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Conserver les mangroves du Cameroun
La FAO aide à améliorer leur gestion
29 mars 2006, Limbé, Cameroun - Catherine Molindo et un groupe d’amies sont propriétaires de la coopérative de transformation du poisson LIWOFISHCO, une petite affaire qu’elles ont elles-mêmes lancée dans cette petite ville portuaire animée de la côte sud-ouest du Cameroun.

A l’aide de fourneaux à bois, les femmes fument le poisson que pêchent leurs familles ou qu’elles achètent aux pêcheurs locaux, avant de le commercialiser localement. Les affaires marchent bien, se réjouit Catherine qui, avec ses amies, voudrait s’agrandir.

“Nous avons deux cuisines, deux fourneaux, et gagnons plus qu’avant", explique-t-elle. "L’argent nous aide à envoyer nos enfants à l’école, à nous habiller, à payer les frais médicaux et à augmenter les fonds d’exploitation”.

Mais en même temps, ajoute-t-elle, elles s’inquiètent du bois qu’elles utilisent dans leurs fours.

C’est le bois des mangroves, des écosystèmes côtiers fragiles du Cameroun; grâce aux travaux de vulgarisation et d’éducation communautaires conduits par la FAO et d’autres organismes, ainsi que des ONG qui opèrent sur place, Catherine et ses partenaires sont conscientes de la nécessité de conserver les ressources de mangroves de leur pays.

Elles se préoccupent du fait que plus leur entreprise grossit, plus elles auront besoin de bois pour fumer le poisson, ce qui se traduira par la surexploitation et la dégradation des forêts de mangroves.

Selon une récente étude de la FAO, les superficies de mangroves dans le monde ont reculé, passant d’environ 18,8 millions d’hectares en 1980 à 15,2 millions d’hectares en 2005 – essentiellement à cause de la conversion des mangroves à d’autres utilisations, comme l’aquaculture ou l’agriculture. De nombreuses étendues de mangroves ont été également dégradées par la pollution et des niveaux insoutenables de récolte de bois. Le Cameroun – où les mangroves couvrent actuellement quelque 250 000 hectares – ne fait guère exception.

Une autre façon de faire

Un projet de la FAO dans le petit village de pêcheurs voisin de Yoyo offre une solution au dilemme auquel sont confrontées Catherine et les autres femmes de la coopérative.

Le projet, baptisé Gestion participative de la diversité biologique des écosystèmes de mangroves au Cameroun, a enseigné à un groupe de pêcheurs immigrants Nigérians qui vivent à Yoyo une autre façon de faire. Ils ont été sensibilisés aux dangers de la coupe indiscriminée des mangroves et utilisent désormais un type de fourneau pour le fumage du poisson plus économe en combustible, qui leur permet de transformer davantage de poisson tout en consommant moins de bois.

“Si nous utilisions auparavant 20 arbres de mangrove, avec les fourneaux modernes pour la fumaison, il ne nous en faut pas plus de 10 désormais”, déclare Jibi Tedunjaiyé, chef de la communauté nigériane.

Toutefois, il admet également qu’il n’est guère formé à la replantation et à la régénération des mangroves, une activité qu’il entreprendrait, comme beaucoup de ses voisins, bien volontiers. “Je ne sais pas comment on fait, mais si on doit intervenir, je donnerai un coup de main”, dit-il.

Des efforts de protection qui portent leurs fruits

Le projet de la FAO a en outre incité les autorités camerounaises à affronter l’aménagement des mangroves au niveau des politiques en les aidant à élaborer des stratégies pour l’utilisation durable des mangroves en coopération avec les communautés qui en dépendent pour vivre.

Au Cameroun, la FAO travaille également en étroite collaboration avec les communautés locales et les ONG, comme la camerounaise «Wildlife Conservation Society», afin de promouvoir l’utilisation durable des mangroves.

Ces efforts ont contribué à insérer l’aménagement durable des mangroves dans l’agenda politique. Le 13 janvier 2006, le Président Paul Biya a ratifié la Convention de Ramsar sur les terres humides, un traité intergouvernemental qui offre un cadre d’action nationale et de coopération internationale pour la conservation et l’utilisation durable des terres humides, y compris les habitats de mangroves.

Signer la convention peut offrir aux pays l’impulsion politique nécessaire pour apporter des changements. “La convention a permis à un certain nombre de pays de classer zones protégées les mangroves et autres terres humides afin de préserver leurs précieuses ressources”, explique l’expert de foresterie de la FAO Mette Loyche Wilkie.

Soutenir les écosystèmes

Les mangroves de la côte ouest de l’Afrique centrale jouent un rôle important pour diverses raisons.

Outre le bois de feu et le charbon de bois, les communautés côtières dépendent aussi des mangroves pour le bois de construction des logements et des embarcations. De surcroît, les mangroves fournissent du chaume résistant à l’eau pour les toitures, ainsi que du fourrage pour les animaux domestiques.

Et les mangroves remplissent également divers rôles écologiques primordiaux, fait remarquer M. Wilkie.

Une fonction importante des mangroves est de servir de lieux de ponte et de zones d’alevinage pour de vastes populations de poissons et de crustacés, qui servent de nourriture à d’autres animaux et aux hommes.

“Les mangroves fournissent des feuilles au réseau trophique marin, servent d’abri et de lieux de reproduction pour le poisson et les crustacés; ils piègent aussi le limon dû à l’érosion en amont et offrent une protection côtière contre les vents et la houle”, explique M. Wilkie.

Le rôle des mangroves dans la prévention et la réduction de l’érosion du littoral, en offrant aux communautés voisines une protection contre les effets du vent, des vagues et des courants, signifie que là où existent de vastes étendues de mangroves saines, les villages côtiers endurent moins de dégâts, selon l’expert de la FAO.

Mais parce qu’elles sont situées dans les zones côtières, où les densités de population sont généralement élevées, les étendues de mangroves sont fréquemment converties à d’autres usages, notamment la pisciculture, l’agriculture, la production de sel et le développement urbain.

Au Cameroun, la menace principale est l’expansion urbaine; l’accroissement des populations côtières nuit aux ressources en mangroves du pays.


Contact:
Bureau Relations médias, FAO
FAO-Newsroom@fao.org
(+39) 06 570 53625

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Au Cameroun, les mangroves couvrent 250 000 hectares

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La mangrove camerounaise en danger (unk)

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Le bois de feu pour fumer le poisson devrait être utilisé dans une optique durable

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La FAO travaille avec les autorités et les communautés locales du Cameroun pour encourager l’utilisation durable des mangroves et conserver les écosystèmes côtiers fragiles du pays.
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