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Aider les tortues de mer à se libérer des filets
De nouvelles technologies et l'approche par écosystème peuvent aider à protéger les espèces marines en péril
25 mars 2004, Rome -- Les tortues marines peuplent les océans depuis quasiment 60 millions d'années. Cependant, pour de nombreux observateurs, l'inquiétante diminution de leurs populations au cours du siècle dernier pourrait porter à leur extinction.

Si la situation des populations de tortues marines peut varier d'une région à l'autre, et des travaux plus poussés sont nécessaires pour évaluer leur situation réelle, sur sept espèces de tortues marines, trois figurent sur la liste des espèces en voie de disparition et trois autres sur la liste rouge des espèces en danger critique d'extinction de l'Union mondiale pour la nature (UICN). Les sept espèces font partie de la liste de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

Une vaste gamme d'activités humaines met en péril ces doux géants. Une des sources de mortalité des tortues de mer est la pêche: les tortues sont capturées accidentellement par les pêcheurs visant d'autres espèces - un phénomène connu sous le nom de "prises accessoires" - et elles meurent généralement avant d'avoir pu être libérées.

On ne connaît pas avec précision le nombre de tortues de mer capturées comme prises accessoires chaque année. Il est encore plus difficile d'évaluer l'impact relatif des pêches sur les populations de tortues de mer, affirme la FAO, car nos connaissances sur les populations et le rôle d'autres impacts sont plutôt limitées.

"Pour ce qui est des taux de mortalité imputables aux pêches, il y a plus de controverses que de certitudes. Mais on s'accorde généralement à reconnaître que les prises accessoires de tortues sont un problème dans certaines régions et pour certaines espèces, et il existe sans aucun doute des mesures que nous pouvons prendre pour les réduire", affirme Jorge Csirke, Chef du Service des ressources marines de la FAO.

"En revanche, les principaux périls pour les tortues de mer ne sont pas tous associés à la pêche", fait-il remarquer.

Dans de nombreux endroits, le développement du littoral détruit les zones de nidification des tortues. Dans d'autres, la faim et la pauvreté contraignent à ramasser les oeufs, voire à capturer les tortues. Parfois, les tortues se blessent ou meurent pour avoir avalé des ordures, en particulier des sacs en plastique qui ressemblent aux méduses dont elles se nourrissent.

Recommandation du Groupe d'experts de la FAO: utiliser des engins de pêche ne nuisant pas aux tortues

Pour évaluer l'ampleur du problème et étudier des possibilités de réduire l'impact de la pêche sur les tortues marines, la FAO a convoqué à son siège à Rome une Consultation d'experts sur les "Interactions entre les tortues de mer et les pêches dans le contexte de l'écosystème".

A la réunion, qui s'est tenue du 9 au 12 mars, onze experts de sept pays se sont penchés sur des questions allant de la biologie et la conservation des tortues de mer aux impacts relatifs des différentes sources de mortalité des tortues, à l'emploi de nouveaux engins de pêche pouvant réduire les prises accessoires, aux questions d'aménagement des pêches et au contexte socio-économique à l'origine des interactions entre l'homme et les tortues marines.

Les débats ont donné lieu à un rapport, en phase de finalisation, qui portera à une Consultation technique de suivi qui se tiendra en Thaïlande dans le courant de l'année. Cette Consultation pourrait, à son tour, déboucher sur des directives internationales concrètes et des stratégies convenues à l'échelle mondiale sur la réduction de l'impact du secteur halieutique sur les populations de tortues marines.

De nombreux pays s'efforcent déjà de réduire les captures accidentelles de tortues de mer en recourant à de nouveaux engins de pêche. Par exemple, dans le Golfe du Mexique, les chaluts à crevettes utilisent depuis les années 80 des dispositifs d'exclusion des tortues (DET) qui permettent aux tortues capturées par inadvertance dans les filets de se libérer.

Ce type de modification des engins a désormais été introduit dans de nombreuses autres pêches au chalut dans le monde entier, et des systèmes sont en train d'être mis au point pour d'autres secteurs halieutiques exposés à ce risque, comme la pêche à la palangre.

