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Le commerce du poisson, un franc succès pour les pays en développement, mais la situation est-elle équitable?
Il faut des normes équitables de sécurité sanitaire et des programmes de renforcement des capacités
13 février 2004, Brême/Rome -- Depuis 1980, la valeur d'exportation du poisson et des produits de la pêche est montée en flèche, passant de 15 à 57,7 milliards de dollars EU par an, selon le Département des pêches de la FAO.

Pour les pays en développement - dont la part de marché des exportations mondiales de poisson en valeur est légèrement supérieure à 50 pour cent - ce commerce offre une source vitale de revenus. En effet, les chiffres de la FAO montrent que les recettes nettes du commerce du poisson (exportations moins importations) par les pays en développement ont récemment atteint 17,7 milliards de dollars EU., chiffre supérieur à leurs exportations de thé, riz, cacao et café réunies.

"Plus d'un tiers de la production halieutique est destinée au commerce international, et plus de la moitié de ce commerce (en valeur) est le fait des pays en développement", fait remarquer Grímur Valdimarsson, Directeur de la Division des industries de la pêche.

"Ceci prouve ce que les pays en développement sont capables d'accomplir dans le commerce international lorsqu'on les met sur un pied d'égalité", ajoute-t-il.

Des succès, mais encore quelques problèmes

Cependant, la recherche de la FAO montre également que les pays en développement ont encore tendance à se concentrer essentiellement sur les exportations de poisson non transformé. Bien que ces exportations leur rapportent de précieuses recettes, ils pourraient gagner davantage en vendant le poisson transformé qui a une valeur ajoutée.

Et si les pays en développement ne rencontrent pas les mêmes problèmes pour l'exportation de poisson que pour celle de produits agricoles, il n'en reste pas moins des obstacles à surmonter.

Selon Audun Lem, spécialiste FAO des industries de la pêche, la moyenne pondérée des tarifs d'importation sur les produits halieutiques dans les pays développés tourne autour de 4,5%, mais ce chiffre cache un certain nombre de pics tarifaires et de progressivité des droits pour le poisson transformé.

Les pics tarifaires sont des droits qui s'appliquent à certains types de poisson. La progressivité des droits désigne l'augmentation des droits en fonction du degré de transformation d'un produit (par exemple, des prélèvements plus faibles pourraient être appliqués à des crevettes fraîches expédiées en vrac qu'à des crevettes nettoyées et emballées.)

"Les droits d'importation sur les marchés des pays développés continuent par conséquent à constituer une barrière à la transformation et au développement économique des industries halieutiques de nombreux pays en développement", explique M. Lem.

Questions de sécurité sanitaire et d'équité

Outre les tarifs, les "barrières techniques au commerce" peuvent également constituer un obstacle pour les pays en développement qui veulent vendre leurs produits halieutiques sur le marché mondial.

Cela peut se produire lorsque des mesures créées à l'origine pour sauvegarder la santé humaine ou protéger l'environnement - exigeant, par exemple, que les pêches de thon ne nuisent pas aux dauphins ou que le poisson contienne moins d'un certain pourcentage d'une substance nocive - sont faussées. Parfois, cette distorsion a lieu par inadvertance, en particulier dans les filières commerciales complexes. Dans d'autres cas, cela peut être dû à la pression politique exercée pour défendre les marchés intérieurs.

"Des règles de ce genre sont parfaitement légitimes et sont le plus souvent fixées en gardant à l'esprit le but fondamental de la protection de la santé humaine et de l'environnement", indique Lahsen Ababouch, Chef du Service FAO de commercialisation et d'utilisation du poisson.

"Mais en même temps, ces règles devraient reposer sur des fondements scientifiques solides afin d'éviter tout protectionnisme", ajoute-t-il.

Pour concilier ces deux buts, il faut deux choses, déclare la FAO.

Premièrement, les normes devraient être transparentes et fondées sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles. Deuxièmement, il faut des programmes de renforcement des capacités et d'assistance technique pour aider les nations exportatrices à acquérir l'habileté, les compétences techniques et le matériel nécessaires pour répondre aux normes.

"Nous devons nous assurer que les opérations de pêche de capture et d'aquaculture ne portent pas atteinte à l'environnement, et que les stocks de poissons sauvages ne sont pas surexploités. Nous devons absolument garantir que les produits halieutiques sont sans danger pour la consommation", fait remarquer M. Ababouch. "Mais pour atteindre ces buts, la communauté internationale doit être unie, et ceci veut dire aider les nations en développement à renforcer leurs capacités pour se conformer aux normes des pays riches - et garantir que ces règles sont équitables."

