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Meilleure récolte en RPD de Corée
mais il faut encore une aide alimentaire pour des millions de personnes
23 novembre 2004, Pyongiang/Rome - En dépit de la meilleure récolte obtenue ces 10 dernières années, la République populaire démocratique de Corée affichera un nouveau déficit vivrier important en 2005 et nécessitera une aide extérieure pour plus d'un quart de ses 23,7 millions d'habitants, ont déclaré aujourd'hui deux agences des Nations Unies.

Un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM) a estimé les disponibilités intérieures de céréales durant la campagne de commercialisation 2004/05 (novembre-octobre) à 4,24 millions de tonnes, y compris le riz usiné et les pommes de terre, soit 2,4 pour cent de plus qu'en 2003/04.

Le rapport souligne cependant que du fait de la production insuffisante, des carences alimentaires, de la baisse des revenus et de la hausse des prix, 6,4 millions de personnes vulnérables (pour la plupart enfants, femmes et personnes âgées) auront besoin l'an prochain d'une aide alimentaire s'élevant à 500 000 tonnes.

Conditions météorologiques favorables et bonnes récoltes en 2003

La récolte de riz de 2004 a été estimée à 2,37 millions de tonnes, en progression par rapport aux 2,24 millions de tonnes de 2003, compte tenu essentiellement des conditions météorologiques favorables, de la faible incidence des maladies et des ennemis des cultures et de la meilleure irrigation dans la zone de production céréalière du pays. La production de maïs est demeurée au même niveau (1,73 million de tonnes).

Les agences des Nations Unies ont estimé les besoins céréaliers totaux pour 2004/05 à 5,13 millions de tonnes, établissant les besoins d'importations à près de 900 000 tonnes, dont 400 000 tonnes devraient être couverts par la filière commerciale et par les importations à conditions libérales, ce qui veut dire que le déficit sera d'environ 500 000 tonnes.

La plupart des 16 millions de personnes qui reçoivent des céréales subventionnées du Système de distribution administré par le gouvernement (PDS) - 300 grammes en moyenne par personne et par jour, soit la moitié d'une ration de survie - n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Ils se tournent vers les marchés privés plus coûteux sans toutefois "parvenir à couvrir leurs besoins énergétiques de base", selon la FAO et le PAM.

Encore besoin d'aide alimentaire extérieure

Le rapport, publié à l'issue d'une mission d'évaluation conjointe des agences des Nations Unies implantées à Rome et effectuée en septembre et en octobre, déclare que "la pénurie nationale continue est encore un problème" et "l'aide alimentaire externe est en partie considérée dans le cadre des disponibilités intérieures totales".

Il fait également remarquer que, de plus en plus, "le problème le plus grave pour les ménages pauvres est le manque d'accès à des aliments de base nutritifs à cause de la baisse du pouvoir d'achat". En conséquence, l'assistance à la population victime d'insécurité alimentaire "devrait être établie davantage sur la base des déficits vivriers au sein du ménage plutôt que du déficit national de production céréalière".

"Un régime alimentaire équilibré n'est pas à la portée de tous mais seulement de quelques ménages bénéficiaires du PDS", soutient le rapport. "La situation est particulièrement précaire pour les enfants des crèches, des maternelles, des orphelinats et des écoles primaires, outre les femmes enceintes et allaitantes et les personnes âgées."

Brusque montée des prix sur les marchés privés

Si les prix du riz et du maïs subventionnés par l'Etat et livrés par le biais du PDS sont demeurés bas et stables (respectivement à 44 et 24 won le kilo), les prix des marchés privés se sont envolés depuis l'introduction de réformes économiques à la mi-2002.

Le mois dernier, le prix du riz atteignait 600 won le kilo sur ces marchés - ce qui représente presque 30 pour cent d'un salaire mensuel - contre une moyenne de 120 W en 2003; le maïs coûtait 320 W le kilo, par rapport au record de 110 W l'an dernier. En septembre, un euro valait 1 600 won sur le marché parallèle.

"La capacité des familles à faible revenu de se procurer de la nourriture est gravement entravée par la baisse du pouvoir d'achat pâtissant du chômage et des fortes hausses des prix alimentaires sur le marché", selon le rapport.

Conséquence involontaire de la réforme, le problème de la hausse des prix des aliments, aggravé par de fortes réductions des salaires déjà maigres à mesure que les entreprises en déclin dans un pays principalement industriel licenciaient leur main-d'oeuvre.

Une ration alimentaire ne couvre que la moitié des besoins minimums

La famille type d'un salarié dépense désormais un tiers de ses revenus mensuels en rations du PDS qui n'assurent que la moitié de ses besoins caloriques minimum. Un autre tiers est consacré aux dépenses de première nécessité non alimentaires: loyer, chauffage et habillement. La somme restante ne suffit pas à acheter suffisamment de nourriture sur les marchés privés pour satisfaire le reste des besoins fondamentaux de la famille.

Une grande partie de la population consommant très peu de protéines, de matières grasses ou d'oligo-éléments souffre de graves carences alimentaires. Les légumes et les fruits frais sont soit rares soit très chers en dehors de la saison juillet-septembre.

Les mécanismes traditionnels d'adaptation comme l'élevage, les potagers familiaux et les parcelles à flanc de colline, la cueillette d'aliments sauvages et les envois des parents à la campagne permettent de soulager quelque peu les citadins à court de ressources.

Les petites activités rémunératrices, notamment le petit commerce et les services, autorisées dans le cadre d'un assouplissement des restrictions imposées aux entreprises privées et semi-privées, constituent d'autres sources de revenus.

Pour affronter le déficit vivrier chronique et structurel, le rapport FAO/PAM a recommandé à la communauté internationale d'entamer un dialogue avec le gouvernement de la République populaire démocratique de Corée en vue d'une mobilisation des ressources économiques, financières et autres, indispensable pour promouvoir une production durable et la sécurité alimentaire globale.

Le rapport a également proposé l'examen de projets d'investissements sur la fertilité des sols et de meilleures machines agricoles pour permettre l'expansion des superficies fournissant deux récoltes par an.

Depuis 1995, le PAM a fourni à la RPDC près de quatre millions de tonnes d'aide alimentaire, évaluée à 1,3 milliard de dollars.

Contact:
Gerald Bourke
PAM, Beijing
Gerald.Bourke@wfp.org
(+86) 10 6532 3731, poste 209
(+86) 1380 105 4051 (portable)

John Riddle
Relations médias, FAO
John.Riddle@fao.org
(+39) 06 570 53259

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FAO/K. Gunjal

Un fonctionnaire nord-coréen inspecte la récolte dans un champ de riz expérimental

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23 novembre 2004 - Un rapport FAO/PAM estime que malgré sa meilleure récolte des 10 dernières années, la République populaire démocratique de Corée nécessitera une aide extérieure pour plus d'un quart de ses 23,7 millions d'habitants
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