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En Sierra Leone, les handicapés prouvent qu'infirmité ne veut pas dire incapacité
La FAO aide les invalides de guerre et autres handicapés à améliorer leurs moyens d'existence et à prendre part au développement de la communauté
3 décembre 2004, Rome - En Sierra Leone, où dix ans d'hostilités et de mutilations de civils ont aggravé le problème des handicaps, un projet de la FAO inculque aux personnes handicapées des zones rurales des qualifications techniques et professionnelles afin qu'elles soient à même de contribuer au bien-être de leur ménage et au développement de leur communauté.

Jusqu'à présent, 60 handicapés ont été formés au métier de forgeron, à la transformation d'aliments et à d'autres activités rémunératrices. Ceci leur permettra de gagner leur vie correctement, preuve que les handicapés peuvent apporter d'importantes contributions à leur famille et communauté, un message sur lequel la FAO insiste pour la Journée internationale des personnes handicapées.

Proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1992, la Journée internationale des personnes handicapées est célébrée chaque année le 3 décembre afin de faire prendre conscience des problèmes de handicaps.

Elle entend également renforcer la sensibilisation sur les avantages pouvant être obtenus de l'intégration de personnes handicapées dans tous les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle.

Un rôle à jouer

Avec un capital de démarrage et des intrants fournis par la FAO, quatre centres de formation et de production ont été constitués dans les districts de Bo, Bonthe, Tonkolili et Port Loko. Les centres appartiennent et sont administrés à part entière par les handicapés, avec le soutien des anciens de la communauté. Des services consultatifs sont fournis par les agents de vulgarisation gouvernementaux des ministères de l'Agriculture, des Affaires sociales, de la Santé et de l'Education.

"Le projet a permis aux handicapés d'être reconnus au sein de leur communauté", explique Sam Allie, coordonnateur national du projet. "La communauté constate qu'ils sont en mesure de contribuer et ne sont pas juste un fardeau pour leur famille. Et les handicapés peuvent maintenant nourrir l'espoir d'avoir un rôle à jouer et d'être acceptés."

Le métier de forgeron a été retenu comme catégorie prioritaire pour la formation; d'une part, parce que c'est une activité qui peut être facilement pratiquée par les handicapés, et d'autre part, en raison de son importance dans la société sierra-léonienne. Etant donné que ce sont ces artisans qui fabriquent et réparent les outils agricoles, leur rôle est fondamental dans les zones rurales.

"Dans les communautés rurales de Sierra Leone, les forgerons sont source d'espoir et d'inspiration car ils contribuent à l'agriculture", explique M. Allie.

"Une goutte d'eau dans la mer"

Avec un nombre total d'handicapés en Sierra Leone estimé à 250 000, soit environ 4 pour cent de la population totale, M. Allie admet que ce projet ne représente qu'un début très modeste. "Vu l'ampleur du problème, c'est une goutte d'eau dans l'océan", dit-il.

Mais la goutte commence à avoir un effet de vague. Les 60 personnes formées initialement ont d'ores et déjà commencé à former d'autres membres de la communauté. Pour les aider, la FAO a réalisé un manuel de formation sur les activités rémunératrices basées sur l'agriculture pour les handicapés ruraux.

On envisage également, au cours des six prochains mois, d'étendre ces activités à un public plus vaste d'handicapés, mais il faudra des fonds supplémentaires pour appuyer un élargissement des activités, ajoute M. Allie.

Il fait remarquer que le recensement national qui démarre ce mois-ci comprendra, pour la première fois, des questions spécifiques liées aux handicaps, ce qui donnera un tableau plus rigoureux de l'ampleur du problème.

Une fois que les statistiques basées sur les résultats du recensement seront disponibles, la FAO a l'intention de constituer une base de données sur les handicaps dans le pays pour savoir qui sont les handicapés et où ils se trouvent, afin de mieux répondre à leurs exigences.

Le projet, mis en oeuvre en collaboration avec les ministères de l'Agriculture et des Affaires sociales ainsi qu'avec une ONG locale, Movement for Assistance and Promotion of Rural Communities Development (MAPCO), a en outre suscité l'intérêt d'autres organismes, comme Handicap International qui a fourni des fauteuils roulants et des prothèses pour les participants.

Partenariat volontaire pour les enfants handicapés

En juin 2004, lors de la cérémonie d'inauguration du centre d'établis de forgerons et de micro-entreprises construit par la FAO dans la ville de Lunsar (District de Port Loko), le personnel de la FAO en Sierra Leone a été atterré par les difficultés des enfants handicapés et leur nombre accablant.

Ils ont alors décidé de lancer un projet pilote de partenariat volontaire: le Fonds Invest to save disabled children (Investissons pour sauver les enfants handicapés) et l'ont présenté à l'équipe locale des Nations Unies qui a formé un groupe de travail pour faire démarrer l'initiative.

M. Allie estime qu'il y a 400 enfants handicapés à Lunsar, dont environ la moitié d'âge scolaire, mais seulement 10 à 15 pour cent de ces enfants vont à l'école. "Nous avons pensé qu'il fallait faire quelque chose pour intégrer ces enfants dans le système scolaire", raconte-t-il.

Pour les handicapés de Lunsar, le manque d'instruction est aggravé par l'absence d'une organisation locale ou internationale en mesure de fournir des services de base, par le manque de structures sanitaires et éducatives accessibles et par la prévalence de la pauvreté qui empêche les parents des enfants handicapés d'envoyer leurs enfants à l'école.

"Il faut former les enseignants pour travailler avec les enfants handicapés et élaborer des programmes d'études répondant à leurs besoins; il faut installer des rampes d'accès et faire d'autres travaux au niveau des bâtiments scolaires pour les rendre accessibles aux élèves handicapés; et les parents ont besoin d'aide pour payer, entre autres, les frais de scolarité", a affirmé le coordonnateur du projet. "Le fonds sera là pour répondre à ces exigences et améliorer la qualité de vie des enfants handicapés et de leur famille."

L'initiative de partenariat volontaire, qui sera officiellement lancée très prochainement, établit une collaboration étroite entre le personnel des organisations des Nations Unies, des ONG, des institutions gouvernementales, des organisations locales et, surtout, les membres de la communauté.

Elle vise à intégrer les enfants handicapés dans les programmes de développement et à garantir les moyens d'existence de leur famille par l'éducation et la formation, les soins de santé, l'assistance sociale et les activités génératrices de revenus.

Contact :
Teresa Buerkle
Chargée d'information, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146

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Teresa Buerkle
Chargée d'information, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146

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