Les agriculteurs africains ont besoin de simples pompes à eau


Femme au Malawi actionnant une pompe à pédale

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Interview avec Tom Brabben de l'IPTRID
(2'52" - en anglais) - En RealAudio (353Kb) et en Mp3 (1341Kb)
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Trouver suffisamment d'eau pour l'irrigation est un des principaux problèmes auxquels sont confrontés les agriculteurs d'Afrique subsaharienne. "Très souvent, les petits exploitants ne peuvent pas se permettre d'acheter, de faire fonctionner et d'entretenir des pompes d'irrigation à moteur", explique Tom Brabben, du Programme international pour la technologie et la recherche en matière d'irrigation et de drainage (IPTRID), parrainé par la FAO, la Banque mondiale et d'autres donateurs.

Les pompes à pédale produites localement à faible coût pourraient faire toute la différence et donner une forte impulsion à la sécurité alimentaire de la région, comme le laisse entendre un nouveau rapport IPTRID ("Pompes à pédale pour l'irrigation en Afrique"). Avec ces pompes à pédale bon marché et faciles à actionner, les agriculteurs peuvent se procurer l'eau pour leurs champs ou leurs potagers. Si les pompes sont fabriquées sur place, elles permettent également de créer des emplois et des revenus.

De nombreux agriculteurs africains irriguent encore leurs petites parcelles avec des systèmes de seaux, technique lente, pesante et nécessitant beaucoup de main d'œuvre. "Les pompes à pédale sont beaucoup plus efficaces et faciles à utiliser, déclare M. Brabben. Elles sont très commodes, l'agriculteur actionne les pédales qui soulèvent les pistons, lesquels aspirent jusqu'à cinq m3/heure".

En Afrique subsaharienne, seulement quatre pour cent des terres arables sont irriguées, ce qui limite gravement la productivité agricole dans une région où on estime à un tiers de la population les personnes souffrant de sous-alimentation chronique. En comparaison, 37 pour cent des terres arables sont irriguées en Asie, 24 pour cent en Afrique du Nord et 15 pour cent en Amérique latine.

A l'heure actuelle, en Afrique subsaharienne, l'essentiel du matériel d'irrigation est importé. Dans de nombreux cas, il a un coût prohibitif et est mal adapté aux besoins des petits agriculteurs.

"Si nous voulons parvenir à une utilisation plus rationnelle de l'eau ('more crop per drop') en Afrique, il faudra accroître le rôle des petites pompes fabriquées localement qui s'adaptent au contexte social et économique, affirme M. Brabben. Ceci aide l'économie, et les constructeurs locaux ont davantage de chances de mieux comprendre les besoins des agriculteurs". Les pompes à pédale, qui ont un prix de revient de 50 à 120 dollars E.-U., peuvent être construites avec du matériel courant dans tous les ateliers.

Le rapport fait remarquer que l'irrigation à petite échelle est une réussite dans de nombreux pays africains, à une époque où les grands aménagements des ressources en eau n'ont pas rempli les attentes. Ce sont généralement les agriculteurs qui conçoivent des petits systèmes d'irrigation à titre privé, sans intervention publique, pour faire face à la demande des familles et des marchés locaux.

Les études de cas réalisées au Kenya, au Niger, en Zambie et au Zimbabwe montrent qu'en utilisant les pompes à pédale plutôt que l'irrigation par seaux, les agriculteurs peuvent accroître les terres irriguées, réduire le temps de travail, améliorer la qualité des cultures, pratiquer de nouvelles cultures et accroître leur rotation.

En Zambie, le Programme spécial pour la sécurité alimentaire a contribué grandement à l'utilisation des petites pompes. Il a installé environ 200 pompes à pédale sur des parcelles de démonstration. Les revenus des agriculteurs qui les ont utilisées à la place des seaux sur les petites parcelles (moins d'un quart d'hectare) ont plus que sextuplé, passant de 125 dollars à 850-1 700 dollars E.-U.

Dans certains cas, l'intensité de culture est passée à trois récoltes par an. Au Zimbabwe, les pompes à pédale sont surtout utilisées pour l'irrigation des petits jardins potagers.

Par ailleurs, étant donné que les pompes à pédale atteignent normalement l'eau à 6 mètres de profondeur, elles n'appauvrissent pas les précieuses ressources en eaux souterraines, affirme le rapport, qui ajoute que la surface de la nappe d'eau locale ne s'abaisserait que si un grand nombre d'agriculteurs puisait dans ses réserves au même endroit.

30 janvier 2001

Consultez le rapport de l'IPTRID (5,2 Mb, version pdf, en anglais)
Voir le communiqué de presse de la FAO

 

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