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Attitudes participatives et principes clés
Attitudes participatives et principes clés d'application des méthodes/outils participatifs

 

Noter que ce texte, qui a trait à la "Section outils de terrain", est centré sur l'apprentissage/la facilitation participative des processus participatifs du point de vue de quelqu'un ayant une perspective extérieure, plutôt que du point de vue de quelqu'un ayant une perspective interne, ou de la construction d'une institution participative

En général, la participation est une action collective visant à atteindre certains objectifs communs: cela signifie "prendre part" et "être impliqué". La tâche principale d'un(e) facilitateur/agence externe est en conséquence d'encourager et d'impliquer des personnes dans ce processus/cette activité.

Dans un processus participatif, les personnes/groupes partagent des connaissances, des idées, des opinions, des votes, un matériel, des activités, des finances, etc. afin de parvenir à un accord commun ou à des décisions conjointes, dans la transparence.

Il existe différents niveaux de participation, de la participation passive où les personnes sont impliquées seulement pour fournir à d'autres des informations ou pour s'entendre raconter ce qui se passe, à la participation active/mobilisation personnelle où les personnes prennent des initiatives indépendamment des institutions externes.

La maîtrise locale est un processus progressif de participation permettant aux acteurs de prendre entièrement eux-mêmes des initiatives en vue de leurs propres intérêts. Cela dépasse de beaucoup la simple notion d'élargissement de la prise de décisions. Cela suppose que les acteurs soient capables d'appréhender la réalité de leur situation et que cette compréhension se reflète sur les facteurs influençant ladite situation en vue, essentiellement, d'améliorer celle-ci.

Lorsqu'on applique/met en oeuvre des méthodes/approches/outils participatifs, il importe au plus haut point de savoir non seulement comment une technique participative particulière est appliquée, mais également quels sont les principes clés qui sous-tendent ces techniques ainsi que les attitudes qu'il faut avoir pour enclencher le processus participatif.


Attitudes participatives

1. Chaque idée compte / chacun a son point de vue

Il faut admettre pour commencer - et beaucoup ne le font pas - que les différents individus et les divers groupes ont - selon leurs antécédents respectifs - des perceptions différentes, ce qui les mène à évaluer les situations de facon différente et à agir différemment.

Cette vérité s'applique à chacun - y compris les facilitateurs et les promoteurs des processus participatifs. Les vues de chaque individu sont lourdes de signification, de partis pris et de préjugés, ce qui signifie qu'on obtient des descriptions et des interprétations multiples des phénomènes, des événements et des actions...

Cette prise de conscience mène à la compréhension qui est la base indispensable de tout processus participatif; chacun est différent et complémentaire et peut offrir d'importantes contributions à un processus, même si cela peut paraître à première vue inutile ou provocateur.

Souvenez-vous: Là où tout le monde pense pareil, on ne pense pas beaucoup!


2. L'attitude d'apprentissage

Les facilitateurs et promoteurs, de même que toute autre personne engagée dans le processus de participation, devraient adopter une attitude d'apprentissage qui consiste à apprendre d'autres personnes/groupes avec lesquels(elles) ils travaillent - plutôt qu'une attitude de "donneur de leçons".

L'"attitude d'apprentissage" s'installe quand on reconnaît la valeur de l'expérience et des connaissances des divers groupes et des différentes personnes eu égard à leurs conditions de vie et qu'on les considère comme des experts dans leurs propres domaines. Le rôle du facilitateur est donc de promouvoir l'implication de tous et de toutes en soutenant les divers processus (enquêtes, analyses et évaluation des problèmes, contraintes, possiblités, décisions opportunes).


3. La transparence

Une prise de décision participative signifie être prêt à atteindre un compromis de la part de tous. Pour atteindre un compromis et une collaboration constructive qui sont à la base d'une atmosphère de confiance, toutes les parties prenantes doivent atteindre la transparence.

La transparence permet d'éviter les "non-dit", les soupçons et les situations où tous les acteurs tentent de protéger leurs propres intérêts sans être prêts à un compromis qui soit accepté par toutes les parties prenantes.


4. La souplesse

Il est très difficile, dans le contexte des processus participatifs, d'apprendre à s'ouvrir aux idées et opinions des autres. Souvent, le point de vue d'autrui semble difficile à comprendre et peut même heurter certains principes ou croyances. Accepter cette réalité exige une grande dose de souplesse et il faut beaucoup de courage pour faire temporairement abstraction de ses propres perceptions, suivre le processus en toute neutralité et être toujours prêt à replanifier si nécessaire.


