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Communiqué de presse 97/43
ALORS QUE LA DEFORESTATION SE POURSUIT A L’ECHELLE PLANETAIRE, 4 000 DELEGUES
DE 140 PAYS SE CONCERTENT AU CONGRES FORESTIER MONDIAL EN TURQUIE POUR PLANIFIER
L’AVENIR DES FORETS
Antalya, 13 octobre 1997 -- Alors que la déforestation se poursuit et que
les incendies de forêts polluent l’atmosphère dans plusieurs parties
de l’Asie du sud-est, le onzième Congrès forestier mondial s’ouvre ce soir
dans cette ville côtière de la Méditerranée. Le thème général
du Congrès est “Foresterie pour le développe-ment durable: vers le 21ème
siècle”.
M. Süleyman Demirel, président de la République turque, a prononcé
le discours d’inauguration et souhaité la bienvenue aux ministres et aux représentants
des 70 pays qui ont participé à la réunion ministérielle informelle,
organisée avant le Congrès forestier mondial.
Ce Congrès de dix jours réunit 4 000 délégués de 140 pays
parmi lesquels des ministres, des techniciens du secteur, des scientifiques et des
spécialistes de la foresterie ainsi que des représentants des organisation
internationales, non gouvernementals et du secteur privé. Il va se pencher sur
un large éventail de problèmes concernant la forestrie, divisé en
sept thèmes principaux.
A la séance d’ouverture, M. Jacques Diouf, Directeur général de l’Organisation
des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a déclaré
aux délégués que les forestiers ne peuvent pas résoudre tout
seuls les problèmes de sécurité alimentaire, et que “les arbres,
les forêts et la foresterie ont un rôle fondamental à jouer pour la
réalisation de la sécurité alimentaire mondiale”.
M. Diouf a souligné: “Avant toute chose, les arbres et les forêts produisent
directement des aliments. Dans certaines régions ils constituent la première
source d’aliments et, presque partout, ils fournissent un supplément alimentaire
régulier. Les aliments fournis par la forêt sont consommés lorsque
les produits des cultures viennent à manquer, par exemple entre deux saisons
de récolte, ou dans des situations d’urgence, telles que famines ou guerres”.
“Outre leur contribution directe en aliments, les arbres et les forêts
jouent un rôle critique dans le maintien d’une production agricole soutenue,
y compris en matière d’élevage et, parfois, de pêche. Dans certaines
circonstances spéciales, par exemple dans les écosystèmes côtiers
de mangrove, les arbres jouent un rôle de soutien à la pêche,
garantissant ainsi une source d’alimentation majeure”, a-t-il ajouté.
M. Diouf a fait observer qu’en plus d’être une source alimentaire et énergétique,
“les activités basées sur la forêt créent de nombreux emplois
et génèrent des revenus”. Selon les estimations
de la FAO, la valeur annuelle rapportée à l’économie globale du bois
combustible et des produits ligneux est de plus de 400 milliards de dollars, soit
environ 2 % du PIB mondial. Si la valeur des produits forestiers non ligneux devait
être ajoutée, ce chiffre grossirait considérablement.
M. Diouf a déclaré que l’opinion selon laquelle agriculture et foresterie
étaient antinomiques était basée sur la croyance erronée que
la foresterie s’occupe seulement de gérer les forêts pour la production
du bois et que l’agriculture ne s’occupe que de faire pousser des récoltes dans
les champs. “La foresterie et l’agriculture sont souvent mutuellement bénéfiques,
voire interdépendantes”.
Tout en reconnaissant que la déforestation est souvent causée par la transformation
des terrains forestiers en terres agricoles, M. Diouf a souligné: “Une réduction
de la destruction des forêts comme source d’accès physique aux terres ne
peut être obtenue que par une augmentation de l’utilisation durable et économiquement
viable des ressources forestières, une production agricole plus importante sur
les terres déjà défrichées et une harmonie plus étroite
entre la foresterie et les autres formes d’utilisation des terres”.
M. Diouf a, d’autre part, indiqué que le Programme de terrain foresterie de
la FAO englobait, en 1996, 179 projets pour une dépense annuelle de 60 millions
de dollars. Il a précisé que le dialogue politique constituait l’un des
rôles majeurs de la FAO qui fournit, d’autre part, son assistance technique
aux Etats membres pour exécuter leurs programmes nationaux de foresterie.
Le Congrès forestier mondial, qui se tient en Turquie avec l’appui de la FAO,
et dont la dernière session s’était tenue à Paris en 1991, doit déboucher
sur une Déclaration visant à renforcer les engagements internationaux en
faveur d’un développement durable des forêts et, plus particulièrement,
en ce qui concerne l’encouragement aux investissements dans ce secteur.
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