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Communiqué de presse 97/8 LA DEFORESTATION SE POURSUIT A UN RYTHME ELEVE, SELON LA FAO
ROME, 7 mars 1997.- La déforestation se poursuit à un rythme élevé: 11,3 millions d'hectares de forêts sont perdus chaque année, selon le dernier rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur l'état des forêts dans le monde. La diffusion, aujourd'hui, de ce rapport de 200 pages précède de peu la réunion du Comité des forêts de la FAO qui réunira, à Rome, du 10 au 13 mars, les responsables du secteur forestier et dont l'ordre du jour portera notamment sur la situation des forêts dans le monde, les progrès en matière de développement forestier durable et les répercussions sur la foresterie du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation qui s'était tenu en novembre dernier au siège de la FAO. Le Comité des forêts examinera également la stratégie à moyen terme de la FAO relative aux forêts pour la période 1998-2003 et les priorités du Programme de travail et budget pour l'exercice biennal 1998-1999. Selon le rapport, les forêts (forêts naturelles et plantations) occupaient en 1995 une superficie de près de 3,5 milliards d'hectares, soit 26,6 pour cent de la totalité des terres émergées de la planète, à l'exclusion du Groënland et de l'Antarctique. "L'estimation des changements du couvert forestier pour la période 1990-1995 fait ressortir une perte de 56,3 millions d'hectares de forêts (naturelles et plantations forestières) dans le monde, soit une diminution de 65,1 millions d'hectares dans les pays en développement, partiellement compensée par une augmentation de 8,8 millions d'hectares dans les pays développés", indique le rapport qui estime à 0,65 pour cent le taux annuel de superficie forestière perdue dans le monde en développement. Bien que la perte du couvert forestier naturel des pays en développement demeure élevée, certaines indications donnent à penser que le taux de croissance accuse un ralentissement. Selon le rapport, la perte annuelle estimée pour la période 1990-1995 est de 13,7 millions d'hectares, contre 15,5 millions d'hectares par an pour la période 1980-1990. C'est en zone tropicale, dans les pays en développement, que la déforestation est la plus élevée. Le record du taux de perte annuel est détenu par l'Asie-Océanie avec 0,98 pour cent en zone tropicale. Toujours selon le rapport, il n'y a pas eu d'amélioration nette de la situation des forêts même si la superficie forestière totale récupère lentement du terrain dans le monde en développement. "Bien que la mort généralisée des forêts d'Europe due à la pollution atmosphérique - et prédite par de nombreux spécialistes dans les années 1980 - ne se soit pas avérée, la dégradation de ces forêts continue de susciter de vives préoccupations en Europe et en Amérique du Nord (...). Les causes principales de cette dégradation sont les incendies, les ravageurs, les maladies et la pollution atmosphérique alors que dans les pays en développement, il faut ajouter notamment la collecte excessive du bois de feu et le surpâturage. Le rapport rappelle, d'autre part, que le Sommet mondial de l'alimentation, organisé par la FAO en novembre dernier, et qui a débouché sur la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire et sur un Plan d'action, a souligné que l'accroissement de la production alimentaire mondiale doit aller de pair avec l'aménagement durable des ressources narurelles et des mesures garantissant à tous les êtres humains une nourriture suffisante. "Les efforts déployés pour réaliser la sécurité alimentaire mondiale auront un impact sur les forêts et attireront plus d'attention sur le rôle qu'elles jouent à cet égard (...). La contribution primordiale des forêts à la sécurité alimentaire réside certainement dans leur rôle de protection de la base de ressources indispensable pour la production agricole. Les arbres ne procurent pas seulement de la nourriture, mais aussi du bois pour la cuisson des aliments et des devises pour des pays qui peuvent ainsi importer les denrées alimentaires nécessaires", souligne notamment le rapport. La FAO estime que "l'accroissement de la production alimentaire mondiale nécessaire pour satisfaire la demande grandissante, en particulier dans les pays en développement, pourrait être de l'ordre de 1,8 pour cent jusqu'en 2010". Il faudra mettre davantage de terres en culture. Selon le rapport, "une superficie additionnelle de 90 millions d'hectares pourrait être mise en production dans les pays en développement d'ici à 2010 (principalement en Afrique subsaharienne et en Amérique latine), superficie dont la moitié est couverte aujourd'hui de forêts". "La question qui se pose n'est pas de savoir si les ressources forestières seront converties à l'agriculture mais, plutôt, quelles terres forestières le seront, et procureront-elles plus d'avantages en étant aménagées pour la production agricole?" Pour ce qui est de l'aménagement durable des forêts, le rapport en souhaite la généralisation et préconise à cet effet "d'améliorer l'information sur les forêts, de développer la planification du secteur grâce à de meilleurs méthodes d'évaluation, de renforcer les liens intersectoriels en poursuivant un dialogue constructif entre les divers groupes d'intérêts, de consolider les institutions forestières et de mieux coordonner les activités des divers organismes spécialisés dans l'aménagement des forêts et l'utilisation de la ressource". EN AFRIQUE Evoquant la situation en Afrique, le rapport indique que la demande alimentaire croissante des populations africaines en accroissement rapide est néfaste au couvert forestier et à l'état des forêts. Celles-ci couvrent une superficie de 520 millions d'hectares, soit près du tiers des terres. Le taux annuel de déforestation est estimé à 0,7 pour cent pour la période 1990-1995 alors que les efforts de reforestation ne compensent pas les pertes de forêts naturelles. Les forêts tropicales sèches au Sahel et en Afrique de l'est et du sud souffrent de l'envahissement de l'agriculture, de la collecte excessive du bois de feu et du surpâturage, sans parler de la sécheresse et des incendies. La plus grande partie de la forêt tropicale humide de l'Afrique de l'ouest est surexploitée commercialement. Dans plusieurs régions, les forêts ont été converties à l'agriculture. Le Nigeria et la Côte d'Ivoire battent des records négatifs. Les forêts de l'Afrique centrale, à l'exception du Gabon, sont enclavées et difficilement accessibles. Les forêts du gigantesque bassin Congo-Zaïre sont relativement intactes bien que de fortes pressions s'exercent à leurs périphéries. En Afrique du Nord, les forêts sous-tropicales sèches de type méditerranéen sont victimes d'une dégradation qui se prolonge depuis plusieurs années: surpâturage, agriculture extensive, populations indigènes fortement dépendantes des produits forestiers. Le rapport indique que les pays africains sont largement dépendants de l'étranger pour le financement de leur secteur forestier (les ressources extérieures atteindraient 70 à 75 pour cent). Aussi de nouvelles initiatives sont-elles en cours pour promouvoir le financement interne et plusieurs pays africains ont déjà créé des fonds nationaux de développement forestier. Le secteur privé et les communautés rurales constituent d'autres sources de financement interne, mais des efforts acrus sont nécessaires pour ce qui est notamment des politiques agricoles, des réformes agraires et des systèmes de crédit. | |||
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