Principes clés d'application des méthodes et outils participatifs

1. Conduire à agir et à débattre du changement

Les processus participatifs conduisent à des discussions sur les changements à apporter à des situations existantes et donc sur l'infléchissement des perceptions des acteurs et de leur volonté d'agir. Le processus qui consiste à analyser ensemble et à dialoguer permet de définir ces changements et tente de motiver les populations à les mettre en oeuvre. Cette action inclut la construction et le renforcement d'une institution locale, augmentant ainsi la capacité des populations à initier des activités collectives auto-centrées en vue d'un avenir meilleur.


2. Action iteractive et analyse échelonnée

La participation est un processus iteractif qui est sensé se manifester à chaque étape du cycle du projet. Les décisions/accords devraient être revus périodiquement et leur validité vérifiée afin de s'ajuster aux changements survenus dans le cadre des conditions/situations/besoins apparus entre-temps.

Cela signifie que les processus analytiques devraient suivre une procédure échelonnée, c'est-à-dire qu'ils devraient être centrés au début sur le rassemblement d'informations générales, puis sur des thèmes spécifiques, et finalement faire l'objet d'une analyse détaillée (en profondeur) des problèmes, besoins et potentiels au niveau local. De plus, l'équipe des facilitateurs devrait constamment passer en revue leurs recherches afin de déterminer dans quelle direction ils sont sensés de diriger.


3. Perspectives multiples

Une fois que les différents points de vue ont été pris en considération, le résultat d'une analyse/décision fournira un tableau plus précis et complet de la situation qui sera compris et/ou modifié. En conséquence, lorsqu'il s'agira de faciliter un processus participatif, on doit chercher à mêler la composition des équipes, des outils et des techniques, de même que les sources d'informations/groupes d'intérêt:

Composition des équipes
Multidisciplinarité, analyse des rôles, antécédents et aptitudes, internes et externes

Outils et techniques
Interviews, cartographie, diagrammes, échelle sociale, observation, discussion, données secondaires

Sources d'informations/Groupes d'intérêt
Hommes et femmes, jeunes et vieux, divers groupes sociaux, différentes professions


4. Souplesse dans l'application des instruments et le choix du degré de précision

Il n'y a aucune recette miracle ni aucun "mode d'emploi" pour faciliter les processus de participation. Les méthodes et outils ne devraient pas être utilisés mécaniquement mais devraient s'adapter au contexte et être en harmonie avec la question ou le thème à discuter. Le choix d'un outil particulier devrait également être déterminé par les caractéristiques spécifiques de la société, de la communauté ou du groupe avec lequel(laquelle) travaille l'équipe participative .

Par exemple, l'objectif de l'analyse participative d'un problème n'est pas d'être absolument exemplaire (on ne peut pas tout savoir ou discuter de tout), mais d'avoir un degré de précision approprié ou adéquat. Afin de déterminer ce qui est "adéquat", les facilitateurs doivent se poser la question suivante: "Quelle information est nécessaire, dans quel but, et de combien d'informations les personnes auront-elles besoin pour leur analyse?”


5. Partage visuel

Lorsque les participants réussissent à visualiser dans un processus participatif, ceux-ci ont l'occasion de suivre la discussion plus aisément, surtout les personnes analphabètes et celles qui arrivent en retard à la séance. Les cartes, les diagrammes, les échelles et les autres formes de visualisation permettent une prise de décision consensuelle puisque tous peuvent directement exprimer leurs opinions sur le tableau ou sur le sol.


6. Formation de groupe

Les ateliers participatifs et les autres processus participatifs plus complexes sont facilités par l'utilisation d'équipes interdisciplinaires étant donné que la complexité de la plupart des situations ne seront révélées que par le truchement de l'analyse de groupe et l'interaction, ce qui nécessite la contribution de différents experts.


7. Prise de conscience personnelle critique

Les promoteurs/facilitateurs des processus participatifs doivent être très attentifs à analyser constamment leurs propres partis pris. Cela signifie qu'il leure faut constamment réfléchir sur le phénomène qu'ils semblent avoir perçu, vraiment écouté et observé, et qu'ils ont déjà jugé et interprété.



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