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Communiqué de presse 97/23
RISQUE IMMINENT DE FAMINE EN COREE DU NORD, SELON LES NATIONS UNIES
ROME, 4 juin 1997 -- La situation alimentaire se détériore rapidement
en République populaire démocratique de Corée et les rations alimentaires
gouvernementales s’épuiseront d’ici au 20 juin prochain, selon un rapport établi
par une mission d’évaluation conjointe de l’Organisation des Nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM).
Le rapport souligne que le système national de distribution de rations alimentaires
est sur le point de s’effondrer alors qu’aucun autre mécanisme de distribution
de denrées alimentaires n’est disponible. Déjà, cinq des dix points
de distribution du pays ont cessé de fonctionner.
“A moins que l’on ne prenne d’urgence des actions correctives, l’apparition des signes
avant-coureurs de la famine fait craindre le pire pour de larges fractions de la
population avant la prochaine récolte”, indique le rapport.
Du 17 au 24 mai, la mission FAO/PAM a évalué la situation alimentaire et
établi les estimations préliminaires de la production de grains pour 1997
après deux années d’inondations dévastatrices.
Par rapport à novembre dernier, date de leur dernière mission d’évaluation,
les experts de la FAO et du PAM ont relevé une nette aggravation de la crise
alimentaire lors de leurs entretiens avec les représentants du gouvernement,
des agences des Nations unies et des ONG ainsi qu’au cours des visites d’inspection
sur le terrain.
Le rapport souligne notamment les points ci-après:
Les stocks alimentaires du système de distribution public, dont dépendent
la plupart des habitants, devraient être épuisés d’ici à la fin
juin, et seules des quantités limitées de denrées alimentaires importées
dans le cadre d’un troc seront disponibles. “Sans des importations considérables,
l’effondrement du système de distribution alimentaire public n’est plus qu’une
question de semaines.”
L’aide alimentaire fournie jusqu’ici par les organismes des Nations unies et les
ONG ainsi que les contributions bilatérales n’ont couvert qu’une partie infime
des besoins.
Les stocks des ménages dans les exploitations collectives paysannes qui ne reçoivent
pas de rations alimentaires sont également sur le point de s’épuiser, car
la plupart n’ont reçu qu’environ 40% ou moins des allocations habituelles de
céréales lors de la dernière récolte.
Les rations alimentaires du système de distribution public n’ont été
que de 100 à 200 grammes par personne et par jour depuis le début de l’année
alors qu’elles devraient être d’au moins 450 grammes.
La malnutrition est devenue chronique et met la vie des gens en péril. Les déficits
alimentaires et les maladies liées à la malnutrition sont en augmentation.
Dans certains ménages visités par la mission, des décès dûs
à la faim ont été signalés et les symptômes de la malnutrition
ont été observés chez de nombreux enfants et adultes.
Les graves problèmes alimentaires et d’approvisionnement ont entraîné
de facto l’apparition de marchés alimentaires “privés” échappant au
système de distribution public. Les prix des denrées alimentaires sur ces
marchés apparus dans certaines parties du pays sont excessifs et au delà
des moyens de la majorité écrasante des habitants.
Les perspectives alimentaires des récoltes pour 1997 sont favorables, mais la
production alimentaire pour 1997 continuera d’être handicapée par la pénurie
d’intrants agricoles. Dans l’hypothèse la plus optimiste, la production de maïs
et de riz paddy n’atteindrait qu’environ 4 millions de tonnes, soit inférieure
aux besoins.
Dans l’immédiat, l’aide alimentaire d’urgence est indispensable pour prévenir
une catastrophe humanitaire. Des intrants agricoles sont également requis de
la part des donateurs. A moyen terme, et à plus long terme, des stratégies
de développement économique et agricole sont nécessaires pour relever
le défi alimentaire.
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