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PSSA: de la phase pilote aux programmes nationaux
Evaluation des progrès; 24 pays pour l'élargissement du Programme
28 septembre 2004, Rome - Dix ans après le lancement du Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA), un groupe d'experts agronomes du monde entier, récemment réuni au siège de la FAO, a évalué les réalisations de ce programme et émis des recommandations pour l'avenir.

Le Groupe de contrôle du PSSA conseille le Directeur général de la FAO sur les questions de sécurité alimentaire. Il se réunit périodiquement afin d'examiner l'état d'avancement du Programme spécial.

Le PSSA vise à l'amélioration de la sécurité alimentaire des pays les plus pauvres du monde en accroissant rapidement la production vivrière et l'accès des populations à la nourriture, et en réduisant leur vulnérabilité aux phénomènes météorologiques tels que sécheresses et inondations.

Au cours de la réunion, le Groupe de contrôle a pris note des progrès accomplis au cours des dix dernières années. Le PSSA est opérationnel dans plus de 100 pays. Son volet Coopération Sud-Sud permet à un pays en développement de bénéficier de l'expérience et de l'expertise d'autres pays en développement plus avancés. Ce volet est mis en œuvre dans 28 pays, avec plus de 1 000 experts et techniciens travaillant déjà sur le terrain.

Nouvelle orientation

Le Groupe a approuvé l'engagement politique et financier accru de plusieurs pays au cours des deux à trois dernières années, engagement visant à l'élargissement des activités du PSSA. On passe ainsi de la phase pilote à la phase des programmes nationaux. Ceux-ci doivent résoudre à la fois les problèmes de production et d'accès à la nourriture.

Quelque 24 pays sont en train d'élargir leurs efforts de réduction de la faim et 18 autres le feront prochainement, une fois que les problèmes de financement et de formulation des politiques liés à cet élargissement seront résolus.

"De nombreux pays sont restés bloqués en mode pilote," a expliqué M. Andrew MacMillan, Directeur de la Division des opérations de terrain de la FAO, dans sa présentation au Groupe. "Les projets pilotes incitent à œuvrer sur une petite échelle, mais les problèmes auxquels sont confrontés ces pays sont énormes. Ils devraient dépasser le stade des projets dits de 'vitrine'."

Le Groupe a recommandé la mise en place d'une stratégie d'élargissement pour les 60 à 70 autres pays où le PSSA est opérationnel et où existent déjà une volonté et une action politiques propices à un tel élargissement.

Le Groupe a également recommandé que dans les nouveaux pays postulant à la formulation et la mise en oeuvre du PSSA, le Programme soit conçu comme un programme national, en supprimant la phase pilote, car les enseignements ont déjà été tirés de cette phase, au fil des ans, dans différents pays.

Double approche

Les participants ont souligné l'importance d'une double approche, qui associe aux filets de sécurité des améliorations durables des moyens d'existence des pauvres, notamment des petits paysans.

"Les programmes comme les repas scolaires dans les écoles primaires et les programmes de développement rural vivres-contre-travail devraient être encouragés, à la fois pour répondre aux besoins de segments de population souffrant d'insécurité alimentaire chronique, comme les veuves et les orphelins du Sida, les personnes âgées, et les enfants sous-alimentés, et pour aider à stimuler les marchés pour la production agricole intérieure," a souligné le Prix Nobel Norman Borlaug, salué comme le père de la "Révolution verte", dans un rapport aux participants.

M. MacMillan a convenu que lorsque ces deux démarches d'amélioration de la sécurité alimentaire sont appliquées simultanément, en particulier au sein des mêmes communautés, elles ont un effet synergique. Il a fait remarquer, en outre, que les améliorations de la sécurité alimentaire, notamment des apports énergétiques, ouvrent la voie à une croissance économique et à une réduction plus rapide de la pauvreté.

Les mesures de réduction de la faim jouent un rôle clé dans la réalisation d'un certain nombre d'objectifs de développement du Millénaire, en particulier ceux ayant trait à la réduction de la pauvreté, à la santé et à l'éducation.

"L'enjeu consiste à traduire cette double approche de réduction de la faim en programmes de grande envergure mais abordables, pouvant être adoptés par les pays à très faible revenu où l'incidence de l'insécurité alimentaire est élevée, les marchés sont étroits, les institutions sont généralement faibles et les ressources fiscales - qu'elles soient intérieures ou fournies pour les donateurs - très faibles", a déclaré M. MacMillan. (Pour en savoir plus sur certains des pays relevant le défi, voir le lien vers l'article, à droite).

Croissance durable en Afrique ?

En réponse à la présentation de M. Borlaug sur les moyens d'atteindre une croissance agricole durable en Afrique, le Groupe a convenu qu'il convient d'abord, de restaurer la base de ressources naturelles et, ensuite, de cibler les actions sur une approche intégrée de gestion des ressources naturelles, comprenant les points suivants:
  • Mieux comprendre la complexité des sols africains, qui sont beaucoup plus anciens que dans le reste du monde, en particulier dans certaines parties d'Asie, où la Révolution verte a été appliquée avec succès;
  • Réduire le retard dans l'utilisation d'engrais - la consommation est encore trop faible dans les pays africains par rapport à d'autres nations agricoles;
  • Promouvoir l'agriculture de conservation, les légumineuses fixatrices d'azote, les cultures de couverture d'engrais verts et une utilisation plus efficace de l'eau pour l'irrigation.
Il a été convenu d'entreprendre une recherche pédologique, en particulier sur la nécessité d'oligo-éléments pour les sols africains, la FAO devant jouer un rôle important à cet égard.

Les membres du Groupe ont également souligné la nécessité d'améliorer le réseau routier et ferroviaire pour acheminer les engrais vers les zones de production et les produits vers les marchés.

"Tous les autres efforts de développement rural et agricole reposent foncièrement sur des investissements accrus dans l'infrastructure - routes, électricité et eau," selon M. Borlaug.

"Tant que les infrastructures de l'Afrique ne seront pas améliorées, il n'y aura guère d'espoir de faire de l'agriculture le moteur de la croissance économique, ou d'atteindre les objectifs de développement du Millénaire."

Plus d'audace

Selon M. MacMillan, l'absence de progrès significatifs vers l'élimination de la faim depuis 1996, lorsque les gouvernements participant au Sommet mondial de l'alimentation s'étaient engagés à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées d'ici 2015, laisse à penser que les mesures sont inadaptées ou que les interventions n'ont pas d'envergure.

"Le fait que certains pays soient parvenus à faire reculer la faim rapidement implique que le but du Sommet demeure réalisable", a-t-il dit. "Il faut être plus audacieux et changer de cap : abandonner les débats sans fin sur les moyens d'éliminer la faim au profit d'une action beaucoup plus directe auprès des populations affamées, en prenant des mesures qui ont un impact."

M. Borlaug s'est fait l'écho de cette pensée, et a conclu en trois mots, les trois « A » qu'il estime nécessaires à l'élimination de la faim: "Action, action, action".


Contact:
Teresa Buerkle
Chargée d'information, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146

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PSSA: de la phase pilote aux programmes nationaux

Volonté et action politiques pour éliminer la faim

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Teresa Buerkle
Chargée d'information, FAO
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(+39) 06 570 56146

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28 septembre 2004 -- Un groupe d'experts agronomes du monde entier vient de se réunir au siège de la FAO pour évaluer les réalisations du Programme spécial de sécurité alimentaire (PSSA) et discuter notamment de la mise en place de programmes de sécurité alimentaire nationaux dans un certain nombre de pays.
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