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La reprise post-tsunami entravée
De nombreux bateaux de pêche devront être remplacés
28 mars 2006, Rome - La FAO exhorte les autorités des pays affectés par le tsunami à redoubler d'efforts pour s’assurer que les bateaux construits après la catastrophe de 2004 répondent aux normes de sécurité minimales.

La FAO invite aussi toutes les organisations finançant la construction de bateaux d’être plus attentives à la sécurité et à la qualité des embarcations et de prendre des mesures pour améliorer ou remplacer celles déjà construites et qui ne répondent pas aux normes de sécurité.

Bien que les chiffres exacts ne soient pas disponibles, les rapports du personnel de la FAO sur le terrain indiquent que de nombreux bateaux de pêche de remplacement, construits après le désastre, sont de qualité très médiocre.

En Indonésie, on estime que 7 600 bateaux de pêche ont été complètement détruits et 6 500 ont été remplacés, dont un nombre indéterminé sont dangereux.

Au Sri Lanka, où près de 19 000 bateaux ont disparus, plus de 13 000 avaient été remplacés fin novembre 2005. La FAO estime que près de 19 % (environ 2 500 bateaux) ne sont pas propres à la navigation.

Le problème touche aussi bien les bateaux en bois que ceux en fibre de verre, explique la FAO. Certains sont tout simplement dangereux à utiliser, d’autres risquent de se détériorer plus rapidement que ceux construits selon les règles de l’art.

«La pêche est déjà un des métiers les plus dangereux, et travailler en mer sur des bateaux ne répondant pas aux normes de sécurité décuple les risques», souligne Jeremy Turner du Département des pêches de la FAO.

«Autre problème majeur: ces bateaux devront être remplacés – dans de nombreux cas dans moins de deux ans – alors que l’aide humanitaire se tourne ailleurs; les pêcheurs devront alors payer la facture», ajoute-t-il.

Non-respect des normes, manque d’expertise

De nombreux pays frappés par le tsunami ne disposent pas de réglementations concernant la construction de petites embarcations de pêche.

Ce fait, ajouté à la mort lors du désastre de nombreux constructeurs de bateaux compétents, a aggravé la situation.

Les ONG et les autres organisations reconstituées après le désastre se sont mobilisées pour aider les pêcheurs à retrouver leur activité: elles ont commandé un grand nombre de nouveaux bateaux, parfois à des constructeurs inexpérimentés.

«Après la catastrophe, les chantiers navals ont poussé comme des champignons, mais tous ces constructeurs n’étaient pas qualifiés – soudainement, des fabricants de meubles se sont mis à construire des bateaux», souligne M. Turner.

«Chacun a agi de bonne foi, essayant de faire de son mieux pour construire des bateaux aussi rapidement que possible afin d’aider les pêcheurs à s’en sortir au plus tôt», précise-t-il. «Mais de nombreuses organisations n’ont tout simplement pas l’expertise nécessaire pour s’assurer que les bateaux soient conformes aux normes.»

Ateliers et formation

La FAO travaille avec les autorités nationales et locales, les communautés de pêcheurs et le secteur privé afin d’améliorer les modes de fabrication des bateaux dans les pays affectés.

La FAO a publié un guide du savoir-faire en indonésien sur les méthodes de construction navale qui est utilisé par les ouvriers des chantiers d’Aceh (Indonésie) et dans les autres zones affectées.

Elle a aussi organisé une série d’ateliers dans la province d’Aceh, au cours desquels 42 constructeurs de bateaux ont travaillé avec un expert en construction navale de la FAO afin de produire différentes sortes d’embarcations, d’acquérir de nouvelles compétences et les principes de la conception et de la fabrication de bateaux modernes.

La FAO travaille avec les chantiers locaux en Indonésie pour promouvoir l’utilisation de bois de meilleure qualité, de renforts métalliques adéquats et l’amélioration des techniques de stockage et de construction en bois.

Aux Maldives, 40 constructeurs et inspecteurs de bateaux ont participé aux ateliers de la FAO sur la fabrication de bateaux en fibre de verre.

Réglementations sur la sécurité

Le Département des pêches de la FAO travaille aussi avec les autorités nationales pour les aider à rédiger des normes de sécurité nécessaires à la construction de petites embarcations.

Au Sri Lanka, de nouvelles réglementations pour les bateaux en fibre de verre, définies selon les directives techniques de la FAO, sont examinées en vue d’être adoptées par les autorités gouvernementales.

La FAO collabore avec l’Indonésie pour développer des réglementations similaires pour les bateaux en bois.

«Le but à long terme est de voir les gouvernements mettre en place et appliquer des réglementations sur la construction des bateaux, telle que seuls les bateaux de bonne qualité puissent être enregistrés et recevoir une licence de pêche», explique M. Turner.

«Dans le même temps, nous espérons que les autorités trouveront les moyens d’inspecter les nouveaux bateaux et insisteront pour que ceux qui ne répondent pas aux normes de sécurité de base soient améliorés ou détruits – et que tous les acteurs concernés aident à la réalisation de cet objectif.»

Contact:
George Kourous
Relations médias, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168
(+39) 348 141 6802

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FAO/P. Singh

Bateaux en fibre de verre construits aux Maldives grâce à l'assistance technique de la FAO

FAO/A. Berry

Un chantier naval à Aceh (Indonésie)

FAO/P. Singh

Nombre d'artisans ont été emportés par le tsunami

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