part, l'Association fait don d'une ration alimentaire mensuelle aux membres qui sont trop handicapés pour pouvoir travailler. D'autres habitants de la communauté peuvent acheter la production à la moitié de sa valeur marchande. Les semences sont achetées sur place, et ce qui reste est réinvesti dans l'exploitation.

"Au début, il n'y avait qu'un petit groupe qui travaillait dans les champs, mais quand les autres ont vu que ça marchait, ils sont venus donner un coup de main", dit Nathiyadevi. "En plus, avant, nous devions aller nous-mêmes au marché vendre notre récolte - maintenant, les gens viennent directement ici."

L'affaire marche si bien, en effet, que la coopérative a pu réinvestir dans d'autres projets et diversifier ses opérations.

Pour en savoir plus sur la Gandhi Leprosy Society de Shahadra et comment elle améliore la sécurité alimentaire de sa communauté locale avec l'aide de la FAO et du Rotary, lisez les autres récits dans les liens à droite.

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"Nous n'avons plus faim"

Petit poisson deviendra grand

Effet de vague

Reportage photographique

Contact:

George Kourous
Chargé d'information, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168

Raghu Rai/Magnum Photos pour la FAO

Tandis que Surinder Singh, membre de la Gandhi Leprosy Society, travaille dans les champs familiaux, sa mère porte des pousses de moutarde à la maison pour le déjeuner

Raghu Rai/Magnum Photos pour la FAO

Les champs de la coopérative sont divisés en 16 parcelles, confiées aux différentes familles. La production est répartie équitablement entre les familles et l'Association.

Raghu Rai/Magnum Photos pour la FAO

La ferme est cernée de tous côtés par des bâtiments. "Nous avons des problèmes avec le système d'égouts", explique Radysham Singh, que l'on voit ici au volant du tracteur. "L'an dernier, nous avons perdu une récolte entière de riz."

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Dans une des communautés les plus pauvres de New Delhi, la faim est en régression depuis qu'un groupe d'habitants produit sa propre nourriture avec l'aide de la FAO.
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