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La grippe aviaire, une menace pour les moyens d'existence ruraux, la production agricole et la santé humaine
La FAO a mis sur pied une équipe spéciale pour le suivi de la crise, et envoyé des missions d'appui technique dans les pays touchés
L'identification de la grippe aviaire remonte à plus d'un siècle, durant une épidémie en Italie. Depuis lors, la maladie est réapparue à intervalles irréguliers dans toutes les régions du monde. En dehors de la crise actuelle en Asie, de récentes épidémies ont eu lieu à Hong-Kong en 1997-1998 et en 2003, aux Pays-Bas en 2003, et en République de Corée en 2003.

Dès lors que les oiseaux de basse-cour sont infectés, les flambées de grippe aviaire s'avèrent difficiles à endiguer et ont souvent de graves retombées économiques pour les aviculteurs dans les pays touchés, car les taux de mortalité sont élevés et les animaux infectés doivent généralement être abattus - pour empêcher que la maladie ne se propage.

Pour endiguer l'épidémie en Asie, la FAO estime qu'au 2 février 2004, environ 45 millions de volailles ont été abattues dans la région, soit un peu plus d'un pour cent de ses stocks totaux. Toutefois, l'impact peut être dévastateur à la fois pour les économies locales et pour les exploitations avicoles commerciales et les petits éleveurs - en particulier en Thaïlande, où la filière est fortement tributaire du commerce.

En 2003, les exportations de volaille de Thaïlande ont représenté près de 7 pour cent des échanges mondiaux de viande de volaille, pour une valeur d'exportation d'environ un milliard de dollars.

Que fait la FAO pour remédier à la crise?

La FAO met l'accent sur la sécurité sanitaire et la prévention, l'assistance aux pays touchés et la coopération avec d'autres organismes internationaux compétents.

La FAO a mis en place une cellule de crise, sous la direction de son Service de santé animale, pour suivre de près la situation en Asie, offrir aux bureaux de représentation de la FAO dans les pays et aux États membres un appui technique, et faciliter la communication entre les différentes organisations internationales concernées, telles que l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La FAO est également en train de mobiliser des fonds d'urgence qui serviront à détacher des missions d'appui technique dans les pays touchés. Le 2 février, les quatre premières missions - à destination du Cambodge, de la République démocratique populaire du Laos, du Pakistan et du Vietnam - ont reçu le feu vert.

L'Organisation prévoit l'envoi d'autres missions prochainement, au vu des demandes officielles émanant des gouvernements.

Ces missions techniques de la FAO doivent:

- aider les gouvernements à renforcer les capacités de diagnostic de leurs laboratoires;

- renforcer les capacités des pays de conduire des investigations de terrain à la réception de nouveaux rapports d'infection;

- commencer à cartographier les foyers afin de prévoir les schémas éventuels de propagation;

- renforcer la sensibilisation à une manipulation correcte de la nourriture et à l'élimination des volailles;

- offrir des conseils sur la manipulation des volailles malades et, en collaboration avec l'OMS et d'autres partenaires, aider à fournir aux pays l'équipement de protection.

Outre ces missions nationales, la FAO est en train de lancer une initiative régionale ayant pour but d'améliorer la surveillance et le suivi épidémiologiques de la grippe aviaire dans la région.

L'Organisation fait également remarquer qu'une fois la crise résorbée, les pays auront besoin d'une aide pour reconstituer en toute sécurité leurs élevages avicoles.

Les missions d'appui technique seront coordonnées depuis le bureau asiatique de l'Organisation, implanté à Bangkok (Thaïlande). Le bureau régional de la FAO maintient un contact étroit avec les gouvernements nationaux dans la région ainsi qu'avec d'autres organisations internationales compétentes. Il diffuse des avis techniques et aide à coordonner les interventions internationales.

Les représentants de la FAO basés dans chaque pays de la région jouent un rôle déterminant dans la communication et la coordination régionales à cet égard.

