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Le relèvement durable nécessite un effort de longue haleine
Entretien avec Alex Jones, coordonnateur de la FAO pour les opérations post-tsunami
Quelle est votre estimation de l’effort de redressement un an après la catastrophe?

Dans l’ensemble, on peut dire que le relèvement se déroule bien, mais en fonction des pays et du niveau des dégâts, il en est à différents stades. Si nous regardons la Thaïlande, où les dégâts ont été graves mais pas écrasants, il est en bonne voie. A l’autre extrême, nous trouvons la côte nord-ouest d’Aceh, en Indonésie, où de nombreuses zones sont encore dans une situation critique.

Quels sont les plus gros enjeux auxquels est confrontée la FAO?

L’enjeu principal est l’ampleur de l’effort de reconstruction. Des millions de gens ont été touchés dans sept pays. On a assisté à une échelle de destruction sans précédent. En Indonésie et au Sri Lanka, environ 150 km de littoral ont été détruits - pas seulement des villes ou des zones.

Un demi-million de personnes en Indonésie vit encore dans des abris temporaires. Des communautés entières ont été anéanties. Les pertes colossales en vies humaines signifient que la base sociale de ces communautés a disparu. Les catégories professionnelles ont été décimées. La ville de Calang sur la côte ouest d’Aceh, par exemple, a perdu 90 pour cent de sa population. La ville sera reconstruite; les fonds internationaux sont suffisants. Mais il n’y a plus d’administrateurs, plus d’enseignants. Par où commence-t-on à reconstruire une communauté?

Les moyens d’existence sont économiques, mais aussi sociaux. Ces besoins doivent être satisfaits. L’attention et le soutien financier ont été massifs, mais ceci prendra bientôt fin. On craint donc un « découvert » dans les secours – un déficit de financements, d’activités, d’attention aux politiques. Le relèvement durable requiert un effort qui va de cinq à dix ans.

La réaction des donateurs à l’urgence du tsunami a été sans précédent. Comment répondez-vous à ceux qui critiquent le rythme du redressement?

La réponse des donateurs a été massive, beaucoup plus que pour toute autre situation d’urgence de mémoire d’homme. Immédiatement après le tsunami, les besoins fondamentaux des gens (nourriture, vêtements et abris) ont été satisfaits sans tarder. Mais la reconstruction prend beaucoup de temps, et pas seulement de l’argent, et elle ne peut aller qu’au rythme décidé par les communautés locales.

Notre rôle est d’apporter un soutien. Nous ne sommes pas là pour reconstruire le pays et le livrer à ses habitants. La reconstruction doit être menée par la communauté, surtout si on veut le faire comme il faut.

Le logement, en particulier, est une question très complexe, qui fait intervenir non seulement les immeubles, mais les problèmes de propriété et d’utilisation des terres, ainsi que des questions d’environnement.

La FAO ne s’occupe pas directement de reconstruction de logements, mais offre une assistance pour l’élaboration de politiques d’utilisation judicieuse du bois d’oeuvre et de caractéristiques techniques des produits ligneux ainsi que pour l’identification de sources légales de bois.

Faut-il plus d’argent?

Il faudra toujours plus d’argent. L’ensemble des dégâts du tsunami dépasse de plus de dix fois les promesses d’assistance, sans compter la valeur des pertes en vies humaines. Des investissements sont encore nécessaires pour reconstruire les activités productives, compléter les activités de ces pays et fournir un appui technique. Un an après, ces communautés ont besoin de moins de couvertures mais de davantage d’assistance s’appuyant sur les connaissances.

Avec la construction et les dons de tant d’embarcations, que fait la FAO pour garantir leur sécurité et prévenir la surpêche?

La FAO est chargée de la coordination générale de la remise en état du secteur halieutique au Sri Lanka et en Indonésie, en collaboration avec les autorités locales. Nous avons mis en garde dès le mois de février du danger de constituer une capacité de pêche excédentaire et des risques potentiels pour l’environnement dérivant d’embarcations et d’engins inappropriés.

Nous nous concentrons maintenant sur la qualité des bateaux livrés et nous nous assurons qu’ils correspondent aux besoins des pêcheurs locaux. En Indonésie, la FAO a formé 140 personnes à la construction d’embarcations et elle fournit 200 bateaux. Nous sommes également en train de formuler des normes de sécurité avec l’aide d’un architecte naval détaché sur place, et de créer des systèmes d’homologation des bateaux.

Les engins de pêche sont également importants, mais les moteurs et le matériel sont souvent négligés par ceux qui fournissent les bateaux, même s’ils constituent environ 40 pour cent du coût total du bateau. Aussi fournissons-nous aussi des moteurs et du matériel pour beaucoup d’embarcations.

La FAO s’occupe d’aménagement durable des pêches depuis plusieurs dizaines d’années, et nous continuerons à fournir une assistance dans ce domaine.

La communauté humanitaire internationale a-t-elle tiré des leçons de cette catastrophe? Et si oui, lesquelles ?

La planification préalable pour un phénomène de cette ampleur est quasiment impossible, mais l’intervention doit être rapide. Pour ce faire, il faut pouvoir disposer de fonds dans les 30 jours après la catastrophe, et non pas dans les six mois, comme c’est généralement le cas. Il faut donc créer un fonds d’urgence mondial bien assorti de sorte que les organismes d’aide aient des ressources suffisantes pour se mettre immédiatement au travail dès le lendemain d'une catastrophe.

Le message est positif dans l'ensemble. L’attention internationale, les ressources financières et humaines pour répondre aux besoins de ces pays ont donné jusqu’à présent des résultats exceptionnels. Et les gouvernements eux-mêmes ont fait preuve d’une capacité remarquable d’encadrement.

Selon une récente évaluation FAO/PAM, les marchés fonctionnent relativement bien, en dépit des dégâts occasionnés aux infrastructures économiques. Dans de nombreuses zones, les rendements en riz sont revenus à leurs niveaux d’avant le tsunami, et même si toutes les terres n’ont pas encore été remises en culture, Aceh produit encore un excédent de riz dont bénéficient d’autres régions du pays.

Certaines zones, comme la côte ouest d’Aceh, resteront sinistrées pendant des années encore. Mais dans d’autres régions, le tableau est beaucoup moins sombre.

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Teresa Buerkle
Relations médias, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146
(+39) 348 14 16 671

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Alex Jones

FAO/A. Berry

Construction de bateaux à Aceh, en Indonésie

FAO/A. Berry

Récolte de riz abondante à Banda Aceh

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Entretien avec Alex Jones, coordonnateur de la FAO pour les opérations post-tsunami
15 décembre 2005 - Alex Jones, coordonnateur de la FAO pour les opérations post-tsunami, est optimiste, mais il prévoit encore cinq à dix ans d'efforts continus.
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