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Ressources phytogénétiques accessibles à tous
Parmi les points à l'ordre du jour de la Conférence de la FAO, du 2 au 13 novembre 2001, se trouve l'Engagement international sur les ressources phytogénétiques. La Conférence examinera cette nouvelle convention internationale que les gouvernements ont négociée par le biais de la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture. Elle crée un système multilatéral offrant l'accès aux ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, ainsi qu'un partage juste et équitable des avantages tirés de leur utilisation. Elle comprend également une clause sur les droits des agriculteurs. José Esquinas-Alcázar, secrétaire de la Commission, parle de l'Engagement.
Comment définissez-vous la biodiversité? La biodiversité agricole ou, plus particulièrement, les ressources génétiques destinées à l'alimentation et l'agriculture, est le réservoir d'où l'humanité puise son alimentation, ses vêtements et ses médicaments. Elle est essentielle pour le développement de l'agriculture durable et de la sécurité alimentaire. On estime que 10 000 espèces ont été utilisées pour l'alimentation humaine et l'agriculture. Toutefois, environ 150 essences seulement constituent les régimes alimentaires de la majorité de la population de la planète. Douze de ces 150 essences assurent environ 70 pour cent de la nourriture, tandis que quatre seulement - le riz, le maïs, le blé et la pomme de terre - constituent plus de 50 pour cent de l'alimentation. Il est donc clair que nous ne tirons pas pleinement parti des ressources disponibles. Que signifie cet Engagement international? Tous les pays sont fortement tributaires, pour leur alimentation et leur agriculture, des ressources phytogénétiques qui viennent d'autres nations. Paradoxalement, les pays les plus riches en gènes sont souvent les plus pauvres économiquement parlant. L'essentiel de la diversité génétique végétale de la terre se trouve dans les régions tropicales et subtropicales, c'est-à-dire dans les pays en développement. Malgré leur importance vitale pour la survie de l'espèce humaine, les ressources génétiques se perdent à un rythme alarmant à cause du manque de mesures d'encouragement pour leur développement et leur conservation. C'est pourquoi la nouvelle convention internationale ayant force exécutoire vise à garantir aussi bien la conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques, que le partage juste et équitable des avantages qui dérivent de leur utilisation. Après des négociations qui ont duré plusieurs années, la Commission de la FAO sur les ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture, qui regroupe 160 Etats membres et l'Union européenne, est parvenue à un accord sur l'Engagement international en juin dernier. Cependant, il faut encore dégager un consensus sur quelques points importants. Les pays devraient mettre la dernière main aux négociations durant le Conseil de la FAO (30 octobre - 1er novembre). Si la Conférence de la FAO (2-13 novembre) approuve ensuite, comme prévu, la Convention, celle-ci entrera en vigueur dès sa ratification par 40 pays. A partir de là, l'accès aux ressources génétiques des cultures les plus importantes serait réglementé de façon multilatérale, de même que le seraient le partage des avantages, le renforcement des capacités, le transfert des technologies et le paiement d'une part équitable des avantages commerciaux tirés de l'utilisation des ressources génétiques. En quoi la diversité génétique est-elle importante pour l'alimentation? Afin de montrer l'importance de la diversité génétique pour la sécurité alimentaire, nous pouvons donner un exemple très parlant: la famine qui a terrassé l'Europe à la fin des années 1830, en raison de la perte massive des récoltes de pommes de terre frappées par la maladie. Le problème a été résolu en trouvant des variétés résistantes à la maladie, en Amérique latine, terre d'origine de la pomme de terre. Ceci n'a été possible que grâce à la grande diversité génétique que les agriculteurs de cette région avaient créée, développée et conservée au fil des générations. Aujourd'hui, il est plus important que jamais de conserver les variétés traditionnelles existantes, afin que les générations futures puissent affronter les changements environnementaux imprévisibles et les besoins de l'homme. L'Engagement international reconnaît l'énorme contribution des communautés locales et autochtones et des agriculteurs et encourage les gouvernements nationaux à sauvegarder et promouvoir les droits des agriculteurs, notamment la protection de leur savoir traditionnel, le droit à une participation équitable aux avantages et le droit de participer aux décisions nationales concernant les ressources phytogénétiques. En quoi la biotechnologie peut-elle soutenir l'idée à la base du thème de la Journée mondiale de l'alimentation "Lutter contre la faim pour réduire la pauvreté?" Je préfère parler au pluriel de "biotechnologies". Il ne fait aucun doute que le développement et l'utilisation de biotechnologies nouvelles et traditionnelles peuvent contribuer considérablement à réduire la faim et la pauvreté dans le monde. Les ressources génétiques et les biotechnologies devraient être considérées comme complémentaires, car les premières fournissent la matière première pour ces dernières. Même les biotechnologies les plus sophistiquées ne créent pas de gènes, mais recombinent les biotechnologies existant dans la nature pour produire de nouvelles variétés et des produits agricoles. Les biotechnologies modernes offrent des outils puissants pouvant accroître et améliorer la production dans divers cas, notamment au service des petits agriculteurs et des économies locales. La principale question est de savoir quelles biotechnologies et dans quel but. Les grandes entreprises commerciales produisent de gros investissements et exigent normalement un rendement à court terme sur quelques produits standardisés, ce qui ne dessert pas nécessairement le but de réduire la faim dans le monde. Pour cette raison, il est important que le secteur public absorbe également les investissements, qui puissent poursuivre la participation à la recherche biotechnologique, afin de veiller à prendre en compte les besoins des pauvres. La FAO travaille sur un Code de conduite sur les biotechnologies visant à optimiser leur potentiel et à réduire les risques au minimum. 30 octobre 2001
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