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Communiqué de presse 97/25
L’AMENAGEMENT DES PECHES EN MEDITERRANEE AU CENTRE D’UNE REUNION A LA FAO
ROME, 17 juin 1997.- Les stratégies et mécanismes visant à améliorer
l’aménagement des pêches en Méditerranée sont au centre des travaux
de la dixième session du Conseil général des pêches pour la Méditerranée
qui se tiennent du 17 au 20 juin 1997 au siège de l’Organisation des Nations
unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome.
A cette occasion, la FAO a invité tous les Etats riverains de la Méditerranée
à déployer un effort concerté pour protéger les ressources de
leur mer, permettre aux stocks de se reconstituer et contrôler la taille des
flottiles et le niveau de l’effort de pêche.
La mer Méditerranée est essentiellement une zone de haute mer, au sens
de la Conférence des Nations unies sur le Droit de la mer de 1982. L’aménagement
des ressources halieutiques de cette zone ne peut donc se réaliser qu’avec le
concours de tous les pays concernés. A l’heure actuelle, le seul organe apte
à promouvoir une coopération régionale dans ce domaine est le Conseil
général des pêches pour la Méditerranée.
En ce qui concerne l’évaluation des stocks de poisson en Méditerranée,
la FAO a indiqué que de récentes expériences avaient montré que
des réductions temporaires de l’effort de pêche permettaient aux stocks
de poisson pleinement exploités ou surexploités de se reconstituer. Or,
d’après les données disponibles, les ressources en poissons démersaux
en Méditerranée sont pleinement exploitées ou surexploitées alors
que les ressources en petits pélagiques se prêtent à un effort de
pêche accru, à l’exception des stocks d’anchois qui sont généralement
très appauvris dans la majeure partie de cette mer.
La FAO a, d’autre part, souligné la nécessité d’améliorer la
collecte des informations en ce qui concerne la taille et les capacités des
flottilles dans l’ensemble de la région méditerranéenne et de recueillir
des données fiables sur les espèces particulièrement prisées
dans chaque zone.
D’après les données disponibles, la taille des flottilles de pêche
ne cesse d’augmenter malgré les restrictions à l’octroi de licences prises
par certains pays. Le taux d’accroissement annuel serait de l’ordre de 5 à
7 pour cent dans la plupart des zones.
Selon le Conseil général des pêches pour la Méditerranée,
des navires battant pavillon de complaisance se livrent à des captures importantes
d’espèces pélagiques, notamment en Méditerranée occidentale.
Dans cette sous-région, des flottiles de navires de petite taille mais modernes
et bien équipés opèrent dans les zones côtières et au large
des eaux nationales. Elles fournissent aux halles de poisson frais près de 30
pour cent du total des captures (en poids), notamment en poissons démersaux,
mollusques et crustacés à haute valeur commerciale.
En Méditerranée orientale, à l’exception de l’Egypte et de la Turquie
dont les flottilles comprennent des bateaux de grande taille, qui opèrent respectivement
au large d’Alexandrie et le long des côtes du Sinaï et dans la mer de Marmara
ainsi qu’en mer Noire, les autres pays de la sous-région ont des flottilles
composées de navires de petite taille.
En ce qui concerne les problèmes environnementaux en mer Méditerranée,
la FAO a rappelé que la réduction de l’effort de pêche doit aller
de pair avec la correction des incidences écologiques exercées sur les
ressources marines par d’autres activités humaines ou par de fortes concentrations
de nutriments déversés par les cours d’eau. A cet égard, la FAO a
rappelé que des stocks importants d’éponges avaient été décimés
par une maladie dans les années 1980 alors que les récifs de corail rouge
et les bancs de homard ont été surexploités.
La FAO a également rappelé que le Conseil général des pêches
pour la Méditerranée avait, lors de sa neuvième session, en octobre
1994, noté avec une profonde préoccupation que les stocks démersaux
de la mer Noire ne manifestaient aucun signe de rétablissement, et que les modifications
des conditions d’environnement, notamment les conditions d’anoxie dans les zones
de plateau, restaient la raison principale de leur appauvrissement.
Pour sauvegarder l’environnement et améliorer l’aménagement des pêches,
il convient notamment de limiter l’effort de pêche, protéger les écosystèmes
menacés, restreindre l’emploi d’engins de pêche destructeurs, diminuer
les rejets, limiter la taille de première capture et harmoniser les politiques
à l’égard des stocks partagés et des stocks chevauchants. Il convient
aussi d’appliquer le Code de conduite pour une pêche responsable mis au point
par la FAO tout en réconciliant les droits traditionnels des associations locales
de pêcheurs avec les normes de la pêche responsable appliquées aux
flottilles industrielles.
La FAO a, enfin, souligné l’importance des instruments juridiques internationaux
visant à renforcer la conservation et l’aménagement des pêches et,
plus particulièrement, la pêche en haute mer. Depuis 1993, trois instruments
importants ont été conclus, qui devraient avoir un impact certain sur l’utilisation
des ressources halieutiques en Méditerranée. Ce sont: l’Accord visant à
favoriser le respect par les navires de pêche en haute mer des mesures internationales
de conservation et de gestion de 1993, le Code de conduite pour une pêche responsable
de 1995, et l’Accord aux fins de l’application des dispositions de la Convention
des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 relative à
la conservation et à l’aménagement des stocks chevauchants et des stocks
de poisson grands migrateurs. Ce dernier Accord n’est pas encore entré en vigueur.
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