L'éco-label

Des normes semblables sont en train d'être étudiées par diverses instances pour garantir que les pêches de capture et l'aquaculture ne nuisent pas à l'environnement.

Dans les systèmes d'étiquetage écologique, le poisson élevé ou capturé conformément à certaines directives environnementales est vendu avec un label spécial, grâce auquel les consommateurs peuvent être sûrs qu'il a été pêché ou élevé dans une optique durable.

Mais si de nombreux observateurs sont favorables à cette idée, une question centrale demeure: qui devrait être chargé de déterminer quels poissons respectent l'environnement, et quelles normes devraient être employées pour rendre cette décision?

Et là aussi, les pays en développement avertissent: ils ont besoin d'une assistance pour se mettre au niveau du point de vue du savoir-faire et des infrastructures.

"Il est également important de garder à l'esprit que la responsabilité de la sécurité sanitaire des produits de la pêche appartient à tous les groupes concernés: ceux qui produisent ou pêchent le poisson, ceux qui le transforment et le conditionnent, et ceux qui le distribuent et le commercialisent", ajoute M. Ababouch. "Il s'agit d'une responsabilité des pays exportateurs comme des pays importateurs."

Un ingrédient-clé pour construire cette chaîne de responsabilité, déclare la FAO, est de mettre en place des systèmes de traçabilité, un moyen d'enregistrer comment et où le poisson a été élevé ou capturé et son lieu et son mode de transformation.

"Il existe un lien direct entre système de traçabilité et étiquetage des aliments", explique Hector Lupin, un spécialiste FAO des industries de la pêche. "Avec de bons systèmes de traçabilité, nous sommes en mesure d'étiqueter les produits de façon plus rigoureuse."

L'enjeu, ajoute-t-il, est de veiller à l'efficacité et l'utilité des systèmes de traçabilité.

"Ils devront être simple et flexibles, afin de renforcer la protection des consommateurs tout en évitant de limiter les échanges plus que le strict nécessaire", dit-il.

Dégager un consensus pour un commerce équitable et durable

Afin d'encourager la coopération internationale sur ces questions, en 1985, la FAO a constitué un sous-comité sur le commerce du poisson.

Organe consultatif des Etats membres de la FAO, le sous-comité se réunit tous les deux ans pour examiner les questions de politique liées au commerce du poisson, partager des informations et émettre des recommandations à la FAO sur les travaux de l'Organisation dans ce domaine.

Le sous-comité se réunit cette semaine à Brême (Allemagne) pendant cinq jours durant lesquels il évoquera un certain nombre de thèmes dont: les possibilités de mise au point de systèmes scientifiques et équitables de suivi de la sécurité sanitaire et d'éco-étiquetage pour les produits de la mer; l'amélioration de la précision de la notification des prises par le secteur halieutique; et la manière d'aider les pays en développement et les petits pêcheurs à améliorer leur accès aux marchés internationaux.

Le 14 février, le sous-comité présentera un projet de rapport à la FAO recommandant à l'Organisation et à ses Etats membres des mesures destinées à promouvoir un commerce mondial en produits halieutiques durable, plus vigoureux et responsable.

Une fois approuvées par la Conférence des Etats membres de la FAO, ces recommandations seront incorporées dans le programme de travail du Département des pêches de l'Organisation, y compris ses programmes d'assistance technique aux pays en développement.

Mais les négociations ne porteront pas seulement à un plan de travail pour le Département des pêches de la FAO, déclare Greg Schneider, délégué des Etats-Unis auprès du sous-comité, qui a été élu à la présidence de la réunion cette année. Elles aideront également à dégager un consensus international sur la gestion la plus responsable possible du commerce du poisson, dit-il.

"Par ce processus de partage d'information et d'examen des politiques, la communauté internationale et la FAO aident à élaborer un programme de travail mondial intégré, prospectif et responsable, pour une politique commerciale sur les produits de la pêche", explique M. Schneider.


Contact:
George Kourous
Chargé d'information, FAO
Tel: (+39) 06 570 53168
Tel. portable à Brême du 9 au 14.02: (+39) 348 141 6802
E-mail: george.kourous@fao.org

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Portable à Brême, 9-14.02:
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FAO/D. Minkoh

La moitié du commerce du poisson (en valeur) est le fait des pays en développement

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13 février 2004 -- Pour les pays en développement, le commerce mondial de produits halieutiques offre une source vitale de revenus et un moyen d'accroître la sécurité alimentaire. Mais la mondialisation du commerce du poisson entraîne la prise en compte de questions fondamentales telles que sécurité des consommateurs, responsabilité environnementale et équité.
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