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Déboires des producteurs de vin géorgiens
Appellations et parts de marché en jeu
20 juillet 2006, Rome - Malgré une tradition viticole qui remonte à plusieurs milliers d’années, le plus grand actif liquide de la Géorgie – le vin, aujourd’hui troisième denrée d’exportation du pays – est en danger, menacé par les contrefaçons et l’incapacité du secteur de diversifier ses marchés.

Les exportations de vin géorgien ont rapporté plus de 80 millions de dollars l’an dernier, mais la fraude continue à miner l’industrie vinicole du pays.

“Sur les marchés internationaux, environ neuf bouteilles sur dix de vin dit géorgien sont des contrefaçons. Plusieurs autres pays utilisent les appellations connues géorgiennes pour vendre du vin qui, en réalité, n’est pas d’origine", indique Emmanuel Hidier du Centre d’investissement de la FAO. “Il est donc capital de protéger les appellations du pays.”

Les contrefaçons vont des cocktails mélangeant spiritueux, colorants et arômes aux vins portant de fausses appellations d’origine. Compte tenu de la faible étendue des zones viticoles où naissent certains des vins d’appellation les plus appréciés de Géorgie, souvent, l’offre n’arrive pas à couvrir la demande, scénario alléchant pour les contrefacteurs.

Des efforts déployés récemment par le Gouvernement de Géorgie pour restreindre les contrefaçons de vin à l’intérieur du pays ont été couronnés d’un certain succès, selon M. Hidier, mais sur les marchés étrangers, la situation n’est guère brillante.

Fermeture du plus gros marché

Pour ne rien arranger, une récente interdiction d’importer le vin de Géorgie décrétée par la Russie a exclu les producteurs vinicoles de leur plus gros marché. Avant l’interdiction, environ 80 pour cent du vin géorgien était exporté vers la Russie.

“L’industrie vinicole géorgienne doit étendre son marché”, affirme Frédéric Julia, un expert international en vins employé par la FAO, qui se rendra à Tbilissi ce mois-ci pour étudier des moyens de le faire.

“L’identification de nouveaux débouchés n’est pas le problème”, ajoute-t-il. “L’UE et l’Amérique du Nord, par exemple, sont des marchés très vastes, mais comment la Georgie pourrait-elle stimuler la demande de ses appellations dans ces pays?”

Qu’y a-t-il derrière un nom?

La FAO soutient le développement du vin géorgien depuis 2000 lorsque, à la demande du Gouvernement, elle a aidé à rédiger la première loi du vin.

Sur le modèle de la stratégie employée par d’autres pays producteurs de vin, la loi géorgienne a instauré un système d’étiquetage d’appellation d’origine, qui donne des informations sur le lieu et les techniques de production du vin, et les vignobles ayant servi à sa fabrication.

“Désormais, chaque parcelle de terre située dans une zone d’appellation dispose d’un passeport et les producteurs doivent montrer d’où viennent les raisins. En principe, ceci devrait permettre la traçabilité du vin jusqu’à l’exploitation”, explique M. Julia.

La FAO s’efforce d’aider à harmoniser le système de traçabilité et à combler les quelques lacunes restantes. Par exemple, bien que des documents soient requis à quasiment tous les stades de la production, aucun document d’accompagnement n’est exigé pour le transport du vin en vrac ou en bouteille à l’intérieur du pays.

Action collective

Un atelier tenu en décembre 2005, organisé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et financé par la FAO et le Canada, a rassemblé les acteurs principaux du secteur viticole géorgien, des responsables du gouvernement aux représentants de l’industrie privée et de la communauté des bailleurs de fonds, pour examiner les moyens de protéger les appellations des vins géorgiens.

“Contrairement aux marques appartenant à des particuliers ou à des sociétés, les appellations sont la propriété commune de la population d’une région”, indique Mamuka Meskhi, Représentant adjoint de la FAO en Géorgie. “De sorte que les sociétés viticoles privées, qui sont les victimes directes des contrefaçons et ont l’argent pour les combattre, et les autorités gouvernementales, qui sont propriétaires des appellations du vin mais manquent de ressources pour les défendre, doivent agir de concert”.

La FAO aide à mettre en place un organe de réglementation public-privé, sur le modèle de ceux existants dans d’autres pays exportateurs de vin, afin d’améliorer l’application de la nouvelle loi géorgienne sur le vin. La FAO aidera en outre à former les fonctionnaires gouvernementaux aux négociations multilatérales et bilatérales, à améliorer la traçabilité du vin en vrac et à transférer le savoir-faire international en matière de protection des appellations.

Un expert de la FAO en composition et analyse des aliments étudiera le réseau de laboratoires du pays pour l’émission de certificats d’analyse du vin.

Selon M. Hidier, les avantages liés à l’application du système d’appellation – en Géorgie, les prix des cépages ont doublé – reviennent à la fois aux petits et aux grands exploitants: “Si vous protégez la qualité de l’appellation, la valeur des raisins grimpe automatiquement, d’où hausse des revenus pour les viticulteurs.”

Contact:
Teresa Buerkle
Relations médias, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146
(+39) 348 141 6671

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FAO/19004/R. Faidutti

L'appellation contrôlée est gage de qualité

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Malgré une tradition viticole qui remonte à plusieurs milliers d’années, le vin de Géorgie est en danger, menacé par les contrefaçons et l’incapacité du secteur de diversifier ses marchés.
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