|
Communiqué de presse 97/26
“DURABILITÉ ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE SONT INSÉPARABLES”,
A SOULIGNÉ LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FAO AU “SOMMET PLANÈTE
TERRE+5”
NEW YORK, 26 juin 1997. - “La durabilité et la sécurité alimentaire
sont inséparables”, a souligné M. Jacques Diouf, Directeur général
de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans
un discours prononcé, aujourd’hui, au cours de la 19ème session extraordinaire
de l’Assemblée générale des Nations unies, consacrée à un
examen et à une évaluation d’ensemble de la mise en oeuvre du programme
Action 21, adopté au Sommet de Rio en 1992.
“La FAO est convaincue qu’il est possible de subvenir aux besoins alimentaires de
l’ensemble de la population mondiale pour les décennies à venir dans le
cadre de systèmes de développement durable si les mesures appropriées
sont prises d’ores et déjà pour créer dans les Etats un environnement
économique favorable à l’investissement dans le secteur primaire et si
des actions de solidarité internationale permettent aux populations rurales
les plus démunies d’assurer la maîtrise de l’eau et d’avoir accès
aux technologies efficaces ainsi qu’aux intrants modernes, au crédit et aux
marchés”, a déclaré M. Diouf .
Cinq ans après le Sommet de Rio de Janeiro, cette session extraordinaire de
l’Assemblée générale se tient du 23 au 27 juin, au Siège des
Nations unies, pour faire le point sur la mise en oeuvre d’Action 21. Ce plan d’action
mondial en vue d’un développement durable contient plus de 2 500 recommandations
portant notamment sur la lutte contre la pauvreté, la protection de l’atmosphère
et des océans, la préservation de la diversité biologique, la lutte
contre le déboisement et la promotion d’une agriculture durable.
M. Diouf a rappelé que la FAO était le maître d’oeuvre pour quatre
chapitres clefs d’Action 21: planification et gestion intégrée des terres,
lutte contre le déboisement et la désertification, mise en valeur durable
des montagnes, et agriculture et développement rural durables. Il a indiqué
que la FAO était également active dans la mise en oeuvre d’autres chapitres,
notamment la lutte contre la désertification et la préservation de la diversité
biologique pour l’alimentation et l’agriculture, les changements climatiques et l’énergie
durable.
“Face aux défis majeurs du XXIème siècle”, la FAO a réorienté
ses politiques, ses programmes et ses projets et s’est réorganisée en créant
un Département du développement durable “afin d’intégrer la vision
du futur dans les politiques et les projets des départements sectoriels de la
FAO qui s’occupent de l’agriculture, des forêts, des pêches et des problèmes
économiques et sociaux”, a fait observer M. Diouf.
Le Directeur général de la FAO a, d’autre part, souligné que la Déclaration
de Rome et le Plan d’action adoptés en novembre 1996, à Rome, par le Sommet
mondial de l’alimentation se situaient “dans le prolongement de Rio”. Il a rappelé
à ce propos que “les Chefs d’Etat et de Gouvernement et les représentants
de haut niveau de 186 pays s’étaient engagés à éradiquer la faim
et la malnutrition, notamment en créant un environnement politique stable fondé
sur le respect de tous les droits des êtres humains, en procurant à tous
des chances égales, en particulier aux femmes, et en adoptant des politiques
économiques et sociales favorables aux initiatives publiques et privées,
tout en protégeant l’environnement”.
En raison de son importance, nous publions ci-après le texte intégral
de l’intervention de M. Diouf à la session extraordinaire de l’Assemblée
générale des Nations unies:
“Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro a donné une impulsion majeure à
la réflexion et à l’action pour assurer un développement durable et
préserver l'environnement. Un processus irréversible de changement des
mentalités était en effet indispensable face aux défis majeurs du
21ème siècle: améliorer le bien-être d’une population croissante
notamment par l’élimination de la faim et de la pauvreté, et sauvegarder
les ressources de la planète pour la survie des générations futures.
“La FAO, consciente de ces défis, s’est réorganisée en créant
un Département du développement durable afin d’intégrer la vision
du futur dans les politiques et les projets des départements sectoriels de l’agriculture,
des forêts, des pêches et de la socio-économie.
“Elle a lancé un programme ambitieux de décentralisation pour amener ses
experts plus près des réalités du terrain et des besoins des communautés
rurales.
“Maître d’oeuvre pour quatre chapitres d’Action 21, l’Organisation, en collaboration
avec ses partenaires, à réorienté ses politiques, ses programmes et
ses projets avec les Etats membres :
- la notion de développement agricole et rural durable a été conceptualisée
et précisée dans le cadre d’un dialogue avec les partenaires en prenant
en compte notamment le rôle moteur des organisations d'agriculteurs, l’association
des technologies locales aux découvertes récentes, la lutte biologique
et les systèmes intégrés de nutrition des plantes;
- une nouvelle approche intégrée de l'aménagement des terres et
de leur protection a été développée et se met progressivement
en place, fondée sur un inventaire plus systématique des ressources et
des zones agro-écologiques, et sur la prise en compte des aspects socio-économiques
et juridiques;
- des plans nationaux d'action forestiers ont été développés
et mis en oeuvre dans un grand nombre de pays pour une utilisation rationnelle des
ressources forestières et une gestion rigoureuse de leurs usages multiples;
- enfin, l'aménagement des zones de montagnes a fait l'objet d'efforts particuliers,
notamment pour assurer leur protection et encourager l'investissement dans des actions
intégrées de développement.
