Les radios rurales demandent une plus grande collaboration


Les émissions de radio servent de tribune aux membres des communautés rurales, en particulier les femmes, pour qu'elles expriment leurs opinions et partagent leurs expériences. Ici, les femmes du sud du Mali participent à un programme de radio rurale.

Les radiodiffuseurs d'Afrique et des Etats-Unis ont demandé la création d'un réseau officiel visant à améliorer le flux d'informations intéressant les zones rurales et l'institution d'une Journée mondiale de la radio pour le développement afin de soutenir la radio rurale.

Voici quelques-unes des recommandations formulées durant le colloque organisé au siège de la FAO à Rome du 19 au 22 février. Plus de 40 radiodiffuseurs et représentants des institutions internationales appuyant le développement de la radio rurale ont participé au Premier atelier international sur la radio rurale, organisé par le Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication de la FAO. L'atelier a servi de tribune aux professionnels d'Afrique et des Etats-Unis, leur permettant de partager leurs expériences et d'étudier les possibilités de collaboration en vue de la promotion du développement agricole et rural. Thème de l'atelier: "Les nouvelles technologies de l'information et de la communication au service de la radio rurale: nouveaux contenus, nouveaux partenariats".

Ecoutez l'interview de Mosotho Stone (25 ans), réalisateur de programmes radio et membre du National Community Radio Forum de Johannesburg (Afrique du Sud), qui est convaincu que le Nord et le Sud peuvent combler le fossé numérique - en Realaudio (208Kb) ou en mp3 (784Kb) (en anglais, 1'41")

En Afrique, les radios rurales doivent faire face à la dure réalité de la gestion autonome. Ecoutez le directeur de "Radio UYEZU" à Koutiala, à 600 km de Bamako, capitale du Mali. (2'51") - en Realaudio (351Kb) ou en mp3 (1,290Kb) (2'51")

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"La réunion a donné lieu à une sorte de choc culturel des deux côtés," explique Jean-Pierre Ilboudo, spécialiste de communications à la Division de la recherche, de la vulgarisation et de la formation, "mais un choc nécessaire, une leçon utile pour l'ensemble des participants."

Et d'ajouter, "La radio rurale aux Etats-Unis a une vocation plutôt commerciale. Les agriculteurs ne constituent qu'environ 2 pour cent de la population, aussi les émissions sont très ciblées. Elles offrent des informations sur les prix, ont même des publicités sur les engrais. En Afrique, la radio rurale est plus orientée vers l'aide aux communautés rurales, une mission éducative à but non lucratif axée sur le développement. Après cet atelier, les deux parties comprennent la différence."

Les participants à l'atelier ont examiné comment fournir aux radios rurales des pays en développement un accès aux informations vitales de la FAO, notamment les données sur la sécurité alimentaire, les systèmes d'alerte rapide, les données d'après récolte et de commercialisation, et les données agricoles et météorologiques mondiales. Ils ont encouragé la FAO à utiliser davantage la radio pour la communication concernant les questions agricoles.

Il a été recommandé que la FAO crée un service mondial d'assistance pour les radios rurales qui comprenne des informations techniques, un ensemble d'outils virtuels pour les stations de radio et des liens vers d'autres radiodiffuseurs afin de faciliter les associations et les échanges d'information. Une autre suggestion du même ordre concernait la compilation, dans des bases de données nationales, des questions les plus fréquemment posées recueillies à l'échelon local, et des réponses correspondantes. Ces bases de données seraient constamment mises à jour pour traduire l'évolution des besoins d'information des communautés locales.

Une radio rurale interviewe un ancien d'une communauté du sud du Mali où, avec l'assistance de la FAO, quatre villages ont construit et gèrent leur propre station de radio.

Les participants ont souligné l'importance de l'évaluation des besoins des communautés locales pour la préparation du contenu des émissions, y compris les besoins des groupes trop souvent ignorés des femmes et des jeunes. L'apport de la communauté a été jugé essentiel pour garantir l'utilité des programmes radios pour le public local. Les radio diffuseurs ont mis l'accent sur le renforcement des capacités, en particulier la nécessité de former des ONG locales, des organisations d'agriculteurs et des journalistes sur comment et où aller chercher l'information sur les cours du marché, les innovations technologiques et d'autres sujets intéressant la collectivité, et comment interpréter les informations techniques et les transformer en messages qui passent bien. Ils ont préconisé des efforts de collecte de fonds pour soutenir les projets visant à fournir une formation, du matériel et des bourses aux radio diffuseurs des pays en développement.

Un comité de pilotage virtuel composé de membres de la FAO - en particulier du Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication, du Centre mondial d'information agricole (WAICENT) et des départements techniques - et de plusieurs ONG internationales et autres institutions soutenant la radio rurale, se mettra à l'œuvre en mars, par courrier électronique, pour transformer les recommandations en projets concrets et trouver des moyens de les mettre en pratique.

L'atelier de Rome est un point de départ, selon M. Ilboudo. "Désormais, les Américains veulent aller en Afrique pour se faire par eux-mêmes une idée des stations de radio rurale et pour offrir une aide en matériel et conseils. Il existe également la possibilité que des radiodiffuseurs africains visitent les stations rurales des Etats-Unis. Le Ministère de l'agriculture des Etats-Unis a manifesté sa disponibilité à faciliter l'échange en octroyant des bourses aux Africains."

En mai 2001, la FAO, avec d'autres partenaires comme l'UNESCO, le AgNet Radio Network in the United States et l'Association mondiale des radios communautaires (AMARC) au Canada, parrainera un atelier au Mali sur comment relier la radio à Internet. La conférence sera ouverte aux participants d'autres pays de la région, comme le Burkina Faso, le Niger et le Sénégal.

"L'idée à la base de toutes ces initiatives est d'aider les communautés rurales à renforcer les stations de radio existantes et à en créer de nouvelles, déclare M. Ilboudo. Ces stations doivent venir des communautés elles-mêmes si l'on veut que l'information qu'elles transmettent soit utile. C'est pour cela que la formation est essentielle".

2 mars 2001

 

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