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Un Forum pour une alimentation plus
saine
p Uruguay: Contrôle de
qualité et de sécurité
d'aliments emballés
(FAO/19806/R.Faidutti) Avec l'augmentation des déplacements et du commerce, les dangers traversent les frontières plus rapidement. Des structures de réglementation ne discriminant pas les pays les plus pauvres sont nécessaires. L'expansion des biotechnologies et de l'agriculture organique soulève aussi de nouveaux problèmes. Partout dans le monde, les producteurs, les responsables et les consommateurs ont plus que jamais besoin d'informations. Le Forum mondial des responsables de la réglementation en matière de sécurité sanitaire des aliments, qui se tiendra à Marrakech (Maroc) du 28 au 30 janvier, permettra de mettre de divulguer des informations. Organisé par la FAO et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur requête du G8, il réunira des responsables de la sécurité alimentaire du monde entier ainsi que des observateurs d'un certain nombre d'agences des Nations Unies et d'organisations de développement. Le retard pris par la sécurité alimentaire"Notre capacité de produire des aliments a augmenté ces dernières années mais notre capacité d'assurer leur sécurité sanitaire a pris du retard", admet Ezzedine Boutrif, principal organisateur du Forum et spécialiste FAO de la protection des consommateurs. "Cela est mauvais pour le commerce tout autant que pour la santé." Par exemple, l'incapacité d'appliquer la réglementation concernant l'aflatoxine dans les produits à base d'arachide a entraîné un manque à gagner de 250 millions de dollars aux pays africains l'an dernier; en 1991, les inquiétudes concernant le choléra dans le poisson ont causé une perte de 700 millions de dollars au Pérou. Si les principaux acteurs de tous les pays uvraient ensemble, ajoute le Dr Boutrif, ils pourraient prévenir une grande partie de ces pertes. Le cadre d'action existe déjà: depuis 1963, la FAO et l'OMS administrent conjointement la Commission du Codex Alimentarius qui fixe et met à jour des normes pour un large éventail de produits alimentaires, notamment dans les domaines de la contamination microbiologique, des toxines naturelles et environnementales, des niveaux acceptables de résidus de pesticides, des médicaments vétérinaires, de l'étiquetage, et bien d'autres encore. Ses recommandations ont uniquement valeur consultative mais les accords passés dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce les utilisent comme étalon. La Commission et ses divers comités relient déjà les experts du monde entier mais le Forum de Marrakech va promouvoir un échange de vues et de connaissances au plan international qui facilitera sans doute le processus de négociation. Les dangers ne connaissent pas de frontièresLe Forum arrive en temps opportun. Selon M Mitsuhiro Ushio, Ministre japonais de la santé, du travail et du bien-être, l'encéphalopathie spongiforme bovine (ou maladie de la vache folle) est un des dangers montrant à quel point les questions de sécurité sanitaire des aliments affectent la communauté internationale. Dans une communication qui sera présentée au Forum, il souligne les nombreuses leçons que l'on peut tirer de l'épidémie. "Lorsqu'un problème se déclare quelque part dans le monde, nous ne devons pas oublier qu'une importante quantité d'aliments pour les personnes et les animaux est distribuée à l'échelle mondiale Un pays comme le Japon, qui est tributaire des importations de produits alimentaires pour 60 pour cent de son approvisionnement, doit prendre en compte la sécurité des aliments importés", dit-il; et il ajoute que l'accès des producteurs aux marchés d'exportation dépend de leurs capacités de satisfaire les prescriptions réglementaires des pays importateurs. Mieux vaut prévenir que guérir. Aujourd'hui, de nombreux pays exigent une gestion des risques par le biais du Système d'analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise (HACCP). Au lieu de faire seulement fond sur l'inspection des produits alimentaires avant leur distribution, le producteur détermine exactement où peuvent se poser des problèmes et prend des mesures préventives. Si l'on fait cela à tous les stades de risque potentiels et si l'on maintient les mesures préventives, la sécurité sanitaire de la nourriture est assurée. Sécurité sanitaire des aliments: ni facile ni bon marchéMais l'établissement d'un système HACCP peut être coûteux et difficile. Par exemple, le producteur qui veut identifier les divers points auxquels peut intervenir une contamination microbiologique doit savoir quels agents pathogènes peuvent attaquer son produit et comment ils se reproduisent. Il n'est peut-être pas facile aux producteurs des pays en développement d'obtenir ces informations; c'est pourquoi le renforcement des capacités sera l'un des points importants du Forum de Marrakech. Pour protéger leurs ressortissants des maladies d'origine alimentaire et satisfaire les normes internationales d'exportation, les pays en développement doivent souvent envisager des investissements considérables dans la formation et l'établissement de laboratoires. Les tests de détection des résidus chimiques peuvent être coûteux et difficiles à mener de manière fiable. Par exemple les analyses des résidus de dioxine, potentiellement carcinogènes, semblables à ceux détectés dans des aliments pour animaux belges en 1999, peuvent prendre de cinq à six semaines. Il n'en reste que des progrès importants pourraient être réalisés si les principes fondamentaux de sécurité sanitaire des aliments étaient suivis. Plus de 50 pour cent des expéditions de produits alimentaires refusés par les Etats-Unis le sont pour des raisons de simple hygiène et d'étiquetage. Les organismes internationaux offrent une assistance technique dans le domaine de la sécurité des aliments. La Commission du Codex Alimentarius a préparé des directives et des matériels de formation sur l'utilisation du système HACCP. La FAO a constitué un fonds fiduciaire pour aider les pays moins développés à améliorer la sécurité sanitaire de leurs produits alimentaires. En outre, dans le cadre du Cycle d'Uruguay, les pays développés se sont engagés à aider les pays en développement à améliorer la sécurité sanitaire de leurs produits alimentaires pour qu'ils puissent être concurrentiels sur les marchés internationaux. Malheureusement, certains pays en développement ne sont pas vraiment au courant de cette opportunité. Le Forum permettra de mieux faire connaître les divers types d'assistance disponibles et donnera aux pays développés la possibilité d'en apprendre plus sur les besoins des pays en développement. Mais même dans les pays disposant des systèmes les mieux réglementés de sécurité sanitaire des aliments, on enregistre de nombreux cas d'empoisonnement alimentaire causés par les méthodes d'entreposage et de préparation des aliments dans les foyers et les restaurants. C'est pourquoi le Forum examinera les questions de communication et de participation, ciblant les consommateurs aussi bien que l'industrie. "La sécurité alimentaire est un problème particulièrement pressant parce qu'il est possible d'éviter de nombreux incidents", dit encore le Dr Boutrif. "Ce Forum porte sur les moyens de les éviter. S'il débouche sur un transfert de connaissances et de ressources, nous nous estimerons satisfaits." 24 janvier 2002
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