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Besoins alimentaires: quels sont-ils réellement?
Les experts révisent les besoins énergétiques pour la première fois en 20 ans
"La dernière consultation date d'il y a bien longtemps", dit Eileen Kennedy, ancienne adjointe du sous-secrétaire pour la recherche, l'éducation et l'économie au Département de l'agriculture des Etats-Unis et présidente de la consultation d'octobre dernier. "La bonne nouvelle est qu'aujourd'hui nous disposons d'informations plus précises". Les recommandations formulées par la réunion seront publiées prochainement dans un rapport. La dernière consultation remonte à 1981. Depuis lors, un certain nombre de nouveaux instruments et données ont permis aux nutritionnistes de mieux comprendre les besoins énergétiques de l'homme. Parallèlement, de profondes transformations des modes de vie se traduisent par de nouveaux enjeux pour la santé. Obésité et faimUn des changements les plus significatifs est l'émergence de l'obésité dans les pays aux prises avec la faim. Ce changement s'explique par un accroissement des revenus et des disponibilités de nourriture (sans qu'il s'agisse forcément de nourriture de meilleure qualité), de même que par la diminution des niveaux d'activité dans une grande partie du monde en développement. Dans de nombreux cas, l'obésité cohabite avec la faim au sein d'un même ménage. (Pour tout complément d'information sur l'obésité, voir notre dossier "Le nouveau fardeau du monde en développement: l'obésité). L'augmentation de l'obésité met également en cause certaines conceptions de base sur les recommandations énergétiques. Par exemple, le rapport de la dernière consultation avait recommandé de procurer un complément nutritionnel aux enfants sous-alimentés pour leur restituer un poids normal. Mais cette année, les experts de plusieurs pays en développement ont fait remarquer que cette approche comportait un problème. "Lorsque les informations servaient à planifier des programmes d'alimentation, elles portaient dans certains cas à l'obésité", explique Prakash Shetty, Chef du Service de la planification, de l'analyse et de l'évaluation nutritionnelles de la FAO.
Activité et exerciceLes experts réunis à la consultation de cette année ont convenu que le problème de l'obésité doit être affronté de toute urgence. La solution consiste, en partie, à encourager l'activité physique, car l'exercice comporte de gros avantages pour la santé, tout en permettant de brûler des calories. Tout le monde peut en tirer profit, et non pas juste les personnes souffrant d'un excédent pondéral. "On doit manger tous les jours et faire de l'exercice tous les jours", dit Dr. Kennedy. Plusieurs postulats sur le mode de vie ont été également remis en question lors de la consultation. Il s'avère que les habitants du monde en développement sont moins actifs qu'ils ne l'étaient. L'automatisation de l'agriculture porte les fermiers à dépenser moins d'énergie pour obtenir le même résultat. Et à mesure que les revenus augmentent, les gens adoptent un style de vie plus sédentaire, par exemple ils se déplacent en véhicule plutôt qu'à pied. Mieux comprendre grâce aux nouvelles méthodes?Les participants ont confirmé la validité de la plupart des recommandations énergétiques précédentes - facteur rassurant après des années de critiques soutenant que les chiffres étaient trop élevés. Mais de meilleures données utilisant de nouveaux instruments les ont portés à réviser les besoins énergétiques pour certains groupes. (Pour en savoir plus sur les nouveaux instruments, cliquer ici). Par exemple, les scientifiques ont découvert que les enfants sont moins actifs qu'on ne le pensait auparavant et qu'ils ont donc besoin de moins de calories. En revanche, les adolescents ont besoin de plus de calories.
Les recommandations spécifiques pour les femmes enceintes et allaitantes seront également révisées. Les besoins énergétiques peuvent baisser dans certains cas car il s'avère que les femmes enceintes sont moins actives que l'on ne pensait précédemment. Mais au lieu d'émettre une unique recommandation sur le gain de poids pour une grossesse saine, le calcul sera fait en tenant compte d'une insuffisance de poids ou d'un excès pondéral éventuel de la mère. Et tandis que les recommandations précédentes considéraient en bloc tous ceux de plus de 60 ans, les nouvelles directives s'appliqueront à des sous-groupes. "Il y a une grande différence de besoins et de dépenses énergétiques chez les individus de 60 à 75 ans et ceux de 75 ans et plus", fait remarquer Irwin Rosenberg, professeur de physiologie, médecine et nutrition à la Tufts University School of Medicine. Les personnes âgées de 60 ou 70 ans peuvent encore être des membres très actifs au sein du ménage. Mais en vieillissant, les gens ont tendance à faire moins d'exercice tandis que le corps perd sa masse musculaire; ce qui veut dire qu'il requiert moins de calories en général. Ces facteurs sont plus marqués chez les personnes de plus de 75 ans. Le nouveau rapport fera apparaître tous ces changements. Transformer la science en moyen d'actionSi les physiologistes de la consultation sont intervenus sur les recommandations scientifiques, les nutritionnistes doivent mettre les résultats en pratique. "Nous devons convoquer une autre consultation pour nous assurer que les pays en développement peuvent utiliser ces informations", dit Barbara Burlingame, Fonctionnaire principale au Groupe d'analyse et d'évaluation de l'impact nutritionnel de la FAO. Une consultation portant sur les applications pratiques sera programmée une fois que les nouvelles directives seront rédigées. Il reste encore une énigme à résoudre: les niveaux d'activité qui doivent constituer le fondement des nouvelles recommandations énergétiques. Les experts ont convenu qu'il est important d'utiliser un niveau d'activité compatible avec une bonne santé. Malheureusement, l'activité physique prise en compte était plus élevée que celle que pratiquent la plupart des gens, au moment même où les hommes réduisent leur activité. Si les calculs révisés se traduisent par des niveaux caloriques plus élevés sans une augmentation concomitante de l'activité, le résultat pourrait être un accroissement de l'obésité, précisément ce qui est délétère au monde en développement. "Nous devons empêcher que ceci arrive", déclare Dr. Shetty. 17 janvier 2002
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