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Sécurité des aliments en Europe, tant à l'ouest qu'à l'est
p Inspection
des fromages dans une coopérative en
Hongrie, pays qui peut espérer un meilleur
accès aux marchés européens.
Mais qu'en est-il pour les pays de l'est qui ne
rejoignent pas l'UE?
(FAO/20991/R.Faidutti) La Commission européenne dispose de règlements pour protéger les consommateurs, et chacun des Etats membres a également les siens. Mais sont-ils suffisants? Qu'en est-il des pays qui se préparent à adhérer à l'Union européenne? Et les nations plus à l'est? Les règlements de l'Union sont-ils un obstacle au commerce? La sécurité des aliments est importante, mais en bloquant les importations, les communautés rurales d'Europe de l'Est pourraient se retrouver prises au piège de la pauvreté. Les experts de sécurité sanitaire des aliments, les associations de consommateurs et les ONG de 43 pays d'Europe et des anciennes républiques de l'Union soviétique en Asie examineront ces questions à la Conférence paneuropéenne sur la sécurité sanitaire et la qualité des aliments qui se tiendra à Budapest, en Hongrie, du 25 au 28 février. C'est la deuxième des grandes réunions sur la sécurité des aliments organisées cette année par la FAO en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La première, le Forum mondial des responsables de la réglementation en matière de sécurité sanitaire, s'est déroulée à Marrakech (Maroc) fin janvier. "La Conférence de Budapest sera différente, non seulement d'un point de vue d'application régionale, mais aussi de compétence", explique Niek Schelling, expert de la FAO en matière de normes alimentaires, qui coordonne la Conférence pour la FAO. "Le Forum de Marrakech était une séance de réflexion qui rassemblait des professionnels du monde entier. Cette conférence s'efforcera de trouver des solutions aux problèmes concernant spécifiquement l'Europe." Notre nourriture est-elle sans danger?Les dangers alimentaires spécifiques seront au programme des questions examinées à la Conférence. La surveillance de la maladie des vaches folles fera l'objet d'un atelier à part. Parmi les autres risques à débattre: l'accroissement des cas rapportés de souches de salmonelle résistantes aux médicaments. En outre, les notifications de cas d'infection gastro-intestinale commune campylobacteriosis - qui peuvent causer des problèmes de santé chroniques, y compris des troubles neurologiques - ont augmenté depuis les années 80, en particulier au Royaume-Uni. Les contaminants chimiques constituent également un problème. De nombreux pays d'Europe de l'Est souffrent d'un retard d'information. Sans évaluation des risques alimentaires, il est difficile de se rendre compte qu'il existe un problème - et la quantité de données parvenant à l'ouest est limitée. Les définitions différentes de termes techniques, ainsi que les différents moyens de collecter et de classer l'information peuvent rendre les comparaisons et l'interprétation des données difficiles. Et les bouleversements politiques peuvent avoir interrompu les anciens systèmes administratifs de centralisation de l'information. Par ailleurs, les risques alimentaires en Europe de l'Est diffèrent de ceux d'Europe de l'Ouest. Par exemple, en Europe de l'Est, la contamination chimique tend à se produire dans des "points chauds" et dérive de la pollution industrielle et agricole - comme la mer d'Aral polluée et partiellement drainée. Dans les pays limitrophes, elle peut être la cause de taux élevés d'anémie, de maladies des reins, du foie, de problèmes respiratoires, de cancer, de tuberculose, etc. Dans l'UE, si tous les oeufs d'une provenance donnée sont contaminés, les consommateurs peuvent acheter des ufs d'une autre origine. Dans les pays plus pauvres de l'est, les gens n'ont pas le choix, et en conséquence peuvent être victimes de la faim. La sécurité sanitaire des aliments est aussi, par conséquent, une question de sécurité alimentaire. Une sécurité sanitaire des aliments efficace nécessite une approche intégrée "de la ferme à la table", avec des stratégies de contrôle à tous les stades de la transformation au cours desquels la contamination pourrait avoir lieu. Ceci demande des ressources et une formation. "Nous examinerons des moyens de financer et d'organiser de telles stratégies à la Conférence de Budapest et au-delà", indique Dr Schelling. Repas
familial au Tadjikistan. Les consommateurs des pays
de l'est ont le droit de savoir si leur nourriture
est saine; ils ont également besoin de
débouchés à l'exportation vers
l'ouest. (FAO/20636/E.Yeves) Partenaires pour le commerce et la sécurité des alimentsMais le commerce est également un problème. Quatre-vingt-cinq pour cent des échanges alimentaires en Europe ont lieu au sein de l'Union - les opportunités pour les pays d'Europe de l'Est sont limitées en partie par les normes différentes de sécurité des aliments de l'UE. La Commission européenne accorde son soutien à la Conférence et souhaite éliminer les barrières au commerce, mais certaines sont plus difficiles à ôter que d'autres. Par exemple, les abattoirs exportant en UE doivent respecter des normes très strictes, en particulier à cause de la maladie des vaches folles. Toutefois, les pays sont en mesure de perfectionner leurs normes de sécurité alimentaire "à la carte". La Moldavie, par exemple, a manifesté un intérêt dans la mise à jour des normes pour certains produits exportables, comme les fruits et légumes frais, en se fondant sur le Codex Alimentarius, les normes de sécurité des aliments mises au point par la FAO et l'OMS,. Une autre question sera discutée à la réunion de Budapest: la transparence. Les consommateurs sont de moins en moins disposés à faire confiance aux experts sur la sécurité sanitaire des aliments, et ils doivent pouvoir comprendre le fonctionnement des systèmes de réglementation. La diffusion de ces informations auprès du public est également importante à un autre égard: des aliments sains peuvent devenir dangereux s'ils sont mal conservés ou préparés par les consommateurs à la maison - là où est contractée une bonne partie des intoxications alimentaires. 21 février 2002
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