Selon Gabriella Bianchi, spécialiste des ressources halieutiques de la FAO, l'importance de ces engins novateurs dans la prévention de prises accessoires de tortues figurait parmi les thèmes dominants de la consultation technique de la semaine dernière.

"Les dispositifs d'exclusion des tortues dans les chaluts et les hameçons auto-ferrants dans la pêche à la palangre seraient les plus prometteurs et il a été recommandé de conduire d'autres recherches pour approfondir les modifications des palangres et des chaluts pour adoption par divers pays et régions", explique-t-elle.

Le groupe d'experts s'est également penché sur la nécessité de mener des recherches plus poussées sur les modifications du matériel de pêche et les méthodes de prévention des prises accessoires telles que la modification de la profondeur des palangres ou l'emploi de différents types et dimensions de hameçons.

Par ailleurs, le groupe d'experts a invité la FAO à aider à compléter les données concernant les interactions entre les tortues et les pêches et a demandé à l'Organisation de rédiger une série de directives sur la manipulation et la libération des tortues afin d'enseigner aux pêcheurs à relâcher correctement les tortues prises au piège et encore vivantes.

Élargir l'approche

Selon Ichiro Nomura, Sous-Directeur général de la FAO et Chef du Département des pêches, l'inclusion de principes de conservation dans l'aménagement des pêches n'a rien de nouveau.

"Même s'il ne se réfère pas spécifiquement aux tortues marines, le Code de Conduite de la FAO pour une pêche responsable, adopté en 1995, préconise une utilisation durable des écosystèmes aquatiques et requiert le respect de l'environnement", dit-il. "Il aborde spécifiquement les questions de biodiversité et de conservation des espèces en péril et, de cette façon, recommande la réduction des prises d'espèces non visées, qu'il s'agisse ou non de poissons."

Ainsi, selon les recommandations de la FAO, les questions de conservation dans l'aménagement des pêches et l'adoption d'approches basées sur le matériel et autres mécanismes pour réduire les impacts de la pêche sur les tortues devraient être inscrits dans une stratégie plus ample: celle de l'approche par écosystème.

L'idée consiste à incorporer les impératifs de l'écosystème dans les plans d'aménagement des pêches de façon à promouvoir le bien-être non seulement des espèces ciblées mais de l'ensemble de l'écosystème, y compris les communautés halieutiques humaines et les populations animales et végétales.

L'approche vise à protéger la biodiversité et l'environnement, mais offre également un moyen d'améliorer la production halieutique.

"Si nous préservons et améliorons la santé et la productivité de tout l'écosystème aujourd'hui - c'est-à-dire que nous mettons l'accent sur l'équilibre et le bien-être de tous les animaux et végétaux marins d'une zone donnée - nous serons en mesure de conserver, voire d'augmenter, la production halieutique dans cette zone à longue échéance", explique M. Csirke.

"Plus de 840 millions d'habitants de la planète n'ont pas assez à manger, et la pêche a un rôle fondamental à jouer dans la sécurité alimentaire et l'emploi", ajoute-t-il. "Une pêche saine n'est aucunement incompatible avec un écosystème sain. L'approche par écosystème montre la voie."

Contact:
George Kourous
Chargé d'information, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168

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George Kourous
Chargé d'information, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168

Florida Keys National Marine Sanctuary/Administration nationale des océans et de l'atmosphère, Ministère du commerce (Etats-Unis)

Les restrictions commerciales de la CITES ont permis de réduire considérablement les exportations de carapaces de tortues imbriquées, utilisées dans l'artisanat

Administration nationale des océans et de l'atmosphère, Ministère du commerce (États-Unis).

Des innovations apportées sur les engins de pêche, tel l'ajout de dispositifs d'exclusion des tortues marines, peuvent réduire les prises accidentelles

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25 mars 2004 -- Une vaste gamme d'activités humaines, dont la pêche, menace la survie des tortues de mer. La FAO s'efforce, avec les experts du secteur, de réduire au minimum les impacts de la pêche sur les reptiles marins et de promouvoir "l'approche par écosystème" à l'aménagement des pêches.
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