En outre, les 3-4 février 2004, s'est tenue à la FAO une réunion d'urgence avec des responsables vétérinaires des pays touchés, des experts internationaux, des représentants de l'OIE, de l'OMS, du Centre des États-Unis pour la prévention et la lutte contre les maladies et d'autres organisations. Objectif: arrêter des directives et suggérer des recommandations plus détaillées pour faire face à la crise aux niveaux national et international.

(Pour en savoir plus sur les initiatives de la FAO, consultez le site Internet de la Division de la production et de la santé animales consacré à la grippe aviaire et aux flambées épidémiques en Asie).


Quelle est l'origine de la grippe aviaire ?

La grippe aviaire peut être causée par une des quelque 23 souches différentes du virus, qui appartiennent toutes au type A de la famille du virus Orthomyxoviridae. Toutefois, les graves épidémies comme celle qui frappe l'Asie actuellement mettent généralement en jeu les souches H5 et H7. Ces souches sont hautement pathogènes- c'est-à-dire qu'elles se propagent aisément - et causent des problèmes touchant tout l'organisme des volailles infectées; d'autres souches attaquent principalement les systèmes respiratoires et ne sont ni aussi contagieuses, ni aussi mortelles que les souches H5 et H7.

Les volailles et les oiseaux ont la même sensibilité à la grippe aviaire. Le virus est vraisemblablement très répandu parmi la faune ornithologique, un peu à la manière de l'Herpès Simplex A, très diffus chez l'homme, qui cause des boutons de fièvre. L'infection est courante, mais les symptômes sont bénins et ne constituent pas un danger mortel. Les flambées fatales éclatent plus fréquemment chez les volailles - qui ne sont pas aussi résistants au virus - lorsqu'une source pathogène s'introduit dans une volée d'oiseaux et qu'il y a contact entre les deux populations.

Une fois que la grippe aviaire s'est installée dans un élevage de basse-cour, elle est fortement contagieuse, et la faune ornithologique ne constitue plus un élément essentiel de la diffusion, fait remarquer la FAO. Le virus se propage en concentrations élevées dans les fientes ou les sécrétions de mucus des volailles. Dès lors que le virus a fait son apparition dans un élevage, il peut se propager à d'autres par les mouvements d'animaux infectés et de matériel contaminé, les camions transportant les aliments pour la volaille ou le personnel.

Dépister l'infection

Les signes d'infection par le virus de la grippe aviaire varient d'un cas à l'autre et dépendent de facteurs tels que la virulence de la souche infectieuse, l'espèce avicole touchée et leur âge et sexe. La période d'incubation oscille généralement entre trois et sept jours.

Dans le cas de la grippe aviaire virulente, la maladie fait son apparition à l'improviste, et de nombreux oiseaux périssent subitement, ou après des signes avant-coureurs anodins: manque d'appétit, plumes hérissées, fièvre.

Mais ce schéma peut varier.

Parfois, les animaux montrent des signes de faiblesse et ont une démarche titubante. Les poules peuvent pondre des œufs à la coquille très fine, puis cesser de pondre complètement. Les oiseaux malades, même s'ils tiennent encore debout, peuvent se trouver dans un état semi-comateux, et ne pas réussir à maintenir la tête droite. Les crêtes et les caroncules peuvent gonfler et virer au bleu avec une légère hémorragie à la pointe. On observe fréquemment une abondante diarrhée et une soif excessive, et parfois, des difficultés respiratoires.

Le taux de mortalité des oiseaux de basse-cour oscille entre 50 et 100 pour cent. En dehors de la mort en série des volatiles, la lutte contre les flambées exige l'élimination des animaux infectés, et la promulgation d'autres mesures - ces pertes et coûts additionnels sont une véritable catastrophe économique pour les éleveurs touchés.

Gestion des flambées épidémiques

Les réponses aux flambées épidémiques doivent être adaptées aux conditions locales; il n'existe pas de remède universel applicable à toutes les situations.

