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Sauver les noix de coco en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique
Pour lutter contre le brontispe du cocotier, on recrute un de ses ennemis naturels
12 avril 2005, Bangkok - Dans plusieurs pays de la région Asie et Pacifique, un minuscule parasite pourrait aider à sauver les industries de la noix de coco des attaques d'un ravageur qui se nourrit des feuilles du cocotier, a déclaré aujourd'hui l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Les attaques du brontispe du cocotier (Brontispa longissima Gestro) détruisent les feuilles des palmiers et réduisent sensiblement les rendements en noix de coco. Dans le cas d'un palmier jeune ou en mauvais état, elles provoquent la mort de l'arbre.

Le coléoptère a envahi les plantations de cocotiers aux Maldives, à Nauru, en Thaïlande, au Viet Nam, en République démocratique populaire lao et en Chine, entraînant des pertes massives pour les industries locales du coco. En guise de riposte, la FAO a lancé dans tous les pays touchés des projets de lutte biologique visant à maîtriser durablement le ravageur à l'aide de l'un de ses ennemis naturels.

"La lutte biologique s'est avérée la plus efficace et nous sommes en train de faire un élevage de masse d'un petit parasitoïde, Asecodes hispinarum, qui s'attaque aux larves de l'insecte, pour maîtriser sa propagation et la ramener à des dimensions acceptables, c'est-à-dire ne provoquant pas de dommages d'entité économique", explique Wilco Liebregts, un consultant de la FAO, expert de lutte biologique.

Au sud du Viet Nam, où il a été lâché en août 2003, le parasite a permis en quelques mois des réductions considérables des densités du ravageur et des dégâts aux cocotiers; on a constaté que les arbres étaient en voie de rétablissement et retournaient aux niveaux de production d'avant l'infestation.

Propagation du ravageur

Le brontispe du cocotier est diffus dans certaines zones de l'Indonésie, de la Malaisie, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et plusieurs pays insulaires du Pacifique. Toutefois, ce déprédateur est nouveau sur le continent d'Asie du Sud-Est où, en l'absence d'ennemis naturels, il se propage rapidement et cause des dégâts de grande envergure.

Le coléoptère a été décelé pour la première fois, au cours des cinq dernières années, au Viet Nam, aux Maldives et en Chine, où il aurait été importé par les palmiers d'ornement.

"Si on ne fait rien, la propagation du brontispe du cocotier au Bangladesh, en Inde, au Myanmar et au Sri Lanka aura le même impact dévastateur sur le secteur du coco dans les petites exploitations et les plantations de ces pays, mettant en péril les moyens d'existence de tous ceux qui dépendent de cette culture pour vivre", affirme Keith Chapman, Spécialiste FAO des cultures industrielles en Thaïlande.

Pertes économiques et menace pour les moyens de subsistance

Les cocotiers sont une source essentielle de nombreux produits - boisson, aliment, huile, fibre, produits oléochimiques et ustensiles ménagers - mais aussi bois d'oeuvre et matériaux de construction. Ils jouent un rôle important pour l'environnement, la santé, la sécurité alimentaire et les moyens d'existence de nombreux habitants de la région.

Rien qu'aux Maldives, les pertes économiques causées par le déprédateur sont considérables.

Pour ce pays, la noix de coco est non seulement une culture vivrière locale prépondérante, mais est aussi très importante pour le secteur du tourisme. La direction d'un complexe hôtelier a estimé les pertes entre juin 2000 et février 2003 à 237 000 dollars, en partie dues à un déclin du tourisme imputable aux palmiers malades et à un détournement de la main-d'oeuvre des activités productives à l'application d'insecticides.

Les pertes de revenus dérivant des ventes de noix et de boissons de coco sont estimées à 33 000 dollars supplémentaires pour la même période pour l'ensemble des îles de villégiature.

Une étude commanditée par la FAO estime que sans mesures de lutte, l'infestation provoquerait plus d'un milliard de dollars de dégâts rien qu'au Viet Nam, et mettrait sérieusement en péril l'industrie du coco. Les évaluations des dommages sont similaires dans les autres pays touchés.

La lutte contre le brontispe du cocotier est donc devenue une préoccupation internationale et une priorité absolue pour les gouvernements de la région. En Chine, le déprédateur a été classé au deuxième rang des principaux ravageurs forestiers, bien que seules quelques provinces jouissent d'un climat suffisamment chaud pour la croissance des cocotiers.

Lutte biologique

Les autorités gouvernementales de la région ont réagi sans délais à l'incursion et lancé des programmes de lutte prévoyant l'application d'insecticides sur la couronne et le tronc des arbres infestés. Aux Maldives et en Chine, de jeunes plants et même des arbres murs en grand nombre ont été abattus puis détruits.

Cependant, le ravageur a continué à se propager et la lutte chimique s'est avérée non seulement onéreuse et inefficace mais aussi un grave risque pour la santé des agriculteurs et des populations, car les plantations sont souvent situées à proximité des habitations.

"L'application d'insecticides ne peut servir que de mesure d'appoint", indique Tran Tan Viet, un spécialiste en lutte biologique à l'Université de Nong Lam au Viet Nam. "La lutte biologique est la méthode la plus efficace, au vu de son rapport coût-bénéfices."

Toutefois, la plupart des pays manquent de compétences techniques en matière de lutte biologique en général, et contre ce ravageur en particulier. Pour renforcer les moyens de lutte biologique et la sensibilisation populaire aux méthodes de lutte non chimiques respectant l'environnement, la FAO aide ces pays à mettre au point des programmes de lutte intégrée adhérant aux normes internationales qu'elle a fixées.

Ceci a permis aux pays d'identifier le brontispe du cocotier au niveau de l'espèce, de collecter et importer de Samoa les ennemis naturels du coléoptère, de les élever en captivité pour évaluation et de les relâcher dans les champs.

La FAO évalue maintenant l'efficacité de ces ennemis naturels exotiques et aide à élaborer des stratégies de lutte intégrée adaptées à l'environnement de chaque pays.

"Les programmes de lutte biologique contre le brontispe du cocotier sont d'excellents exemples de maîtrise à long terme d'un ravageur étranger invasif extrêmement destructeur; ils limitent au minimum les impacts sur l'environnement et la biodiversité indigène unique des pays", a déclaré Peter Kenmore, un expert de la FAO en lutte contre les ennemis des cultures.


Contact:
Maria Kruse
Relations médias, FAO
maria.kruse@fao.org
(+39) 06 570 56524

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Photo FAO

Le brontispe du cocotier détruit les feuilles des palmiers, réduisant sensiblement les rendements en noix de coco

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12 avril 2005 - Dans plusieurs pays de la région Asie et Pacifique, un minuscule parasite pourrait aider à sauver les industries de la noix de coco des attaques d'un ravageur qui se nourrit des feuilles du cocotier.
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