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Vers une meilleure connaissance des écosystèmes forestiers
Une bonne évaluation des ressources forestières est indispensable
9 mars 2007, Rome – De meilleures politiques forestières et la gestion durable des forêts passent nécessairement par une évaluation méthodique et périodique des ressources forestières, souligne la FAO qui regrette le retard qu’accusent beaucoup de pays dans l’adoption de technologies et de méthodes modernes de collecte, d’analyse et de gestion des données requises pour une telle évaluation.

En 2006, cinq pays ont achevé leur évaluation des ressources forestières avec l’appui de la FAO; il s’agit du Cameroun, du Costa Rica, du Guatemala, du Honduras, du Liban et des Philippines, indique l’expert forestier de la FAO Mohamed Saket.

C’est au Costa Rica, en 2000, que la FAO avait lancé un premier projet-pilote dans le cadre de son Programme d’appui aux évaluations des ressources forestières nationales, précise M. Saket, en rappelant qu’à l’époque l’Organisation déplorait déjà que la plupart des pays en développement ne disposaient pas d’un minimum de données leur permettant de prendre des décisions judicieuses en ce qui concerne la bonne gouvernance de leurs forêts.

Un partenariat multisectoriel et international

Face au nouveau contexte mondial et aux redoutables conséquences d’une disparition des forêts dans certaines régions, tant pour la flore que pour la faune, la gestion durable des ressources forestières devient un travail d’équipe.

La FAO met un accent particulier sur l’élaboration de partenariats locaux pour élargir un réseau de compétences bénéfique à tous.

Selon M. Peter Holmgren, Chef du Service de mise en valeur des ressources forestières à la FAO, la philosophie du Programme d’inventaire forestier national se fonde sur des accords avec l’Administration forestière, les établissements universitaires, les instituts de recherche, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et la communauté rurale.

A cet égard, selon M. Holmgren, il convient d’encourager «la collaboration entre les décideurs, les spécialistes, les chercheurs, les industriels et les populations pour créer une synergie autour des Programmes forestiers nationaux».

Débuts encourageants au Congo-Brazzaville

En 2007, le Congo poursuit l’évaluation de ses ressources forestières. Avec une superficie de 227,61 millions d'hectares (FAO, 2005), le massif forestier du Bassin du Congo constitue la deuxième réserve de forêts denses et humides au monde, et 70 % du couvert forestier dense et humide d'Afrique.

Ce massif forestier s'étend sur les deux Congo (Kinshasa et Brazzaville), le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, ainsi que sur une partie du Burundi, du Rwanda et Sao Tomé-et-Principe. De ce fait, il est le deuxième poumon forestier du monde, après l'Amazonie.

La forêt couvre 60 pour cent du territoire national du Congo, soit 12,3 pour cent des forêts d’Afrique centrale.

«Les inventaires effectués jusqu’ici n’ont tenu compte que d’une partie réduite des ressources forestières nationales», selon Anne Branthomme, experte de la FAO en évaluation des ressources forestières.

En effet, seuls 25 pour cent des forêts du Congo ont fait l’objet d’inventaires au cours des 30 dernières années et ceux-ci ont porté essentiellement sur le bois commercial.

«L’approche suivie par les précédents inventaires n’intégrait pas les ressources forestières avec celles des autres secteurs économiques (agriculture, élevage, etc.)», ajoute Mme Branthomme.

Une information fiable

Le Programme d’évaluation des ressources forestières du Congo permettra de mettre en place un système de suivi à long terme des ressources en arbres et forêts. Il devrait apporter d’ici un peu plus d’un an une information fiable, précise et complète sur l’ensemble des ressources forestières du pays et contribuer au renforcement des capacités nationales en matière d’inventaire.

Il vise également à consolider la collaboration entre les différentes parties concernées.

L’information produite servira de base au dialogue national pour analyser et redéfinir la politique et les stratégies nationales sur les forêts, tout en tenant compte des secteurs connexes et des dimensions sociales, économiques et environnementales des ressources forestières.

Le projet de la FAO au Congo est exécuté par le Centre national d’inventaire et d’aménagement des ressources forestières et fauniques (CNIAF), qui soutient l’action du Ministère de l’économie forestière et de l’environnement à Brazzaville.

«La formation des jeunes cadres forestiers nationaux et le renforcement des capacités en collecte, traitement, analyse et gestion des données sur les forêts, les arbres hors forêts et l’environnement constituent un volet important de notre programme», déclare François Ntsiba, Directeur du CNIAF.

Selon la FAO, il est primordial que ce processus aille dans le sens des intérêts des communautés villageoises qui vivent des produits de la forêt.

«Dans le cadre de la Convention internationale sur les changements climatiques, nous nous devons tous de contribuer à la gestion durable des ressources naturelles du Bassin du Congo et de promouvoir le développement économique, la réduction de la pauvreté et des inégalités et l’amélioration de la gouvernance en faveur des populations dépendantes des ressources naturelles», insiste M. Holmgren.




Contact:
Liliane Kambirigi
Relations médias, FAO
liliane.kambirigi@fao.org
(+39) 06 570 53223

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FAO/M. Bassil/L. Kambirigi

L'inventaire des arbres et forêts est coûteux mais représente un bon investissement pour l'avenir

Partenariat tripartite

Au Congo, on assiste à des synergies encourageantes entre la FAO, le CIRAD, le secteur privé et le secteur public, notamment l’Unité de Recherche sur la Productivité des Plantations Industrielles (UR2PI):

  • Le gouvernement du Congo intervient à trois niveaux dans l'UR2PI : le ministère de l'Economie forestière et de l’Environnement, à travers le Service National de Reboisement (SNR), le ministère de la Recherche à travers la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et Technologique (DGRST) et l'Université Marien Ngouabi (UMNG).

  • La société EFC (Eucalyptus Fibre Congo, Pointe-Noire, Congo) gère le massif d'eucalyptus du Congo. Le reboisement se fait au rythme de 5 000 ha/an, à partir des plants produits par la pépinière industrielle de bouturage. L'exploitation concerne en moyenne 500 000 m3 par an, exportés sous forme de billons et bientôt de copeaux pour l'industrie de la pâte à papier.

  • Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD, Montpellier, France), à travers son département forêt, intervient par la mise à disposition de chercheurs en sélection et amélioration génétiques des espèces forestières, de missions d'appui, ainsi que par l’accueil et la formation de stagiaires et l'intégration des problématiques de recherches de l'UR2PI dans les réseaux.

    Le triumvirat, qui contribue conjointement au financement de l’UR2PI, propose également aux sociétés privées d’exploitation de bois d’œuvre (okoumé, limba, sapelli, sipo, etc.) un «pacte écologique» dans lequel elles s’engagent à participer aux plans d’aménagement des massifs forestiers soumis à l’exploitation.

    Il s’agit là d’une approche exemplaire qui associe l’enrichissement des zones dégradées avec des essences autochtones, l’amélioration des peuplements naturels et le suivi de la régénération ainsi que la création de pépinières et la sélection de semenciers.

  • Audio

    Au cœur de la forêt congolaise: inventorier le patrimoine forestier pour mieux l’enrichir (9'34") (mp3)

    FAO/M. Bassil/L. Kambirigi

    La formation de jeunes cadres forestiers est un volet important du projet de la FAO

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