“Mais, au-delà de ses responsabilités particulières pour ces quatre
chapitres d’Action 21, la FAO a un rôle décisif à jouer, aux côtés
des autres partenaires, dans d’autres domaines essentiels pour la sécurité
alimentaire et l'environnement:
- la définition et la mise en place de politiques rationnelles d'utilisation
des ressources en eau, bien extrêmement précieux et qui va se raréfier;
il convient de rappeler à ce sujet que l’agriculture est de loin le principal
consommateur d’eau, avec 75% des prélèvements totaux, tandis que l'agriculture
irriguée contribue pour 40% de la production alimentaire mondiale;
- l’élaboration et l’adoption d’un Code de conduite pour une pêche responsable
pour une exploitation durable des ressources marines;
- les travaux sur les énergies renouvelables nécessaires pour la production
agricole et sa transformation, l'agriculture contribuant aussi de manière notable
à l’offre d’énergie surtout dans les pays en développement;
- la collaboration avec les partenaires du "Programme d’Action pour le Climat"
et de la Convention sur les changements climatiques, grâce surtout à ses
analyses de l'impact des changements climatiques sur l'agriculture, et sa contribution
à l’harmonisation des méthodes de collecte, traitement et interprétation
des données;
- le soutien actif à la Convention sur la biodiversité et le développement,
avec le Secrétariat de la Convention, d’un programme conjoint sur l'agrobiodiversité
si vitale pour l’intensification de la production alimentaire;
- l’appui à la Convention de lutte contre la désertification dont la
première Conférence des Parties se tiendra à Rome début octobre
à l'invitation conjointe du Gouvernement italien et de la FAO.
“Au demeurant, c’est dans le prolongement de Rio que se situent la Déclaration
de Rome et le Plan d'action adoptés par le Sommet mondial de l’alimentation.
“En novembre 1996 à Rome, les Chefs d’Etat et de gouvernement et les représentants
de haut niveau de 186 pays se sont engagés à éradiquer la faim et
la malnutrition, notamment en créant un environnement politique stable fondé
sur le respect de tous les droits des êtres humains, en procurant à tous
des chances égales, en particulier aux femmes, et en adoptant des politiques
économiques et sociales qui encouragent les initiatives publiques et privées,
tout en protégeant l’environnement. Ils se sont engagés en particulier
à renforcer la participation des populations et de leurs organisations à
la définition et à la mise en oeuvre de plans et de programmes concrets
de gestion durable des ressources naturelles: eau, sols, matériel végétal
et animal, océans, forêts, climat. Les efforts développés pour
faire progresser le contenu d’Action 21 ont ainsi été utilisés et
repris dans le Plan d'action du Sommet mondial de l’alimentation. Cette synergie
est porteuse d'espoir pour le futur.
“La FAO est convaincue qu’il est possible de subvenir aux besoins alimentaires de
l’ensemble de la population mondiale pour les décennies à venir dans le
cadre de systèmes de développement durable si les mesures appropriées
sont prises d’ores et déjà pour créer dans les Etats membres un environnement
économique favorable à l’investissement dans le secteur primaire, et si
des actions de solidarité internationale permettent aux populations rurales
les plus démunies d’assurer la maîtrise de l’eau et d’avoir accès
aux technologies efficaces ainsi qu’aux intrants modernes, au crédit et aux
marchés.
“Le grand message de Rome est que la durabilité et la sécurité alimentaire
sont inséparables; l'agriculture et le monde rural ne sauraient donc être
absents des débats sur le développement durable.
“Dans ce cadre, la mise en application rapide des accords internationaux, tels que
la Convention sur le droit de la mer, le Plan d'action de Leipzig sur les ressources
génétiques végétales, et les trois Conventions directement issues
de Rio ainsi que la mise en oeuvre des recommandations du groupe intergouvernemental
sur les forêts, en coopération étroite avec les autres organisations
internationales et à travers le groupe de travail inter-agences sur les forêts
que la FAO anime, sont des étapes essentielles de la concrétisation de
l’approche collective dans la gestion des ressources naturelles.
“La FAO reste convaincue de la valeur des engagements pris à Rio il y a cinq
ans. La pleine mise en oeuvre des décisions du Sommet de la Terre et du Sommet
mondial de l'alimentation permettra l’avènement d’un monde meilleur et d’une
vie plus saine dans un environnement sauvegardé d’une planète terre de
paix.”
|