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A qui appartient la terre?
Conflits inévitables entre populations locales, rapatriés et investisseurs au Sud-Soudan
13 janvier 2006, Camp de Pulcam, Soudan – Même une ville reculée du Sud-Soudan n’échappe pas au changement, comme a découvert Gabriel Markoy lorsqu’il a fait retour à son pays après 21 ans d’exil.

“Lorsque je suis rentré, le gouvernement avait décidé que ma terre faisait partie du plan d’expansion de la ville”, dit-il depuis sa nouvelle habitation dans le bush, à 10 kilomètres de sa ville natale de Rumbek. “Ils voulaient construire sur mon terrain, ils nous ont donc attribué des terres ici.”

Le Camp de Pulcam abrite 70 familles d’exilés rentrés au pays, soit environ 450 hommes, femmes et enfants qui vivent de rations du Programme alimentaire mondial. Ils espèrent que les sols noirs fertiles pourront leur offrir un gagne-pain viable. Grâce aux semences et aux outils distribués par la FAO, leur mil et leur sorgho ont bien poussé et leurs parcelles de légumes sont en bonne voie.

Mais la suite de l’histoire montre ce que beaucoup craignent de voir se reproduire dans une région où on attend deux millions de rapatriés et où la terre est régie par des droits coutumiers plutôt que par des titres fonciers.

“Ce site s’est avéré être un ancien pâturage; une nuit, les troupeaux sont revenus, et le lendemain, les animaux avaient dévoré tout notre grain”, se plaint-il.

Bien que les autorités locales soient intervenues et disent que les éleveurs ont accepté de se déplacer, les exilés de retour n’en mènent pas large à coté des gardiens de bestiaux plus nombreux et armés.

Un projet de la FAO aidera le Sud-Soudan à affronter la question du régime foncier.

“La nouvelle constitution du Sud-Soudan affirme que la terre appartient à la communauté. Il y aura une commission chargée de la terre qui élaborera le système de propriété foncière, et le parlement votera les lois nécessaires”, explique le responsable de projet, Michael Oyat. “La FAO, qui a une vaste expérience en matière de régime foncier au Mozambique et en Europe de l’Est, apportera sa contribution à ce processus.”

Les ONG retenues et guidées par la FAO conduiront six études de cas sur plusieurs types de différends sur la terre dans tout le Soudan. Elles utiliseront les méthodologies testées par la FAO pour garantir la pleine participation des paysans sans terres et marginalisés. Le projet récapitulera les résultats, fera ressortir les questions principales et rendra compte aux responsables politiques et partenaires soudanais lors d’un atelier qui se tiendra en 2006.

Comme partout dans le monde, la terre est un enjeu affectif. “La terre est le capital des habitants du Sud-Soudan”, affirme Michael Roberto Kenyi, Directeur de la Planification agricole et de la Coordination interinstitutions dans le nouveau Gouvernement. "C’est une ressource indiscutable, un bien qui soulève les passions si quiconque y touche.”

Contact:

Peter Lowrey
Relations médias, FAO
peter.lowrey@fao.org
(+39) 06 570 52762

FAO/J. Cendon

Un berger surveille ses bêtes dans le Sud-Soudan

Vídeo

Terre brûlée: la FAO au Soudan (mpg)

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Il y a un an, un accord de paix mettait fin à 21 ans de guerre civile au Soudan. Avec le retour escompté au Sud-Soudan de deux millions de rapatriés, le problème de la propriété des terres se posera dans toute son acuité. Un projet de la FAO aidera les autorités locales à affronter la question du régime foncier.
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