Février 1998
| Food and Agriculture Organization of the United Nations | United Nations Capital Development Fund | International Fund for Agricultural Development | German Agency for Technical Cooperation | Swiss Agency for Development and Cooperation | World Bank |
Rome
16-18 December 1997
Technical Consultation on Decentralization
Documentation
J'AI LE PLAISIR D'OUVRIR la consultation d'experts sur la décentralisation du développement rural. Je vous souhaite, au nom du Directeur-général de la FAO et en mon nom personnel, la bienvenue dans cette maison. Je salue les représentants des institutions qui sont avec nous les promoteurs de cette réunion, la Banque Mondiale, le FIDA, la GTZ, le FENU, l'Agence de Coopération suisse, ainsi que les représentants du gouvernement italien. Je salue enfin tous les invités et participants qui ont accepté de venir jusqu'à Rome confronter durant quelques jours leurs idées et leurs expériences autour du thème de la décentralisation du développement rural.
Nous avons tous un jour ou l'autre ressenti la nécessité de faire le point sur notre aide au développement, plus particulièrement sur le développement rural et sur ses évolutions récentes qui nous ont fait passer du renforcement des institutions publiques administratives et techniques, au renforcement des organisations de la société civile appelées aujourd'hui à jouer un rôle grandissant.
La décentralisation est au coeur de ces évolutions. Elle est un facteur clé de la durabilité. Elle porte en elle le rôle nouveau des institutions publiques - je veux parler du désengagement de l'Etat, des réformes administratives, de la privatisation - ainsi que celui qui revient aux populations - je veux dire entre autres, la participation, le développement local et la démocratisation. Elle est aussi au coeur des préoccupations d'une Organisation comme la nôtre qui, depuis deux ans, consent à de grands efforts pour se rapprocher des populations qu'elle est amenée à servir.
Elle est un phénomène complexe et il ne sera pas simple d'approcher son contenu. Selon l'éclairage donné par les uns ou les autres, l'accent sera porté davantage sur le désengagement de l'Etat ou bien sur l'implication plus grande des autres acteurs économiques et sociaux. D'autres insisteront sur les aspects institutionnels et politiques, sur la réforme des structures ou sur les aspects financiers. Nous avons voulu, en organisant avec nos partenaires cette consultation, créer une occasion où chacun de vous, fort de son expérience et ses connaissances, puisse contribuer à la nécessaire réflexion sur ce thème essentiel.
Nous avons, à la FAO, beaucoup travaillé pour préparer ce rendez-vous : nous avons passé en revue les actions entreprises par les unités techniques de l'Organisation, recensé près de 50 documents et publications qui couvrent directement ou indirectement les aspects relatifs à la décentralisation du développement. Nous appuyons nos pays membres dans les domaines très variés qui touchent l'agriculture, l'élevage, la pêche et les forêts. Nos actions concernent la production, comme les activités en amont et en aval de la production; elles veulent intégrer les dimensions techniques, les modes d'organisation, le renforcement des capacités nationales, la vulgarisation, la recherche ou l'élaboration des politiques. L'aide que la FAO fournit aux pays s'adresse à la fois à leur base et au sommet. Depuis longtemps, nous travaillons pour introduire plus de décentralisation dans les institutions étatiques, dans les politiques et dans les projets. Plus récemment nous agissons pour que les producteurs, les groupements, les communautés villageoises soient en mesure d'assurer les fonctions de relais que l'on attend d'eux. Le défi auquel nous devons aujourd'hui faire face est bien cette demande nouvelle provenant des instances décentralisées. Elles sont à l'interface entre le niveau central et le niveau local. Ce sont les instances régionales et les corps intermédiaires qui en raison de leur position peuvent constituer des médiateurs de choix entre l'Etat et la société civile dans les processus décentralisés.
Des changements profonds qu'ont connus récemment de nombreux pays, nous avons tous tiré quelques leçons. Nous avons recensé les difficultés rencontrées et construit autour de leur analyse des propositions d'actions. Ces difficultés sont nombreuses et diverses. J'en citerai quelques-unes : la diminution des services d'appui aux producteurs qui affecte les familles les plus pauvres; l'appropriation par des élites locales de certaines fonctions décentralisées; l'éparpillement des actions qui affecte leur cohérence; la priorité donnée à la demande locale qui fait perdre de vue les contraintes que la mondialisation nous impose. La liste serait longue - vous en parlerez .....
Vous allez aborder le rôle nouveau des institutions publiques en agriculture et celui croissant des organisations de producteurs et des corps intermédiaires. Nous avons déjà travaillé ensemble, la FAO, la Banque Mondiale, le PNUD et d'autres partenaires, pour appuyer les pays dans leurs efforts de restructuration des services agricoles et de renforcement des organisations professionnelles agricoles. Ces travaux se sont fondés sur les principes de séparation des rôles de l'Etat et de la société civile, ainsi que sur la nécessité impérieuse d'établir une frontière claire entre le public et le privé, et sur les moyens d'organiser entre eux les nécessaires interactions. Ils se sont aussi fondés sur les principes de participation des agriculteurs à travers leurs organisations professionnelles représentatives et autonomes, et de décentralisation des pouvoirs et des moyens.
J'insiste sur l'importance que revêt à nos yeux la réorganisation des Ministères de l'agriculture dans le cadre des nouvelles politiques de libéralisation, de décentralisation et de participation des populations. Elle constitue un point important de nos futurs travaux que nous souhaitons, avec nos partenaires habituels et tous ceux qui se joindront à nous, poursuivre et amplifier pour mieux appuyer nos pays membres dans leurs efforts de réforme des institutions.
Le deuxième axe fort de nos travaux futurs devrait porter sur les institutions intermédiaires, associations professionnelles, coopératives de producteurs, collectivités locales, etc., dont je soulignais précédemment le rôle primordial dans le paysage institutionnel. Il faut les renforcer en leur donnant la possibilité de jouer leur rôle de médiateur dont j'ai parlé. Nous devons le faire en leur fournissant les outils d'information, de gestion et d'action dont ils ont besoin pour jouer le rôle que l'on attend d'eux.
Pour y parvenir, il faudra poursuivre nos efforts communs pour rendre l'information disponible - elle est la chose la moins bien partagée, bien que fondamentale dans tout partenariat - et d'autre part créer les capacités humaines indispensables. Nous y travaillons déjà mais il faudra sans doute passer à la vitesse supérieure en conjugant nos efforts.
Je ne voudrais pas préjuger du résultat de vos travaux. Vos groupes de travail vont clarifier les priorités et proposer une meilleure définition des problèmes que nous voulons traiter et des réponses aux différents points que je viens d'aborder. Cette meilleure compréhension des processus de décentralisation est, avec le renforcement de la coopération et du partenariat que nous avons déjà amorcé entre nous, le résultat principal que nous attendons de cette réunion.
Avant de conclure, je voudrais encore souligner combien le fait que la Banque mondiale ait choisi le siège de la FAO pour la restitution des travaux qu'elle a entrepris dans le cadre de son Programme de décentralisation et développement rural, nous honore. Nous espérons que nous pourrons répondre à ses attentes et à celles de nos autres partenaires et je souhaite donc pleine réussite à vos travaux.
Je déclare donc ouverte la Consultation technique sur la décentralisation du développement rural.