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Pesticides: Vers une meilleure protection des ouvriers agricoles
FAO et PNUE souhaitent des mesures de sécurité plus strictes
22 septembre 2004, Rome/Genève -- Les gouvernements doivent offrir de meilleurs moyens de protection aux travailleurs agricoles afin de diminuer le nombre d'empoisonnements aux pesticides, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

On estime qu'il y aurait chaque année de un à cinq millions de cas d'empoisonnements aux pesticides, entraînant la mort de plusieurs milliers d'ouvriers agricoles.

La plupart de ces empoisonnements ont lieu dans les pays en développement où les normes sanitaires sont souvent insuffisantes, voire totalement inexistantes.

Quoique ces pays n'utilisent que 25 pour cent de la production mondiale de pesticides, ils comptent pour 99 pour cent des décès qui leurs sont attribués.

Empoisonnement

Ce sont des exploitants agricoles et leurs ouvriers qui constituent la vaste majorité de ces cas d'empoisonnement. Et pour cause: ce sont eux qui sont le plus en contact direct avec ces produits chimiques qu'ils pulvérisent sur les cultures et eux encore qui travaillent dans les champs ou vergers où sont répandus ces pesticides.

Leurs familles, enfants et nourrissons en particulier, sont aussi extrêmement vulnérables. Dans de nombreux pays, les enfants doivent travailler dans les exploitations familiales au contact des pesticides ou apporter aux marchés locaux les produits traités avec lesdits pesticides.

Dans les pays industrialisés, la plupart des pesticides dangereux sont interdits ou font l'objet de contrôles stricts et les travailleurs agricoles qui s'en servent portent des vêtements de protection et utilisent des équipements appropriés.

Absence de protection

Ce n'est que très rarement le cas dans la plupart des pays en développement où, le plus souvent, les ouvriers ne disposent pas des équipements idoines, tandis qu'il y fait trop chaud ou trop humide pour y supporter les vêtements de protection.

Les appareils de pulvérisation risquent d'avoir des fuites et comme les ouvriers se trouvent dans les champs, ils gardent le plus souvent leurs vêtements contaminés toute la journée, mangent et boivent sans avoir pu se laver les mains.

Un exemple des risques particuliers que connaissent les ouvriers agricoles des pays en développement nous vient du Sénégal. Il y a quelques années des fonctionnaires sénégalais eurent vent de mystérieux cas d'empoisonnements en zones rurales.

Après enquête, il s'agissait de fièvres, de douleurs abdominales et pulmonaires, vomissements, insomnies, allant parfois jusqu'à la mort. Leurs études les amenèrent à découvrir une préparation de pesticides utilisée en poudre sur les graines de cacahuètes plantées par les producteurs d'arachides.

Ces pesticides en poudre sont utilisés sans problème dans les pays industrialisés où les graines sont traitées et plantées par des machines. Mais ces graines sont plus dangereuses dans des pays comme le Sénégal où l'agriculture est encore manuelle.

En zones rurales, les gens manient les graines traitées directement, sans vêtements de protection - dont ils ne disposent pas le plus souvent - et certains agriculteurs mordent même dans les cosses pour en sortir les graines de cacahuètes à planter.

Comme le montre cet exemple, les ouvriers agricoles des pays en développement n'ont pratiquement jamais les moyens de contrôler les facteurs de risque responsables des empoisonnements aux pesticides.

Les paysans doivent donc faire confiance à leurs gouvernements pour prendre les mesures supplémentaires requises afin de réduire les risques auxquels ils s'exposent.

Convention de Rotterdam

Conscients de cette responsabilité, les gouvernements se réunissent à Genève pour examiner notamment la possibilité d'ajouter huit nouveaux pesticides à la liste de la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l'objet d'un commerce international.

L'exigence imposée par la Convention de Rotterdam aux exportateurs d'obtenir "un consentement préalable en connaissance de cause" des importateurs potentiels s'applique déjà au DDT et à 21 autres pesticides dangereux, plus cinq produits chimiques industriels.

Mme Louise Fresco, Sous-Directrice générale de la FAO responsable du Département de l'agriculture qui assure avec le PNUE les services de secrétariat de la Convention, déclare: "Les gens sont de plus en plus conscients du risque que les pesticides mal utilisés ou les éventuels accidents font courir aux ouvriers agricoles".

"La FAO aide les pays d'Afrique de l'Ouest à protéger leurs cultures d'une infestation massive de criquets pèlerins. A ce stade de notre campagne, nous n'avons pas d'autre choix que d'utiliser des quantités massives de pesticides.

"C'est pourquoi l'Organisation prend toutes les mesures possibles pour assurer aux ouvriers agricoles et à toutes les autres personnes participant à cette campagne une protection adéquate", selon Mme Fresco.

"La Convention de Rotterdam joue un rôle essentiel en permettant aux gouvernements de faire en sorte que seuls les pesticides dont ils peuvent se charger en toute sécurité pénètrent sur leurs territoires et qu'en soit exclu tout pesticide qui ne soit pas adapté aux conditions et technologies locales.

On envisage à présent d'inscrire à la liste des produits faisant l'objet d'un consentement préalable en vertu de la convention les produits suivants: binapacryl, DNOC, dichlorure d'éthylène, oxyde d'éthylène, monocrotophos, parathion, toxaphène et des formulations pesticides et types de préparations en poudre pulvérisable contenant un mélange de bénomyl à une concentration supérieure ou égale à 7 %, carbofuran à une concentration supérieure ou égale à 10 % et thiram à une concentration supérieure ou égale à 15 %.

S'ils y sont ajoutés, ils rejoindront les 22 pesticides ci-après: 2,4,5-T, aldrine, captafol, chlordane, chlordimeform, chlorobenzilate, DDT, dibromo-1,2 éthane (EDB), dieldrine, dinosébe, fluoroacétamide, HCH, heptachlore, hexachlorobenzène, lindane, composés du mercure et pentachlorophénol, plus certaines formulations de methamidophos, méthyle-parathion, monocrotophos, parathion et phosphamidon.

Contacts:
Erwin Northoff
Relations médias, FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39)06 570 53105

Michael Williams,
PNUE, Genève
michael.williams@unep.ch
(+41)22 917 8242/8196/8244
(+41)794091528 (portable)

Contact:

Erwin Northoff
Relations médias, FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39) 06 570 53105

Michael Williams
Chargé d'information, PNUE (Genève)
michael.williams@unep.ch
(+41) 22 917 8242/8196/8244
(+41) 79 409 1528 (portable)

FAO/14481/J.M. Micaud

Ces agriculteurs ne portent pas de vêtements de protection idoines.

FAO/22990/I. Balderi

Ces pesticides, vendus dans des bouteilles de vin et de whiskey, peuvent facilement être confondus avec des boissons.

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