Devant la recrudescence de foyers comme en Chine, la première chose à faire est de renforcer les niveaux de biosécurité afin de limiter les foyers épidémiques et prévenir leur propagation.

En pratique, ceci signifie qu'il faut imposer des interdictions immédiates et temporaires d'exportation de la volaille dans les régions et pays affectés, l'abattage des animaux infectés et la désinfection des installations où l'infection s'est répandue.

Les personnes travaillant dans les exploitations ou participant aux programmes d'éradication, comme l'abattage, devraient éviter d'entrer en contact avec les animaux et devraient porter des vêtements de protection.

Il existe des vaccins qui se sont avérés efficaces dans la réduction de la mortalité ou la prévention de la maladie -ou les deux à la fois- chez les poulets et les dindes.

Selon les experts, réunis à Rome les 3 et 4 février 2004, une campagne de vaccination ciblée des volailles risquant d'être infectées par le virus de l'influenza aviaire hautement pathogène permettrait, dans les pays touchés, de contenir la propagation de l'épidémie. Les experts ont souligné que l'abattage massif des volailles contaminées restait la réponse recommandée dès lors que la maladie est détectée. Mais ils ont ajouté que la vaccination, lorsqu'elle est accompagnée d'autres mesures de contrôle et de surveillance appropriée, fournissait un moyen convenable pour réduire à la fois l'apparition de nouveaux foyers et la charge virale dans l'environnement. De ce fait, le risque diminue de voir la maladie se transmettre aux humains.

A long terme, selon la FAO, la prévention est fondamentale. Elle repose sur de bonnes pratiques agricoles, des programmes de surveillance vétérinaire et sanitaire qui soient en mesure de lancer l'alarme au premier signe d'infection, et des dispositifs permettant une intervention rapide pour contenir les foyers localisés.

La grippe aviaire et l'homme

La grippe aviaire constitue également un grave danger pour la santé publique. C'est une zoonose - c'est-à-dire une maladie animale qui peut se transmettre à l'homme par contact direct avec les animaux infectés.

Même durant les épidémies les plus graves, le virus attaque rarement des populations en grand nombre. Mais à mesure que le nombre de personnes infectées augmente, se profile à l'horizon la possibilité de la création d'une nouvelle souche du virus par un échange entre la grippe humaine et les génomes de grippe aviaire.

Au 28 janvier 2004, l'OMS n'avait préconisé aucune limitation de déplacements vers les pays touchés par le virus H5N1 dans les élevages de volaille, y compris les pays ayant signalé des cas d'infection chez l'homme. Mais l'OMS recommande, en revanche, aux personnes se rendant dans ces régions d'éviter tout contact avec les volatiles, à commencer par les marchés aux oiseaux et les fermes avicoles.


Le Service de santé animale de la FAO a préparé une liste exhaustive de réponses aux questions les plus fréquentes concernant la grippe aviaire, qui fournissent des explications plus complètes. Utilisez les liens à droite pour obtenir des informations sur la maladie et avoir des renseignements supplémentaires sur les efforts déployés par la FAO pour venir en aide aux pays frappés par l'épidémie.

5 février 2004

Suite du dossier…

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Contact:

Stephanie Holmes
Relations médias, FAO >> Pour toute information sur la situation au siège de la FAO
stephanie.holmes@fao.org
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Erwin Northoff
Relations médias, FAO >> Pour en savoir plus sur la situation en Asie
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(+39) 348 2523 616

George Kourous
FAO Information Officer >> Pour en savoir plus sur cet article et la situation au siège de la FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168

Photo FAO

Une fois que les volailles ont été infectées, la grippe aviaire est difficilement maîtrisable. Ses retombées économiques sont catastrophiques pour les aviculteurs des pays touchés.

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La prévention et de bonnes pratiques agricoles sont décisives pour réduire les risques de foyers de grippe aviaire.

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