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La FAO publie une carte mondiale des disponibilités alimentaires des pays riches et des pays pauvres
La FAO a publié une carte du monde où figurent les derniers chiffres documentés sur les disponibilités alimentaires aux niveaux national, régional et mondial. Cette carte fait apparaître des différences entre les disponibilités alimentaires des pays les plus pauvres et celles des pays les plus riches du monde, ainsi que des différences sensibles dans les types d'aliments qui constituent le régime alimentaire quotidien dans différentes régions du monde.
La carte donne les chiffres relatifs à la disponibilité énergétique alimentaire (DEA) dans 177 pays et sept groupes de pays régionaux ou socio-économiques. On trouve en tête de la liste des pays le Danemark avec une DEA de 3 780 kcal par personne et par jour, soit plus du double de celle enregistrée en Somalie - à peine 1 580 kcal disponibles par personne et par jour. Selon la carte, si les aliments disponibles étaient distribués en fonction des besoins, ils suffiraient pour nourrir chaque individu dans le monde, en fournissant 2 720 kcal par personne et par jour. Mais en fait 17 pays ont de graves problèmes de disponibilités alimentaires, avec une DEA inférieure à 2 000 kcal. Trente-sept autres pays ont une DEA allant de 2 000 à 2 299 kcal. S'appuyant sur des données fournies pour la période 1994-96, la carte ne reflète pas les effets des catastrophes naturelles, des crises économiques et des conflits récents. Comment la DEA est-elle calculée?La DEA est une estimation de la ration calorique moyenne disponible par jour et par personne pendant une période donnée, c'est-à-dire les aliments que les pays produisent ou importent pour la consommation humaine. Ce n'est pas un indicateur de ce que les individus mangent effectivement et ne montre pas l'iniquité de la répartition des disponibilités dans les pays. Néanmoins, les DEA relevées indiquent clairement que certains pays ont des problèmes de disponibilités alimentaires et qu'une grande partie de la population souffre de sous-alimentation chronique. La carte montre les pays où les pénuries sont les plus aigues - avec une DEA de moins de 2 000 kcal - en rouge. Il s'agit en majorité de pays de l'Afrique subsaharienne. Selon la FAO, pour que les populations aient de quoi se nourrir, la disponibilité alimentaire par tête doit être très supérieure aux besoins par tête, et ce afin de compenser le gaspillage aux niveaux de la vente au détail et des ménages et l'accès inéquitable. Pour calculer les DEA, la FAO utilise des bilans alimentaires - fournis par les pays - qui suivent de près l'offre et l'utilisation des produits alimentaires. Les régimes riches en céréales et en tubercules sont pauvres en micro-nutrimentsLa carte fait également apparaître de grandes différences dans la composition du régime alimentaire moyen dans les pays industrialisés et les pays en développement. Un peu plus du quart du régime alimentaire dans les pays industrialisés est constitué de céréales, un autre quart de viande, de poisson, d'oeufs, de lait et de fromage. Dans les pays de l'Afrique subsaharienne, d'autre part, près de la moitié du régime alimentaire (46 pour cent) est composé de céréales et de 20 pour cent de tubercules. Dans les pays les moins avancés, les céréales et les racines et tubercules constituent près des trois quarts du régime alimentaire quotidien. Céréales et tubercules sont des aliments énergétiques, mais "elles ne contiennent pas en quantités suffisantes les autres nutriments essentiels, vitamines, sels minéraux, protéines et lipides", a expliqué John Lupien, Directeur de la Division de l'alimentation et de la nutrition. Un régime alimentaire composé de plus de 75 pour cent de calories provenant de céréales peut être "très déséquilibré", a-t-il précisé. Dans la plupart des pays industrialisés, l'apport lipidique est élevé et l'obésité répandue, selon la FAO. Les maladies liées au régime alimentaire, comme les maladies cardiovasculaires et l'hypertension, sont considérées comme un problème de santé publique important. L'accès aux aliments est le vrai problème"Si vous regardez le monde dans son ensemble, il produit assez d'aliments pour nourrir chaque individu, chaque jour", a expliqué John Lupien. Et d'ajouter: "Mais cela ne se produit pas parce que le vrai problème, c'est l'accès aux aliments." "Au sein des pays, et même au sein des ménages, les aliments ne sont pas toujours distribués en parts égales", a précisé Hartwig de Haen, Sous-Directeur général de la FAO. "Pour assurer le bien-être nutritionnel, chaque individu doit avoir accès à tout moment à des quantités suffisantes d'aliments variés, sains et de bonne qualité". Selon les chiffres publiés par la FAO dans le rapport "Situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture" de cette année, les pays en développement comptent 828 millions de personnes souffrant de malnutrition chronique. En outre, on estime que deux milliards de personnes souffrent de carences en vitamine A, en fer et en iode. Voir le Communiqué de presse de la FAO. 9 décembre 1998
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