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Communiqué de presse 97/22
Face aux pénuries alimentaires persistantes en Afrique subsaharienne
et dans certaines parties de l’Asie
LE DIRECTEUR GENERAL DE LA FAO MET EN GARDE CONTRE DE NOUVELLES COUPES BUDGETAIRES
QUI AFFECTERAIENT LES ACTIVITES DE L’ORGANISATION
ROME, 3 juin 1997. - La situation alimentaire mondiale et le Programme de travail
et budget 1998-99 figurent en tête de l’ordre du jour de la 112ème session
du Conseil de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
(FAO) qui s’est ouverte hier au Siège de l’Organisation et se prolongera jusqu’au
7 juin, une session dont la durée a été ramenée de dix à
six jours dans le cadre de la réduction des dépenses de fonctionnement
et des coûts administratifs.
A l’ouverture des travaux, M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO,
a déclaré qu’après l’adoption, en novembre dernier, à Rome, du
Plan d’action du Sommet mondial de l’alimentation, “l’une des contributions
les plus importantes attendues de la FAO pour la mise en oeuvre de ce Plan se situe
sur le plan du développement agricole”. A cet égard, il a indiqué
que “le Programme spécial pour la sécurité alimentaire dans les
pays à faible revenu et à déficit vivrier, déjà entrepris
bien avant le Sommet - avec l’accord des Etats membres de l’Organisation - restera
un des éléments majeurs de l’action de terrain de la FAO (...), l’objectif
ultime étant, bien sûr, d’améliorer les conditions de vie des populations
rurales les plus démunies, en particulier les femmes.”
Et M. Diouf d’ajouter: “Les objectifs de la Déclaration de Rome sont
ambitieux et nécessitent des ressources substantielles. En cette période
de rigueurs budgétaires auxquelles tous les gouvernements et organismes internationaux
sont confrontés, il faut impérativement faire preuve d’innovation dans
la mobilisation des moyens nécessaires à la mise en oeuvre du Plan d’action
du Sommet.”
A cet égard, M. Diouf a indiqué qu’en plus des accords signés en janvier
dernier avec la Banque mondiale etla Banque africaine de développement pour
promouvoir le développement rural et la sécurité alimentaire en Afrique,
“des discussions sont également en cours” avec la Banque asiatique de
développement et la Banque interaméricaine de développement, le Fonds
international de développement agricole (Fida) et le Programme alimentaire mondial
(PAM) en vue de susciter leur participation au Programme spécial pour la sécurité
alimentaire dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier. Parallèlement,
pour tirer profit de la dynamique créée par le Sommet, plusieurs initiatives
ont été lancées par la FAO pour mobiliser les divers secteurs de la
société civile et les institutions décentralisées.
M. Diouf a, d’autre part, révélé le prochain lancement par la FAO
de “l’opération TELEFOOD”, programme audiovisuel à l’échelle
mondiale “conçu, d’abord, pour maintenir une sensibilisation de l’opinion
publique aux décisions du Sommet mondial de l’alimentation et, ensuite, pour
faire appel à la solidarité de tous ceux qui se sentent concernés
par le problème de la faim dans le monde”.
Pour en revenir au Programme de travail et budget 1998-99 de la FAO, M. Diouf
a proposé, pour le prochain exercice biennal, un budget à croissance réelle
zéro de 689 millions de dollars, qui couvrirait des augmentations de coûts
de 39 millions de dollars. Mais, pour la première fois, il a également
présenté au Conseil deux scénarios supplémentaires: une option
à croissance réelle de 700 millions de dollars et une option à croissance
nominale zéro qui maintiendrait le budget à 650 millions de dollars malgré
les augmentations de coûts sus-mentionnées (39 millions de dollars), qui
seraient absorbées par la FAO. Toutefois, M. Diouf a souligné qu’il
y avait une limite au delà de laquelle de nouvelles coupes budgétaires
affecteraient les activités de l’Organisation et entraîneraient des réductions
de programmes.
En octobre 1995, la Conférence de la FAO avait approuvé, pour l’exercice
biennal 1996-97, un budget de 650 millions de dollars alors qu’une proposition de
budget à croissance
réelle zéro de 707 millions de dollars lui avait été présentée.
Cette diminution a été compensée, en grande partie, par une réduction
des coûts administratifs, couplée à des gains d’efficacité notables.
En fait, 70 pour cent du total des réductions a été couvert par ces
mesures d’économie.
Dans son introduction au “Sommaire du Programme de travail et budget 1998-99”, M.
Diouf fait observer que l’option croissance réelle zéro, tout comme l’option
croissance réelle, impliquerait une augmentation des contributions. Et d’ajouter:
“Tout aussi sûrement, l’option croissance nominale zéro n’entraînerait
aucune augmentation des contributions, mais serait payée par une réduction
importante des activités du programme et des produits concrets dont les Etats
membres sont les bénéficiaires.”
A signaler qu’en dépit de l’accroissement de la production vivrière
mondiale en 1996, la baisse des prix et la légère augmentation des stocks
de report de céréales pour la première fois en quatre ans, 29 pays
souffrent de pénuries alimentaires nécessitant une aide d’urgence. Ces
pays sont: l’Afghanistan, l’Angola, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine,
le Burundi, la République populaire démocratique de Corée, l’Erythrée,
l’Ethiopie, la Géorgie, Haïti, l’Irak, le Kenya, le Laos, le Libéria,
la Mauritanie, la Mongolie, le Mozambique, le Niger, l’Ouganda, le Rwanda, le Sierra
Leone, la Somalie, le Soudan, le Tadjikistan, la Tanzanie, le Tchad, le Turkménistan
et la République démocratique du Congo.
Par ailleurs, M. Diouf a annoncé que la République du Kazakhstan avait
présenté une requête officielle pour son admission en qualité
d’Etat membre de la FAO, requête qui sera examinée au cours de la 29e session
de la Conférence, en novembre prochain.
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