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La bataille des agriculteurs boliviens contre les eaux
Les agriculteurs boliviens
plantent de jeunes arbres avec des outils fournis
dans le cadre d'un projet de foresterie de la
FAO Seize familles étaient particulièrement vigilantes. Pendant 5 ans, elles avaient participé à un projet d'agroforesterie de la FAO visant à utiliser les sols riches des berges pour cultiver arbres fruitiers et légumes. Dans le département montagneux de Potosí, moins de 3 pour cent des terres sont arables. Mais en construisant une digue en pierre pour empêcher la rivière de sortir de son lit, la petite communauté a pu exploiter les sols adjacents. La barrière, édifiée avec des tonnes de pierres maintenues par du fil métallique, mesure plus de 300 m de long, 4 m de haut et a une épaisseur de 3 mètres. Là où les petites parcelles sur les coteaux donnent normalement une seule récolte par an, sur les berges fertiles les familles produisent deux récoltes annuelles, et avec moins de main-d'uvre. Devant les résultats obtenus à Huatina, de nombreux autres villages de la région ont également commencé à planter en bordure de rivière. Mais cette année la Bolivie a été victime de pluies exceptionnellement torrentielles qui ont détruit une grande partie de la récolte du pays. Aujourd'hui, les alentours de la rivière Miculpaya offrent un spectacle désolant. L'eau a submergé de nombreux hectares de terres fertiles; les récoltes qui étaient sur le point d'être rentrées sont désormais inutilisables. Sauf à Huatina. Là, la digue et les efforts des familles pour contrebuter la structure contre la montée du fleuve ont empêché l'eau de pénétrer dans les champs. "Lorsqu'il y a cinq ans les agents de la FAO nous ont suggéré de construire cette digue, nous avouons que nous étions un peu sceptiques," explique Victoriano Samudio, le chef des 16 familles; "mais ils ont sauvé nos terres." Et d'ajouter: "Nous devons consolider la digue. Si nous n'avions pas été là pour la renforcer, l'eau serait entrée. Ce n'était qu'une question de centimètres." 26 février 2001
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