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L'ennemi aux portes: Sauver fermes et populations de la grippe aviaire
L'Asie est ébranlée par la grippe aviaire qui bouleverse la vie familiale, l'alimentation et l'économie de la région
Les répercussions en chiffres de l'épidémie de la grippe aviaire sont alarmantes, même pour un continent de la taille de l'Asie: plus de 140 millions d'oiseaux sont morts ou ont été éliminés. Les pertes combinées du produit intérieur brut (PIB) sont estimées à 10-15 milliards de dollars.

Depuis début 2005, 42 personnes ont péri de la grippe aviaire. Une étude de la FAO estime que rien qu'au Viet Nam, la maladie a touché 36 000 personnes vivant sur le seuil de la pauvreté et 88 000 qui sont déjà pauvres.

Dix pays sont frappés: Cambodge, Chine, Indonésie, Japon, Malaisie, Pakistan, République de Corée, République démocratique populaire Lao, Thaïlande et Viet Nam.

"La grippe aviaire est beaucoup plus dangereuse que toute autre maladie aviaire", déclare M. Nguyen Duy Long, Directeur du sous-département de santé animale de Long An, au Viet Nam. "Elle est plus longue à déceler que les autres et les pertes économiques sont colossales, bien plus qu'avec d'autres maladies. Dans cette seule province, elle a coûté 200 milliards de dong (12 millions de dollars) l'an dernier."

Sur ce sombre paysage se dessine la menace que le virus puisse s'adapter pour se transmettre d'homme à homme et se propager à travers la planète entière.

"Le péril pour la santé humaine persistera aussi longtemps que le problème subsistera chez les animaux", annonce M. Peter Horby, un expert de santé publique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Hanoï, qui travaille en collaboration étroite avec la FAO dans la lutte contre la grippe aviaire au Viet Nam.

"Il existe d'autres maladies qui se transmettent de l'animal à l'homme, mais la grippe aviaire est le problème le plus pressant. Il est manifeste qu'il s'agit d'un problème endémique et d'un risque véritable pour l'homme", souligne-t-il.

Dans cette série d'articles, ceux qui ont été frappés par la grippe aviaire et ceux qui s'occupent de la lutte contre le virus décrivent les combats et épreuves qu'ils ont traversés, mais aussi les succès remportés. Ce dossier porte sur trois pays durement frappés par la maladie: Indonésie, Thaïlande et Viet Nam.

Les responsables gouvernementaux et les experts des pays touchés savent désormais comment procéder, grâce aux conseils et à l'assistance fournis, durant la première année de l'épidémie, par la FAO, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l'OMS.

Mais sans aide les pays touchés ne peuvent vaincre l'épidémie.

"Je voudrais solliciter une aide des donateurs", dit M. Bui Quang Anh, Directeur général du Département de santé animale au Viet Nam. "Le fort accroissement de la production animale au Viet Nam et l'étendue de nos frontières rendent les mesures de lutte difficiles. Nous avons besoin tout particulièrement d'une aide pour établir le diagnostic, comme par exemple d'équipement de laboratoire pour l'analyse des maladies infectieuses dangereuses."

Dans toute l'Asie, des centaines de millions de dollars sont requis de toute urgence pour renforcer les services de santé animale et les laboratoires, afin d'améliorer le dépistage des virus, assurer des services d'inspection aux postes de contrôle et sur les marchés, commencer à reconstituer les élevages dans les campagnes, restructurer le secteur avicole, et continuer à mener des campagnes de sensibilisation du public pour parvenir à l'éradication.

Ce n'est qu'en maîtrisant le problème chez les poulets et les canards que l'on pourra réduire les risques pour la santé humaine en Asie et dans le monde entier.

La FAO, une référence mondiale pour la santé animale

Depuis sa fondation en 1945, la FAO s'est bâtie une solide réputation d'autorité mondiale en matière de santé et de production animales. Dans les maladies animales transfrontières, l'encadrement et l'expertise fournis par l'Organisation remontent à 1954, lorsque l'Europe d'après-guerre fut ravagée par la fièvre aphteuse.

Durant la crise de la grippe aviaire déclenchée en Asie fin 2003, la FAO a rempli des rôles multiples: assistance technique, conseils sur les politiques, fourniture de matériel de laboratoire, vêtements de protection, formation, coordination des organismes et des donateurs, plans d'intervention, information technique et directives, campagnes de propagande.

L'Organisation travaille en étroite collaboration avec l'OIE et en raison de la menace pour la santé humaine, également avec l'OMS (voir ci-contre Trois organismes valent mieux qu'un).

De nombreux donateurs acheminent les fonds destinés aux opérations d'urgence par l'intermédiaire de la FAO qui coordonne les actions entre les pays touchés et entre les bailleurs de fonds. Une bonne coordination réduit les risques de double emploi, risque toujours présent lorsque les financements proviennent de sources multiples.

Une aide appropriée à point nommé

"La FAO et l'OIE ont détaché des experts dès le début de la poussée épidémique pour nous aider à dresser un plan d'urgence", rappelle M. Bui Quang Anh, Directeur général du Département de santé animale au Viet Nam. "Nous n'avions jamais été confrontés à ce problème auparavant."

M. Anh explique qu'il a pu profiter d'un voyage d'étude de la FAO sur la grippe aviaire aux Pays-Bas en 2003, après que la maladie se soit déclarée dans ce pays mais avant son apparition au Viet Nam.

"La FAO joue un rôle déterminant pour mon pays. Ses conseils techniques ont été extrêmement utiles, notamment pour le diagnostic, la surveillance, le choix des experts, la formation", ajoute Mme Chaweewan Leowijuk, Directrice générale adjointe du Département du développement de l'élevage en Thaïlande.

Les pays en développement ont l'habitude de travailler avec la FAO sur les questions d'élevage, élément fondamental de leurs économies rurales. Comme le dit Tri Satya Putri Naipospos, Directrice de la santé animale en Indonésie: "La FAO est une organisation internationale qui s'occupe de maladies animales transfrontières à l'échelle régionale. Elle a toute l'expertise nécessaire."

Ou encore, selon Mme Carolyn Benigno, vétérinaire du Bureau régional de la FAO à Bangkok: "Quand il y a un problème, les gouvernements asiatiques savent à qui s'adresser."

11 avril 2005
Photo FAO

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Contact:

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peter.lowrey@fao.org
(+39) 06 570 52762

FAO/H. D. Nam

Etalage de canards rôtis à Hô Chi Minh-Ville, Viet Nam

FAO/H. D. Nam

Incinération de carcasses de volailles durant une épidémie de grippe aviaire dans le delta du Mekong, Viet Nam

FAO/S. Khan

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