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Le bogue de l'an 2000 menace les systèmes d'approvisionnement alimentaire, y compris ceux des pays en développement
Les gouvernements et les industries des pays en développement s'efforcent depuis des années de prévoir les effets potentiellement désastreux que pourraient avoir les systèmes informatiques et tout ce qu'ils contrôlent. Le coût total de la mise en conformité des systèmes avec l'an 2000 a été estimé à 600 milliards de dollars par le Gartner Group. Mais les pays en développement manquent généralement des ressources et des moyens de prendre les mêmes précautions. En particulier, on ne s'est guère soucié de la dépendance de l'agriculture et des systèmes d'approvisionnement alimentaire à l'égard des ordinateurs. La FAO a averti que le bogue de l'an 2000 risque de poser un problème à l'ensemble de la chaîne alimentaire, des approvisionnements en semences jusqu'aux réseaux de distribution et aux systèmes d'information du marché: "Même les petits exploitants qui labourent leurs champs avec la traction animale font probablement appel à du matériel fabriqué dans des usines à technologie de pointe et transporté à des milliers de kilomètres grâce à des réseaux de transport informatisés." Côté production, ceci signifie que les intrants de base, comme les semences et les engrais, pourraient être en péril - de même que l'alimentation en eau pour l'irrigation et en électricité. Les transports: le plus faible maillon de la chaîne alimentaireLes dysfonctionnements de l'informatique pourraient également causer de graves problèmes après la récolte, au cours des phases de traitement, de commercialisation et de distribution, qui sont cruciales pour la sécurité alimentaire nationale et des ménages. La plupart des experts jugent que les transports sont le plus faible maillon de la chaîne alimentaire. Dans de nombreux pays, les réseaux téléphoniques informatisés sont également réputés à risque. Agriculteurs, négociants et ministères font appel aux systèmes de télécommunications pour transmettre régulièrement des informations sur la météo, les prix et les expéditions. "Si on ne sait pas qui a besoin de céréales," s'enquiert Geri Guidetti, modérateur d'un forum sur Internet sur le bogue de l'an 2000 et l'agriculture, "si on ne connaît pas les cours mondiaux... qu'adviendra-t-il des échanges courants de céréales?" Les effets possibles des problèmes liés au bogue de l'an 2000 sur la production agricole, les échanges et les transports menacent plus particulièrement les pays:
Dispositifs d'intervention pour surmonter les défaillances des systèmes informatiquesLa FAO a indiqué que, dans de nombreux cas, l'approche la plus plausible pourrait consister à consacrer un temps et des ressources limitées à élaborer et à lancer des dispositifs d'intervention pour minimiser les dysfonctionnements que les pays n'ont pas les moyens de prévenir. Ces mesures pourraient comprendre la diversification des sources d'approvisionnement et des services afin d'atténuer l'impact des défaillances d'un seul fournisseur, et des mesures pour veiller à la prompte identification des problèmes et la mise en place de systèmes de remplacement en cas de défaillance des systèmes informatiques. Dans certains cas, les agriculteurs et les gouvernements pourraient décider de reconsidérer le niveau de leurs stocks alimentaires de sécurité et d'intrants agricoles de base. Mais la FAO met en garde contre le fait qu'il faut envisager cette éventualité avec le plus grand soin pour ne pas exacerber la "bogue-panique". En effet, l'accaparement de marchandises pourrait avoir des effets plus graves que les défaillances tant redoutées des ordinateurs. 19 avril 1999
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