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Relancer le secteur de l'aquaculture frappé par le tsunami à Aceh
Plus de la moitié des 44 000 hectares d'étangs à poissons ont été détruits
16 mars 2005, Banda Aceh, Indonésie - Dès que Sugeng Raharjo a vu la première vague déferler sur ses installations aquicoles, il a saisi sa caméra - et en quelques minutes a filmé la destruction de 20 ans de travail minutieux.

En tant que responsable du Centre d'aquaculture Brackish-water sur la côte nord-est de la province indonésienne d'Aceh, M. Raharjo était chargé de créer une ferme-modèle pour l'élevage de crevettes géantes, de crabes à carapace molle et d'espèces prisées comme le mérou et le chanos.

Les vagues qui se sont abattues sur le Centre ont non seulement coûté la vie à sept employés et détruit la plupart des édifices, mais ont aussi balayé tous les alevins et les larves de crevettes élevés dans les bassins environnants.

La FAO, grâce à un financement de quelque 2 millions d'euros du Gouvernement italien, travaille avec l'équipe indonésienne de M. Raharjo pour restaurer le site endommagé qui s'étend entre deux petits villages côtiers, paysage paradisiaque jusqu'à il y a peu de temps.

La province la plus touchée

De tout l'Océan indien, la province d'Aceh a été la plus touchée par le séisme et le raz-de-marée du 26 décembre dernier. Le tsunami a rasé les digues de terre des étangs à poisson qui ont été submergés de débris et de boue souvent toxique.

Selon une enquête de la FAO, plus de la moitié des 44 000 hectares d'étangs piscicoles d'Aceh ont été détruits. Par bonheur, les bassins à poissons en béton sont intacts.

Quelque 27 000 hommes et femmes gagnaient leur vie grâce aux étangs (ou tambaks, en indonésien). Nombre d'entre eux et leurs familles font partie des 235 000 personnes mortes ou portées disparues en Indonésie à la suite du tsunami. La plupart des survivants vivent dans des tentes de fortune et des baraques installées à la hâte par le gouvernement.

Rebâtir le secteur de l'aquaculture - une des activités les plus lucratives d'Aceh - est une entreprise non seulement colossale mais controversée. Les petits producteurs locaux qui tirent des revenus stables d'un étang d'un hectare ou même plus petit doivent rivaliser avec les plus grandes firmes commerciales pour les mêmes terres gorgées d'eau.

Introduire des pratiques plus responsables

David James, membre de l'équipe de la FAO qui étudie tous les aspects du secteur halieutique à Aceh, fait remarquer que les firmes commerciales peuvent créer des emplois dont il y a grand besoin dans la région. "Mais elles ont tendance à surpeupler les étangs. Et en cas de problème, comme une maladie, elles ferment tout simplement leurs portes et se transfèrent ailleurs, laissant des tas d'employés au chômage."

Les petits pisciculteurs ont aussi le tort d'avoir de mauvaises pratiques aquicoles mais au moins, pour utiliser les mots d'un volontaire s'occupant de restauration des étangs à poissons, "les dégâts potentiels sont à une échelle bien plus réduite".

Pour faire revivre les étangs, il ne suffit pas de reconstruire ce qui a été détruit.

"En dehors de la remise en état des infrastructures (étangs, réseaux d'alimentation en eau et systèmes de drainage), des pratiques d'aquaculture plus responsables s'imposent", insiste Mike Phillips, un expert d'aquaculture de la FAO qui travaille avec l'équipe de M. Raharjo.

"Le Centre a un rôle nouveau et important à jouer pour instituer des pratiques responsables dans la province", explique-t-il. "L'enjeu consiste à rendre le centre écologiquement viable, plus qu'il ne l'était avant la catastrophe, pour affronter la situation présente."

M. Raharjo convient que le Centre doit adopter une nouvelle optique: "Nous souhaitons rehausser la production à 70 pour cent de notre activité, contre 50 pour cent auparavant", dit-il. "Les pisciculteurs viendront chercher au Centre leurs stocks de poisson et de crevettes."

Mais M. Raharjo entend également reconstruire ses installations de recherche, dont le matériel sophistiqué doit maintenant être remplacé. Un des avantages est que les appareils de tests génétiques, vitaux pour la protection des stocks contre les maladies, seront de conception plus moderne que ceux dont disposait le Centre depuis sa fondation en 1985.

Le Centre devra décider où implanter les nouvelles installations, et les travaux de reconstruction pourraient durer un an.

Où construire les nouvelles installations?

Les pisciculteurs pourraient être limités quant à l'emplacement de reconstruction des étangs. Afin de préserver l'environnement et de protéger les communautés côtières des risques liés aux tsunamis, les autorités indonésiennes sont en train d'étudier la possibilité de proclamer certaines zones côtières réservées à un usage spécifique tel que conservation, habitations et activités commerciales.

Le pisciculteur Sofian Ahmad, accroupi sur une digue endommagée près du Centre d'aquaculture, écoute un responsable de la FAO expliquer comment il pourrait tirer des avantages du zonage. Sofian dit qu'il entrevoit l'intérêt de ce plan, mais ajoute: "Il nous faut un endroit où aller."

Il se retourne vers les étangs emplis de vase et son regard embrasse une zone qui a subi moins de dégâts car protégée par un massif de mangroves près de la plage.

Les mangroves offrent un habitat naturellement saumâtre pour les poissons, mais une grande partie des mangroves d'Aceh ont été abattues au fil des ans, justement pour y installer les étangs.

Le long de la côte à Krung Jaya, des équipes de nettoyage sont à l'oeuvre pour faire revivre une installation hautement spécialisée, à l'autre extrêmité de l'échelle commerciale.

L'usine employait 400 personnes - pour la plupart des femmes - pour fileter les thons, un produit de choix expédié ensuite frais ou congelé au Japon. L'usine d'Aceh était un emblème de comment la pêche peut produire de véritables bénéfices sur le plan commercial.

Nombre des hommes qui pêchaient le thon en mer attendent encore de savoir s'ils auront de nouvelles embarcations et de nouveaux engins - et qui fabriquera les 60 tonnes de glace dont ils ont besoin pour conserver leurs prises.

Pendant ce temps, le Centre d'aquaculture entend relancer Aceh comme un des sites les plus prestigieux de reproduction de l'Asie du Sud-Est pour les poissons et crustacés de qualité supérieure.

Contact:

Bureau Relations médias, FAO
media-office@fao.org
(+39) 06 570 53625

FAO/J. Toye

La FAO collabore avec les autorités locales pour évaluer les dégâts et planifier la remise en état

FAO/J. Toye

Examen des dégâts au centre d'aquaculture de Banda Aceh

FAO/J. Holmes

Silhouette solitaire dans les décombres de l'usine de transformation du poisson de Krung Jaya

FAO/J. Holmes

Etangs à poissons et systèmes d'alimentation en eau et de drainage du centre d'aquaculture détruits par le tsunami

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Plus de la moitié des 44 000 hectares d'étangs à poissons ont été détruits
Le tsunami de décembre 2004 a détruit plus de la moitié des fermes piscicoles de la province d'Aceh en Indonésie. Grâce à l'aide de l'Italie, la FAO travaille avec les équipes indonésiennes pour restaurer un centre de recherche aquacole afin d'aider à remettre sur pied le secteur et promouvoir l'utilisation de méthodes d'aquaculture responsables.
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