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Enseignements de l'expérience

 

Dénomination du Projet:

Les femmes autochtones et le système des Nations Unies. Bonnes pratiques et enseignements tirés

 
Auteurs:

Secrétariat de l’instance permanente sur les questions autochtone

   

Document de référence:

 

Les femmes autochtones et le système des Nations Unies. Bonnes pratiques et enseignements tirés de l’expérience des organismes des Nations Unies, 2008.

À sa session de février 2004, le Réseau interinstitutions pour les femmes et l’égalité des sexes a décidé de créer l’Équipe spéciale pour les femmes autochtones à la suite des recommandations formulées par l’Instance permanente, à sa troisième session (2004), qui avait été consacrée à l’examen des contributions uniques que les femmes autochtones apportent à leurs familles, leurs communautés et leur pays.

L’Équipe spéciale pour les femmes autochtones a adopté un programme de travail de trois ans. L’Équipe a pour principale vocation de renforcer l’intégration de la problématique hommes-femmes dans les travaux des organismes des Nations Unies ayant une incidence sur les autochtones. Dans le cadre de ses activités, elle a notamment compilé une liste des bonnes pratiques permettant de s’attaquer aux problèmes des femmes autochtones, en se basant sur 18 études de cas. Les études de cas mettent en évidence et décrivent les difficultés et les perspectives particulières des femmes autochtones dans différents domaines ainsi que leur participation et leur sens de la conduite de l’action en tant qu’actrices des projets. Les principales leçons tirées peuvent être résumées de la façon suivante:

1. Les projets ne peuvent fonctionner sans le talent et les capacités de dirigeants. Ce sont eux qui encouragent et mobilisent les autres et qui peuvent avoir besoin d’un appui extérieur, notamment d’une formation spécialisée et de possibilités de mettre en commun et d’échanger des données d’expérience et des enseignements avec d’autres projets et démarches faisant intervenir les populations autochtones, pour comparer, apprendre et se rallier à des actions plus vastes. Les initiatives visant à renforcer les capacités — formation aux fonctions de direction, développement des aptitudes, assistance technique et alphabétisation — occupent une place prépondérante dans les études de cas recueillies. L’appui à la postalphabétisation devrait s’attacher à améliorer les processus de formation et le renforcement des capacités, en allant plus loin que l’enseignement de la lecture, de l’écriture et du calcul pour permettre aux femmes de mieux exécuter leurs activités de production et d’augmenter les revenus des ménages.

2. En renforçant les compétences des hommes et des femmes avant le stade de la planifi cation, on améliore la participation des bénéficiaires en leur donnant davantage le sentiment de maîtriser les projets, condition indispensable pour que ceux-ci soient correctement gérés et relayés par les populations.

3. Dans la plupart des cas, les organisations de femmes autochtones, les organisations des peuples autochtones et les bureaux de pays des Nations Unies ainsi que les autres acteurs concernés ont étroitement collaboré et échangé des informations.

4. La sûreté juridique et l’application des lois en ce qui concerne les différents aspects de la vie des personnes autochtones (citoyenneté, documents d’identité, droit à la propriété individuelle et collective, droits à la terre et territoire, droits de propriété intellectuelle, etc.) sont des éléments importants pour la pérennité de leur processus de développement.

5. L’une des difficultés mises en évidence par les études de cas tient aux tensions nées de la volonté des femmes autochtones de revendiquer leurs droits collectifs en tant que peuple autochtone et leurs droits individuels en tant que femmes. En faisant pression pour obtenir que les deux sexes soient traités sur un pied d’égalité, les femmes autochtones sont souvent accusées de saper l’unité des mouvements autochtones qui défendent leurs droits collectifs. En outre, on ne sait pas exactement à quel point le droit à l’égalité contrevient aux us et coutumes de la culture autochtone, mais l’expérience montre que le renforcement des droits des femmes est bénéfique à l’ensemble du groupe. Il faut donc aussi faire des droits des femmes énoncés dans les traités internationaux des notions et des priorités applicables. Il existe à ce propos des études des pratiques rationnelles susceptibles d’être reproduites.

6. Même si les femmes autochtones continuent d’être marginalisées et victimes de discrimination, les projets ont montré qu’en faisant intervenir les administrations publiques et les organisations autochtones et en encourageant les partenariats, on pouvait effectivement mieux faire reconnaître les droits des peuples et des femmes autochtones, s’attaquer aux attitudes patriarcales et discriminatoires et s’approcher davantage de l’égalité des chances dans le domaine public.

7. Il est important de créer des synergies entre les administrations publiques et les bureaux de pays des Nations Unies pour mettre au point un programme systématique d’analyse et de réforme de la législation en vigueur, de formation juridique et d’échanges diversifiés entre les organisations autochtones, en particulier de femmes, les autorités publiques et locales et les autres acteurs sociaux.

8. La décentralisation accrue et le transfert de pouvoir aux autorités locales, ainsi que leurs effets sur le pouvoir local et l’investissement public, ouvrent actuellement de nouveaux espaces à la participation des autochtones à l’administration locale et à la gestion des territoires, des collectivités et des quartiers, avec une légitimité qui perdure.



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